>Ligne faîtière ! 

 

 

Faîtier, adjectif qui désigne le placement d'un objet, une tuile, par exemple, ou d'un concept, comme la liberté, au sommet d'un toit ou de valeurs. "Ligne faîtière" est donc un espace où nous exprimerons une subjectivité assumée, des engagements qui transcendent  atermoiements, interrogations et analyses. Le seul compromis possible sera celui d'une laïcité exigeante et généreuse, d'un humanisme sans concession; à savoir, qu'il ne transigera jamais quant à l'intégrité physique, psychologique et morale des citoyens du monde que nous sommes toutes et tous. Affirmer haut et fort une pleine liberté individuelle et collective responsable.

 

                          Et si le ciel était vide ?

 

                Ce sont les idées qui doivent débattre en elles

         et non les personnes qui doivent se battre en elles !

Il n’est pas inutile de rappeler en ces temps sauvages que Elohim, Dieu ou Allah sont des idées, certes respectables, mais n’en sont pas moins des concepts. Comme toute production représentative, elles sont le fruit de pratiques culturelles particulières, d’un contexte historique ancré dans des récits anthropologiques et de sociétés humaines plurielles. Elles peuvent donc, en tant qu’idées organisées, hiérarchisées et socialisées, être débattues, critiquées et contestées. Il ne s’agit nullement d’attaque ad hominem, mais de la nécessité d’ouvrir l’esprit à la dialectique, à la libre expression et au raisonnement. Il s'agit d'une civilisation singulière et précieuse, quoi qu'en disent les relativistes.

 

>Et maintenant Vienne !

 

 

C'est en plein coeur de la capitale autrichienne que trois attentats islamistes ont fait quatre morts et plusieurs dizaines de blessés dans la soirée du 2 novembre. Les terroristes, directement ou indirectement liés à l’Etat islamique, nous ont déclaré une guerre totale. C’est qu’ils ne supportent pas nos valeurs, inscrites dans nos constitutions et dans la Déclaration des droits de l’Homme. De l’ancien siège de Charlie Hebdo à Paris, à la devanture d’une synagogue à Vienne, en passant par un collège à Conflans-Sainte-Honorine et une église à Nice, nous voyons bien à quels symboles de notre civilisation ces barbares veulent s’en prendre. Un journal, une école, des lieux de culte; athées, agnostiques et croyants réunis dans la même détestation. Nos frères musulmans éclairés n’ont pas de mots assez durs pour qualifier ces nouveaux djihadistes, ceux-là même qui souillent du sang de leurs victimes la religion musulmane. Nos démocraties sont fragiles, on le voit tous les jours. Avec les armes de l’Etat de droit, rien que ces armes mais toutes ces armes, exigeons des responsables politiques qu’ils engagent un combat sans merci contre l’islamisme et les Frères musulmans, dans leurs centres dits

« culturels », dans les mosquées sous influence salafiste, sur les réseaux sociaux, dans les quartiers, les écoles, les universités. Leur haine de ce que nous représentons et sommes ne doit jamais éteindre la lumière qui unit l’humanité dans sa quête de liberté, d’égalité et de fraternité. On ne cède rien !

                                                                          03 novembre 2020.

 

 

>Oui, la peur doit changer de camp !

 

                                                                La Basilique Notre-Dame à Nice, quelques instants après la tuerie du terroriste. 

 

