>Rétrospective & Perspective !

L'humanité ne peut vivre et survivre sans penser sa condition. Nous avons besoin d'aller plus loin, dans la connaissance de nous-même et de l'unité qui nous lie à la terre, à l'univers. Rétrospective & Perspective entend ouvrir nos lignes d'horizon, à moyen et à long terme, sans oublier le regard sur ce qui fait la mémoire du passé. Dégager de la confusion du moment, en prolongeant les tracés esquissés dans un premier recul, voilà que s'ouvrent les possibles et les non encore possibles.

>Inconsolables !

Michel Drucker en larmes pour dire au revoir à Johnny. La mort nous surprend toujours, même quand nous l'attendons, elle nous scandalise, alors que la vie que nous avons reçue est un contrat clair; il se termine inexorablement par le départ. Pleurons-nous sur nous-mêmes ou sur l'absence de celles et ceux que nous perdons ? On a beau se souvenir mille fois de leurs sourires, de leurs rires et de leurs larmes, du toucher de leur peau sous l'étreinte amicale ou amoureuse, toujours, toujours, l'absence est plus forte que la mémoire. C'est pour cela, voyez-vous, malgré la résilience et le deuil, que nous restons inconsolables. 7 décembre 2017.

>Johnny Hallyday parti, que reste-t-il, si ce n'est "l'envie d'avoir envie" ?

L’idolâtrie est une chose indigne, excepté pour l’idole des jeunes et des moins jeunes, car, comme le dit ce matin, sur Europe 1, Raphaël Enthoven, avec la mort de Johnny, "comme pour  un Dieu, nous voulons conjurer la finitude d’un corps de chair", celui de Jean-Philippe Smet. Il suffit de prononcer « Johnny » pour que le grand corps ondulant et la puissante voix d’un seul, un seul, jaillissent en chacun d’entre nous. C’est alors le mitraillage des images et des sons, depuis notre enfance jusqu’à ce jour, un regard bleu métal sous deux fentes en sueur, des paroles et refrains aussi connus que la Tour Eiffel, non sans s'être heurté aux portes closes de la Statue de la Liberté. Johnny aimait profondément l’American way of life et, si il y passait une partie de sa vie, à LA, il regrettait ne pas y avoir toute sa place. Nous venons de perdre, oui, je le pense, une partie de nous-mêmes. Johnny, mort d’un cancer du poumon, il fallait bien qu’une nuit sans fureur, il meurt de l’un de ses excès, Johnny, aimé des gens et méprisé des snobs, Johnny, admiré pour sa force d’exister, Johnny, moqué par les humoristes pour ses gauches réparties, Johnny, respecté pour sa trajectoire hallucinante en ligne droite. Il était géant, que d’aucuns, pensaient immortels. Hier, Jean d’Ormesson a rappelé que nul n’en était, pas même ce monument belgo-français. « Donnez-moi l’envie d’avoir envie … » et la vie n’a pas dit son dernier mot : « de l'amour, de l'amour, de l'amour ... ! » 6 décembre 2017.

>L'Esprit Jean d'Ormesson ! 

Un grand écrivain et un immense jouisseur de la vie nous a quités cette nuit. Jean d’Ormesson est parti au dernier crissement de sa plume sur le papier. Ses mots, si nombreux, si savoureux, nous serviront longtemps encore à nous évader et nous dérider du monde tel qu’il ne va pas. Il savait que l'histoire est tragique, pour l'avoir vécue, et il en souriait. Je relisais, encore hier, l’un de ses romans, l’un de ceux, comme tous les autres, qui m’ont nourri de belles choses depuis tant d’années. Oui, il avait rejoint les Immortels, quai Conti, et s’amusait d’être toujours là, à recevoir, année après année, les récipiendaires en manque d’honneur. Lui, il n’a jamais manqué de souffle. Son œil malicieux me faisait du bien et son insolence de droite me plaisait à l’infini. Rien de moins réactionnaire que cet homme amoureux, de la beauté des femmes et des paysages méditérranéens. Le bleu de ses yeux était la mer et l’horizon son regard. 5 décembre 2017.

