Mur de Chine !

 

       

        >La grande marche de la dictature chinoise !

 

                  Le Président chinois, Xi Jinping, s'inscrit dans une longue lignée impériale et nationaliste.

                                              Visages des détenus ouïgours dans le camp d'internement

                                                  de  Konasheher, dans la province du Xinjiang. 

 

Des milliers de documents de la police chinoise, livrés à un chercheur et publiés par des médias internationaux, témoignent de la folie sécuritaire dans les camps d’internement de la minorité musulmane. Comme si l'islam était une  atteinte à la consanguinité des Hans.

 

"Si les élèves n’écoutent pas les consignes, les policiers armés peuvent effectuer des tirs de semonce. Si les élèves ne cèdent pas à la dissuasion, s’ils continuent de faire monter la tension, tentent de s’échapper ou de s’emparer des armes des agents, ceux-ci les tueront."

 

Ainsi va la discipline dans un "centre de formation professionnelle" réservé aux minorités musulmanes, à Shufu, dans la "région autonome ouïgoure" du Xinjiang, en Chine.

 

Datée de 2018, cette "instruction pour éliminer toute perturbation et tentative d’évasion pendant les cours" est extraite d’un lot piraté de quelque 100.000 documents de police, dont une grande part est consacrée à la "transformation éducative" (jiaoyu zhuanhua) des Ouïgours – soit leur enfermement de masse à visée de "rééducation", au sens du Parti communiste chinois (PCC).

 

Les documents – plusieurs milliers de fichiers informatiques de 2000 à 2018, 452 registres contenant plus de 20.000 noms de Ouïgours arrêtés, d’innombrables instructions, briefings et rapports de travail des policiers – sont extraits des ordinateurs du bureau de la sécurité publique (BSP) de deux districts, Konasheher – Shufu en mandarin –, dans la préfecture de Kachgar, et Tekes, dans celle d’Ili.

 

Souvent rédigés dans un langage bureaucratique et abstrait, les documents décrivent, de l’intérieur, l’organisation armée et coercitive des nouveaux camps dits de "formation professionnelle", ainsi que le déploiement des forces de police sur le terrain. Soit la mise en œuvre concrète de l’appareil sécuritaire destiné à "stabiliser" le Xinjiang, que le PCC dit menacé par les "séparatistes" musulmans.

 

"Les fichiers internes de Konasheher contiennent les informations personnelles de 286 000 habitants du district, indiquant qu’entre 12,1 % et 12,5 % des adultes des minorités ethniques subissent en 2018 une forme d’internement, en rééducation, en détention ou en prison", établit ainsi M. Zenz, qui publie ses recherches dans le "Journal of the European Association for Chinese Studies".

 

Le nouveau "centre de formation professionnelle" (CFP) de Konasheher détient, alors, 8.000 personnes – dont un registre fournit également toutes les données personnelles. Ce taux de détention considérable dépasse ceux du stalinisme ... Et "il est 64 fois plus élevé que le taux d’emprisonnement national de la Chine", tel que figurant en 2021 dans les données pénitentiaires pour l’Asie de Leander Von Kameke, écrit Adrian Zenz.

 

"J’étais morte de l’intérieur" : une Ouïgoure rescapée des camps de rééducation en Chine témoigne ...

 

En outre, pour la première fois sont publiées quelque 5.000 photos de Ouïgours fichés, âgés de 3 à 94 ans, pour beaucoup des paysans, prises au poste de police ou au centre de rééducation entre janvier et juillet 2018, à Konasheher. Parmi elles, 2.884 internés ont pu être authentifiés avec certitude. Le plus jeune a 15 ans, le plus vieux 73 ans.

 

La Chine qui pousse le monde à l'hyper-consommation de ses produits, biens et services, tout en assumant un protectionnisme rigide à l'égard de ses importations, au-delà de son communisme capitalistique, se ferme comme une huitre. C'est la grande marche de la dictature.  

 

Les faits parlent, les Ouïgours sont persécutés comme le sont et le furent les Tibétains depuis 1950.

 

Xi Jinping profite de la crise sanitaire du covid, dont la Chine est probablement à l'origine, pour rappeler à sa population que si le parti leur a permis d'élever son niveau de vie, cela ne l'autorise pas à jouir des droits fondamentaux pratiqués ailleurs. Faire du business, d'accord, mais sans faiblesse. 

 

Shanghaï, Pékin, d'autres grandes villes, sont soumises depuis de longues semaines à un lockdown total ou partiel. Pour dire les choses, les habitants de ces immenses cités sont assignés à résidence, parfois sans pouvoir se ravitailler, ce qui entraîne, ici et là, des révoltes citoyennes vite réprimées.  Le régime se rappelle à leur bon souvenir en leur imposant une privation des droits élémentaires. Sous nos yeux, l'Empire du Milieu redevient une prison à ciel ouvert. C'est dans sa nature et son histoire. 

 

Il y a 2240 ans, la dynastie Qin entamait  la construction de la Muraille de Chine, afin de protéger sa frontière Nord des invasions  mongoles. Les dynasties Han, Yuan, Ming et Qing ont achevé l'ouvrage sur une longueur de plus de 6000 km. En 2022, le régime communiste de Xi Jinping, fidèle au message stalinien et nationaliste de Mao Zedong, renoue avec le fantasme des menaces étrangères, intérieures et extérieures. Patiemment, les dirigeants chinois ont construit un mur qui sépare chaque jour davantage le monde corseté de leur idéologie totalitaire de l'espace libre d'un Occident honni.  

 

Le maître actuel chinois déploie tous azimuts sa volonté de puissance au travers les routes de la soie, dont l'Europe et l'Afrique font les frais, un communisme de combat, domestique et international, et une présence militaire navale, sous-marine et terrestre intense en Asie-Pacifique. La Chine n'est pas en reste dans les domaines spatial et cyber. Les Etats-Unis, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie et le Royaume-Uni se préparent au pire. L'Union européenne, plus circonspecte, tente de trouver un biais avec un partenaire commercial majeur, sans oublier, espérons-le, l'ogre qui se cache derrière.    

 

Alliée de la Corée du Nord et de la Russie - ça en dit long sur ses valeurs - la Chine, nouvelle hyper-puissance à projection mondiale, entend donc régner sans partage sur la région du Sud-Est asiatique. Elle menace directement ses voisins à régime libéral, ne cache rien à la communauté internationale de son objectif d'envahir Taïwan, cette île indépendante depuis la révolution de 1949, qu'elle considère comme partie intégrante de la "grande nation", et entend rivaliser, en les affaiblissant durablement, les Etats-Unis d'Amérique. Quant à l'Europe, puissance économique mais acteur politique et militaire de second plan, il s'agit d'en faire l'idiote utile en la vassalisant. Ce dessein se réalisera-t-il ?   

 

L'impérialisme communiste chinois, orfèvre en propagande et mensonges, ne s'interdit plus rien pour occuper le pouvoir, pour vendre et vomir ses productions manufacturières et ses services; pour imposer un contre-modèle efficace aux démocraties fragiles.

 

Il est urgent que l'Occident en prenne toute la mesure, particulièrement les Européens, bien naïfs jusqu'ici, et s'émancipe d'une dépendance commerciale déséquilibrée et technologique dangereuse à une Chine sans complexe, agressive et conquérante. De quoi faire réfléchir tout un chacun quant aux buts stratégiques, systémiques et géo-politiques d'un Etat communiste qui voue à l'Occident un mépris aussi visible que nuisible. Le 24 mai 2022.