C’est insupportable, combien de temps encore va-t-on rester impuissants face au terrorisme islamiste ? Ce 29 octobre, trois nouvelles victimes assassinées à l'arme blanche, dont une dame de 60 ans quasi décapitée, en pleine prière dans la Basilique Notre-Dame à Nice, ville déjà lourdement éprouvée le 14 juillet 2016, lors du massacre au camion bélier, qui a fait 458 blessés et 86 décès. Il y a quelques jours à peine, Samuel Paty était décapité devant son collège. La France est attaquée, ses valeurs laïques, le symbole de liberté qu'elle représente dans le monde. Les gouvernements fédéral et régionaux belges doivent enfin exprimer à la France toute leur solidarité ainsi que leur détermination à combattre sans relâche l’islamisme, sur les réseaux sociaux, dans les mosquées sous influence des Frères musulmans ou salafistes, dans les soi-disant centres « culturels » musulmans, dans les quartiers, les universités, dans les écoles. Partout où ces barbares s’activent, eux, qui dévoient et salissent l’islam des Lumières, ne doivent plus avoir une seule minute de répit. C’est une question de laïcité, de démocratie, c’est une question de civilisation. Toute notre sympathie fraternelle aux chrétiens catholiques, au-delà, à tous les innocents qui sont tombés sous les coups des sauvages. Le 30 octobre 2020. 

 

 

>Samuel Paty est le symbole de la fragilité de la démocratie !

 

                                                               Pourquoi, pour quoi ?

 

Voyez Samuel Paty dans sa classe, il est dans le don, de soi, de son savoir et de son savoir-être. Un professeur en tâche d’assurer à ses adolescents qu’ils s’élèvent, à savoir qu’ils se redressent comme des êtres dignes, ouverts sur le monde, des adultes en devenir en capacité d’embrasser le réel par leur propre pensée et non par les trous noirs d’une idéologie religieuse. Un humaniste en action, qui invite tout un chacun à franchir les voiles de l’ignorance. Un transmetteur, massacré par cette même ignorance qui conduit, nous le savons, à la barbarie et au totalitarisme.

 

Ce professeur d’histoire et de géographie, décapité vendredi 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, par un jeune islamiste de 18 ans, avait un visage et un nom. Il s’appelait Samuel Paty. Il avait 47 ans et était père d’un petit garçon de 5 ans. 

 

Les valeurs républicaines et démocratiques sont à nouveau meurtries par un acte barbare. Un enseignant a été massacré devant son collège pour avoir fait son travail. Il donnait un cours, sur fond de critique historique, sur la libre expression à partir des caricatures de Mahomet publiées au Danemark et par Charlie Hebdo en 2014 et 2015. Comme humain, comme nous tous, comme ancien professeur de philosophie morale, je suis bouleversé, révolté, déterminé.

 

Un miroir s'est présenté à ma mémoire

 

Car cette tragédie, véritable symbole de la vulnérabilité de la démocratie, me renvoie aux nombreux échanges et discussions que j'ai eu avec mes élèves. Pendant 13 années, de 2004 à 2017, j'ai tenté d'enseigner aux adolescents le raisonnement, le libre examen et l'esprit critique. J'ai souvent douté de ma capacité à atteindre cette ambition. Malgré l'ingratitude de l'institution scolaire et des parents, je n'ai jamais renoncé. Il y eut des moments difficiles, fragiles, d'autres réjouissants et salvateurs.  

 

Ce qui m'a paru le plus problématique dans mon enseignement, ce n'était pas d'aborder les thèmes de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Même si il était incontournable de leur faire mesurer tout l'enjeu de leur respect, il fallait aller plus loin. Leur faire saisir la complexité, la nuance, l'équilibre. Par exemple, leur faire comprendre l'importance de déconstruire le mythe de la sacro-sainte liberté individuelle, le "Je fais ce que je veux puisque je suis libre ...". Il fallait leur mettre entre les mains et à l'esprit que renoncer à une part du "Moi je" était nécessaire pour assurer la liberté comme l'entend l'Etat de droit - pendant, ne l'oublions pas, de l'état de devoir - A savoir, que ma liberté s'arrête là où commence celle des autres, à savoir, que le compromis entre l'individu et le social est un contrat, certes, juridique, mais surtout politique, au sens grec du terme, et moral.

 

Ce compromis-là, au coeur de tous les autres, est l'ADN de la démocratie, garantie minimale de vivre pleinement sa vie, de réaliser ses aspirations, sans pour autant abîmer, sacrifier ou détruire celle d'Autrui. Qu'il est redoutable le chemin de l'apprentissage et du respect des règles collectives. 