 

 « La terre ne le recouvrait pas encore, mais elle l’enserrait déjà de partout. Le monde qu’il avait tant aimé, s’il avait pu le voir d’où il était couché, lui serait apparu sous la forme d’un rectangle de ciel gris. Nous le pleurions comme s’il avait été immortel. Et puis nous pensions, très vite, que chacun d’entre nous, un peu plus tôt, un peu plus tard, descendrait aussi, à son tour, sous la terre . »

 

Jean d’Ormesson, Voyez comme on danse.

>Soyons forts !

13 novembre 2017, sinistre date dans la mémoire de la France, de l’Europe et du monde. Deux ans ont passé et rien n’est oublié. Les choses ont-elles changé ? Pas vraiment. Bien sûr, nos sociétés ouvertes et démocratiques ont pris la mesure du danger, ont pris nombre de mesures et dispositions juridiques, législatives, sanitaires, psychologiques et de sécurité. Sommes-nous plus protégés ? Sans doute. Mais la menace a évolué. Il n’y a plus de califat islamiste en Irak et en Syrie ; l’Etat islamique a été vaincu sur le terrain. Le Moyen-Orient n’en est pas pour autant débarrassé des conflits interreligieux et nationalistes. L’extrême tension entre l’Iran chiite et l’Arabie saoudite sunnite n’a pas fini de générer des conflits et de la souffrance, là-bas et ici. Nos ennemis sont parmi nous, certains de retour, d’autres tapis au sein même de nos quartiers. Ils ruminent et rodent en attendant l’opportunité de passer à l’acte, ils crachent leur haine de nos libertés sur les réseaux sociaux, leur fanatisme religieux dans leur propagande insensée, leur antisémitisme obsessionnel. Les uns, avec un couteau, une hache, une voiture, un camion, les autres, avec une arme de poing, une kalachnikov, de l’explosif. Demain, ne nous voilons pas la face, nous devons redouter d’autres armes de mort dans les mains de ces terroristes, des engins de destruction plus massive chimiques et bactériologiques. Ne relâchons pas nos vigilances, ne renonçons à nos modes de vie sécularisés, ne cédons pas à la tentation populiste qui voudrait transformer nos villes et villages en clans retranchés excessivement militarisés. N’abandonnons pas à ces barbares notre dignité de femmes et d’hommes libres. Les dizaines de milliers de victimes partout dans le monde ne doivent pas avoir été massacrées en vain. Soyons forts, pour nos enfants et petits-enfants, pour nous-mêmes, pour le goût de la vie, toujours plus grand que les idéologies mortifères du degré zéro de la pensée.

>"La lèpre antisémite" !

Jacques Julliard, cette semaine, dans l'hebdomadaire "Marianne", qui consacre un dossier à cette maladie obsessionnelle. A lire absolument pour ouvrir les yeux à celles et ceux que le sujet embête mais ne tourmente pas:

« Non, décidément, cela ne peut plus durer. Que dans un nombre croissant de nos banlieues nos compatriotes juifs rasent les murs, ôtent furtivement leur kippa à l’approche d’un groupe de jeunes, retirent leurs enfants harcelés des écoles publiques, voient leurs maisons taguées d’inscriptions antisémites, qu’ils changent en catimini d’appartement ou de quartier, qu’ils se renseignent sur un point de chute en Israël, à Singapour, aux Etats-Unis, que des milliers chaque année sautent le pas et quittent discrètement le fameux « pays des droits de l’homme » au profit de contrées plus hospitalières, vous trouver cela normal, vous ? Sommes-nous dans la France de 2017 ou dans l’Allemagne de 1933 ? Que des cris « Mort aux juifs ! » aient pu s’élever lors d’une manifestation à Sarcelles, qu’un jeune juif, Ilan Halimi, ait été sauvagement torturé des journées entières avant d’être laissé agonisant sur un remblai et d’y mourir, que la stèle apposée à Bagneux à sa mémoire ait été profanée à deux reprises ; qu’il ait fallu une pétition d’intellectuels pour que la presse s’émeuve, avec retard, des tortures infligées à une femme juive, Sarah Halimi, avant qu’elle ne soit défenestrée, et pour qu’enfin la justice s’interroge sur le possible caractère antisémite d’un tel crime ; tandis que l’assassin de deux jeunes femmes en gare Saint-Charles de Marseille, lui, peut être qualifié de « martyr » par uen employée de la mairie de La Courneuve, vous trouvez toujours cela normal, vous ? Vous sentez-vous à l’aise dans une pareille société ? (…)

"Marianne", no 1078, du 10 au 16 novembre 2017.

                                                                                              4 novembre 2017

>Les grands manquements de l'Etat Belgique !

Depuis 1967, la Grande Mosquée de Bruxelles est administrée par ... l'Arabie saoudite, haut lieu de la sagesse salafiste, capitale mondiale de la tolérance et de l'humanisme, comme chacun sait. La Belgique n'a pas toujours brillé par sa clairvoyance, les dossiers sont nombreux. Le 18 août 1950, le président du Parti communiste Belge (PCB), Julien Lahaut, au 65 rue de la Vecquée, à Seraing, est assassiné sur le pas de sa porte. L'enquête historique de Rudy Van Doorslaer et Etienne Verhoeyen révélera que les auteurs de ce meurtre politique faisaient partie du réseau anticommuniste d'André Moyen, soutenu par une partie du grand patronat et bénéficiant de soutiens policiers et à la Sûreté de l'Etat. L'enquête judiciaire n'aboutira jamais à l'arrestation de l'assassin. Mais pour nous limiter aux exemples des 30 dernières années, commençons par la dramatique organisation du match de foot Juventus contre Liverpool au Heysel, en mai 1985, qui fit 39 morts; à l'enquête douteuse et orientée sur les tueurs du Brabant wallon dans les magasins Delhaize, à l'automne de la même année, qui fit 28 morts et de nombreux blessés. A cet égard, il faut s'intéresser à l'épisode de l'attaque militaire, sous couvert d'un exercice commun de l'OTAN, de la caserne de Vielsam, en mai 1984, où un militaire belge fut tué, le sous-officier de garde, Carl Fresches. A l'occasion de cet "exercice", des armes de combat ont été volées, armes que l'on retrouvera sur d'autres scènes de crime. Penchons-nous de plus près sur la présence de gendarmes de l'ex-Brigade Diane lors des attaques Delhaize et des relations que l'Etat-major de la gendarmerie de l'époque, pour ne pas le nommer, le Général Baurir et son entourage direct, avec des membres de la Sûreté de l'Etat ainsi que certains truands. De récentes révélations confirment le rôle joué par un groupe de gendarmes d'élites dans cette tragédie (*). Relisons ce passage du livre d'investigation de Jean Mottard, avocat et homme politique liégeois, et René Haquin, journaliste au "Soir" de Bruxelles, tous deux décédés, "Les tueries du Brabant", Editions Complexe, 1990: "(...) L'ancien gendarme Lekeu et d'autres ont parlé d'une tentative de coup d'Etat. On trouve des indices qui donnent à penser à une oeuvre de longue haleine, orchestrée peut-être de l'étranger, destinée à contraindre le pays à se restructurer sur le modèle voulu par ceux qui ont organisé le complot. (...)" Il ne serait pas inutile non plus de mettre en parallèle les événements tragiques que se sont passés en Italie et en Belgique au cours des années fin '70 et '80. L'existence dans ces deux pays du réseau "Gladio", mis en place clandestinement après la Seconde Guerre mondiale, afin de pouvoir faire face à une éventuelle invasion des chars soviétiques. Les deux "ventres mous" de l'OTAN à l'époque, chacun le savait, c'était précisément l'Italie, où l'accession au pouvoir des communistes d'Enrico Berlinguer, en alliance avec la Démocratie chrétienne d'Aldo Mauro, le fameux "compromis historique", devenait possible, et la Belgique, Etat considéré comme déliquescent à Washington, gangréné à la fois par une guerre communautaire Nord/Sud et des syndicats marxistes, ne présageait rien de bon pour la solidité des forces atlantiques européennes. Les Brigades Rouges d'un côté, l'assassinat, entre autres, du président de la Démocratie chrétienne; l'extrême droite noire de l'autre et l'attentat de la gare de Bologne, qui fit 85 morts et plus de 200 blessés. Les Cellules Communistes Combattantes (CCC), avec l'attentat, parmi d'autres, contre le siège du patronat à Bruxelles, qui fit deux morts, deux pompiers; les Tueurs du Brabant wallon dans les magasins et sur les parkings Delhaize, dont on connait le bilan. A y regarder de plus près, les années qui suivirent ces séries d'attentats coïncident à Rome comme à Bruxelles avec l'augmentation très sensible des budgets alloués aux forces de l'ordre, Polizia di Stato et Gendarmerie belge, considérée comme un Etat dans l'Etat sans réel contrôle démocratique. Il faut aussi s'interroger sur cette autre enquête foireuse de l'assassinat de l'ex-président du PS, André