 

La crise sanitaire que nous traversons en ces moments douloureux et révélateurs est une leçon de choses, une grande leçon de comment vivre ensemble. Nous devons toutes et tous renoncer à une part de notre liberté pour assurer, non seulement la liberté de l'Autre mais encore sa vie. Bien des adultes devraient y réfléchir aujourd'hui de plus près. Remercions au passage les soignants qui donnent le maximum pour notre santé individuelle et collective. Remercions aussi les enseignants, ces "Hussards de la République", sans lesquels les savoirs et savoir-être seraient livrés à l'ignorance et à la barbarie.

 

Je ne regrette pas l'école, sa bureaucratie. Les jeunes, malheureusement, n'inspirent plus que de loin ma pensée et mes actes. Ainsi va la retraite, on s'éloigne un peu plus chaque jour de l'effervescence de la vie. J'ai beaucoup appris à leur côté et je leur suis infiniment reconnaissant. 

 

La Belgique et l'Europe manquent de courage

 

Je remarque que la décapitation d'un professeur qui ne faisait que son difficile et beau métier ne bouleverse guère les politiques et les médias belges. Visiblement, cet attentat islamiste met mal à l'aise, il gêne une série de personnages non comptables des vies sacrifiées.

 

En France, il a fallu du temps pour que les mots islam radical ou islam politique soit assumés. Il aura fallu de multiples assassinats barbares pour qu'on accepte de mettre ces mots sur le véritable problème. Il semble que la mort tragique de Samuel Paty soit déclencheur dans l'Hexagone d'une colère salutaire ainsi que d'une ferme réaction tous azimuts.

 

En Belgique, on en est loin, très loin. Pourtant, ce pays a vécu aussi des attentats islamistes, au Musée juif, à Zaventem, à Maelbeek, à Liège. On ne peut s'empêcher de penser que ce quasi silence est celui d'hommes et de femmes soumis depuis trop longtemps au dénis, au négationnisme.

 

Social-démocrate ou social-libéral, pour moi, c'est assez pareil, je n'ai pas peur de dire que le problème vient essentiellement de la gauche, d'intellectuels de salon, engoncés dans le dogme de l'islamo-gauchisme; de certains magistrats et avocats, prompts à couvrir de leur théorie droits-de-l'hommiste aveugle toutes les dérives, toutes les paroles et tous les actes inhumains; de politiciens et politiciennes davantage l'oeil rivé sur les sondages, l'électoralisme et le communautarisme que sur la sécurité des citoyens.

 

Pendant combien de temps encore les gens du PTB (extrême gauche, tendance Mélenchon), de courants actifs au sein d'Ecolo et de la gauche du PS vont-ils nous tromper sur l'origine du mal ?

 

Bien sûr, la grande majorité des musulmans, à défaut de condamner fermement, sauf quelques exceptions, ne se reconnait pas dans l'idéologie islamiste. Mais de nombreuses minorités, qui ne sont nullement marginales, contrairement à ce qu'affirment les beaux esprits, agissent au vu et au su de services de renseignement privés de moyens suffisants à la hauteur des défis et des dangers, au nez et à la barbe de nombre de politiciens qui regardent ailleurs.

 

C'est ainsi que vécurent la ville de Verviers et la commune de Molenbeek. Nous laissons la jeunesse aux mains d'imams auto-proclamés, formés à la haine, à l'étranger ou en Belgique, dans des centres directement ou indirectement dirigés par des Frères musulmans et des salafistes.

 

Faudra-t-il aussi qu'il y ait un enseignant massacré dans sa classe ou devant son école pour qu'enfin notre classe politique se décide à prendre le taureau par les cornes ?

 

Je dis attention, il est moins cinq ! Ils sont des dizaines de milliers, voire davantage, à dire que la charria est supérieure à la loi civile, à nier l'égalité entre les hommes et les femmes, à refuser la liberté d'expression, à vouloir imposer à leur entourage un mode de vie médiéval, à faire le chantage au racisme ou à l'islamophobie dès lors que l'autorité publique (il y en a) refuse des accommodements non raisonnables, en fait, inacceptables, à infiltrer nos universités, nos écoles pour que nous vivions un jour dans un trou noir de leur idéologie religieuse.