Cools, en juillet 1991; à la liberté effarante laissée à la mafia belge des hormones, qui conduisit, entre autres, à l'assassinat du vétérinaire flamand, Karel Van Noppen, en février 1995; à la lamentable guerre des polices gendarmerie/police judiciaire et ses tragiques conséquences dans l'affaire Dutroux, en septembre 1996, où quatre gamines trouvèrent la mort dans d'atroces circonstances etc. Dans d'autres domaines, au contraire, la Belgique montre l'exemple. Je songe aux lois sur la dépénalisation de l'avortement, le mariage pour tous et la légalisation encadrée de l'euthanasie. Cela réconforte quelque peu, au regard du bilan catastrophique que ce pays affiche au compteur de l'histoire. Que dire en effet, pour remonter plus loin dans le passé, de la responsabilité écrasante du roi, Léopold II, dans le massacre à grande échelle des Congolais, esclaves de la culture du caoutchouc ? Il faut lire les historiens anglo-saxons pour mesurer toute l'étendue des crimes du monarque, car, du côté belge, rares sont les chercheurs à avoir osé braver le tabou des "Mains coupées". Quid de l'attitude, non pas ambigüe, mais complaisante, du roi Léopold III à l'égard de l'occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale ? Quid du rôle équivoque joué par cet autre roi, Baudouin, dans l'assassinat du chef nationaliste congolais, Patrice Lumumba ? Quid de l'indignité de son frère, le roi Albert II, incapable de reconnaître sa fille naturelle et donc d'assumer ses responsabilités et son devoir moral ? Et pour revenir à la Grande Mosquée de Bruxelles, située sur l'esplanade du Cinquantenaire pour ceux qui ne le savent pas, le choix aveugle et imbécile de confier à Ryad la gestion du culte musulman à Bruxelles et donc dans le pays n'est pas pour rien dans la dérive islamiste que la Belgique a connu ces dernières décennies. Bien sûr, elle n'est pas seule, loin de là, malheureusement, à subir à présent une menace permanente des terroristes de l'ex "Etat islamique", d'Al-Qaïda, voire de Boko Haram. Mais il est tout de même utile de se rappeler ceci: les deux tueurs d'Al-Qaïda du commandant Massoud, assassiné le 9 septembre 2001, l'avant-veille du 11 septembre à New York, dans la province de Takhar, en Afghanistan, étaient belgo-tunisiens et vivaient à Molenbeek. A aucun moment, les services de renseignement belges n'ont alerté les autorités sur la dangerosité de ces deux personnages libres comme le vent d'aller et venir dans et depuis Bruxelles. Les attentats terroristes de Madrid, dits de la gare d'Atocha, en mars 2004, qui ont vu périr près de 200 personnes et qui ont blessé plus de 1900 autres, on le sait aujourd'hui, on été planifié par les cellules d'Al-QAïda, dès octobre 2000, notamment en relation avec les réseaux djihadistes à Molenbeek. Pour les attentats de Londres, de juillet 2005, qui ont fait 56 morts et 700 blessés, on sait aussi qu'une des bases arrière des terroristes passait par la Belgique. A l'époque, le pays était un véritable gruyère pour les groupes djihadistes en mal de tranquillité. Quant à Sharia4Belgium, cet autre groupe islamiste appelant au renversement de la démocratie en Belgique, il a fallu des années avant que les autorités judiciaires ne se penchent davantage sur des déclarations vidéo et des agissements illégaux et inquiétants. Le laxisme de la Belgique envers la conception idéologique et radicale de l'Arabie saoudite, dès les années '60, a été interprété, dans le monde wahhabite, salafiste et des Frères musulmans, comme le signal du renoncement à toute vigilance et politique répressive à leur égard. On ne peut donc que se réjouir d'apprendre que la Commission fédérale belge de la Chambre des députés, qui enquête sur les attentats terroristes du 22 mars 2016 à Bruxelles, demande la suppression de la concession à l'Arabie saoudite, relative à la gestion de la Grande Mosquée de Bruxelles. J'aime la Belgique, elle m'a vu naître et me verra sans doute mourir, elle m'a permis de vivre dignement, je l'admire et j'en suis fier, lorsqu'elle représente le meilleur de l'humanité. Mais j'avoue avoir souvent douté de sa capacité à affronter les défis de l'histoire ainsi qu'à résister à ses nombreuses failles et fêlures, dont la moindre n'est pas sa fracture communautaire. Mais ça, c'est une autre histoire ... 