 

Comme en France, nous devons réagir avec les armes de la démocratie, sans naïveté, sans tabou et avec la plus grande rigueur. Si la démocratie est faible face à ses ennemis, elle signe à terme son arrêt de mort. En Europe, en Belgique, il y a trop de renoncement et de lâcheté dans ce combat.

 

Pourtant, certains musulmans éclairés montrent la voix. Ils ne cessent de dénoncer le séparatisme, l'islam politique et ses innombrables ramifications. Ils sont souvent menacés et se sentent bien seuls. Parce que nous intervenons mollement, voire pas du tout. 

 

Pendant que la pandémie de la covid poursuit son oeuvre sinistre, l'actualité continue. La guerre que l'islamisme nous a déclaré n'est pas à l'arrêt. Ils n'ont pas déposé les armes. Sans réaction, là est notre fragilité, là est la faute, là éclateront les drames de demain.

 

Pour notre part, les barbares et leurs serviteurs doivent savoir que quelles que soient leurs insultes, leurs pressions et leurs menaces, nous ne céderons jamais. Jamais. Le 23 octobre 2020.  

                                                       

 

 

 

L'ancien siège de Charlie Hebdo, rue Nicolas Appert dans le XIème arrondissement de Paris, a été victime, vendredi 25 septembre, cinq ans après le massacre des journalistes du journal satirique, d'une nouvelle attaque terroriste. Deux journalistes d'une société de production, présents par hasard sur le trottoir, ont été frappé sauvagement par un islamiste pakistanais de 18 ans, voire plus. Suite à la reparution des caricatures de Mahomet récemment, ce jeune radicalisé a cru s'en prendre à Charlie. Suite aux événements tragiques de 2015, après un séjour dans les locaux de "Libération", l'hebdomadaire a emménagé à une adresse gardée secrète. Et c'est bien ainsi. Le seul point positif est de savoir que l'actuel siège de Charlie semble toujours inconnu.   

 

A l'heure où les barbares islamistes s'en prennent à nouveau à nos libertés fondamentales, en s'attaquant sauvagement, avec un hachoir de boucher, à des personnes dans le XIème arrondissement de Paris, à l'heure où le procès des responsables des attaques terroristes de janvier 2015 à Charlie Hebdo et à l'Hypercasher de la Porte de Vincennes se tient au Palais de justice de la capitale française, rien, nous disons bien rien, aucune pression, aucune menace, ne nous fera renoncer aux valeurs laïques et démocratiques qui sont les nôtres. Rien ! 

                                                       Le 27 septembre 2020.

 

 

>Nous ne renoncerons jamais à vivre debout !

 

 

La France, notre belle et chère France, celle qui nous a donné l’esprit des Lumières: le refus du dogmatisme, le choix du raisonnement contre le préjugé, l’amour de la liberté, mais aussi le prix de la liberté.

 

La France, celle qui nous séduit par la beauté de ses paysages, l’océan de son patrimoine, la profondeur de son histoire, la richesse de sa gastronomie, l'excellence de ses vins; ma France, celle des principes républicains, des communautés du vivre-ensemble, celle qui nous emporte dans ses débats passionnés et sans fin; la France, notre France, terre de Montaigne et de Condorcet, de Victor Hugo, du silence de Jean Moulin, de la joie de vivre de Charles Trenet, du courage de Simone Veil et de l'insolence de Charlie Hebdo. 

 

Oui, cette France, je l’avoue, je l’aime et je lui resterai fidèle.

 

Cabu, Wolinsky, Charb, Tignoud, Bernard Maris étaient nos Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Diderot, Montalembert. Leurs corps nous a quittés, pas leurs âmes. Leur amour de la vie ne mourra pas. Le blasphème est de bâillonner, pas de libérer. Nous ne renoncerons jamais à vivre debout ! Le 14 juillet 2020.