10 octobre 2017.

(*) Un homme de Termonde, Flandre, vient vient d'affirmer que son frère, un certain Christiaan Bonkoffsky, décédé il y a deux ans, ancien membre de la Brigade Diane de la gendarmerie, sur son lit de mort, lui a confié qu'il était l'un des tueurs recherchés, mieux connu sous l'appellation du "géant".

> Jean-Luc Mélenchon a de qui tenir !

                           A l'Assemblée nationale, tout le respect de Mélenchon à l'égard de l'adversaire politique.

      Ici, avec Christophe Castaner, Secrétaire d'Etat chargé des relations avec le parlement, Porte-parole du gouvernement.

Ce samedi 23 septembre, le leader maximo de la France insoumise, dont chaque sympathisant se présente à lui la couture sur le pantalon - silence dans les rangs, je cause - a voulu rassembler, à Paris, "les gens", son "peuple", pour cracher sa haine de la loi de réforme du code du travail, adoptée par ordonnances, du gouvernement d'Edouard Philippe et du Président Emmanuel Macron. Le droit de manifester dans la rue et d'exprimer son opposition au pouvoir légitimement élu est inscrit dans la constitution. Il est imprescriptible en démocratie. Ce qui ne l'est pas, c'est de vouloir transformer ce droit en un coup de force permanent. Mélenchon, pas ses propos populistes, ses références douteuses et sa violence, ressemble davantage chaque jour à un factieux. Lui, qui se targue de connaître l'histoire, et les siens devraient se souvenir du 6 février 1934, quand "la rue", les ligues fascistes ont voulu renverser la démocratie en s'attaquant à la représentation nationale, le Parlement, et, par la même, à la légitimité du processus électoral et des élections. Il a décidément de qui tenir. Il n'est pas le premier à faire le grand écart entre les extrêmes gauche et droite et à raviver en l'Homme ses instincts sauvages. Pour l'avenir de la France et de l'Europe, il n'a rien à proposer, si ce n'est la fuite en avant économique, sans maîtrise des comptes publics, et le repli souverainiste, à l'égal de Marine Le Pen ...

24 septembre 2017.

           La rue est le lieu de tous les fantasmes idéologiques des extrêmes, "peuple réel" contre "démocratie formelle"! 

>Simone Veil ou la foi en la vie !

Le jour de ma mise à la retraite comme professeur de morale disparaît une des grandes figures morales de l’histoire du XXème siècle, une femme monument, dont le parcours tout entier tient en un mot : résister ! Simone Veil nous a quittés aussi discrètement et dignement qu’elle aura vécu. Comme beaucoup d’entre vous, je suis ému par sa disparition, sachant que cette haute conscience de l’humanité et de la cause des femmes va beaucoup nous manquer. Comment oublier son combat courageux et magnifique pour le droit des femmes à disposer de leur corps ? À cet égard, il faut rendre hommage au Président Valéry Giscard d'Estaing qui l'a choisie pour défendre la loi qui porte depuis son nom. Comment ne pas se souvenir de sa foi en l’Europe, de ses valeurs humanistes dans un monde où les rapports de force priment sur les rapports humains ? Comment ne pas songer à son combat de jeune fille pour survivre à l’enfer de la Shoah et maintenir la mémoire vive de cette tragédie pour l'humanité et pas seulement pour le peuple juif ? Comment ne pas admirer la femme juive laïque, qui ne renonça jamais à ses origines, dont elle était sobrement fière, cet être d'exception, qui s’est nourri toute sa vie de la richesse culturelle de l’Autre ? Comment ne pas se rappeler les débats à l'Assemblée nationale, en 1974, lorsqu'elle présenta le projet gouvernemental de dépénalisation de l'avortement, où ses ennemis antisémites la salirent et la jetèrent aux chiens ? Vous les aurez reconnu. Lors d’une faiblesse de santé, plus récemment, les mêmes écrivirent alors des choses ignominieuses. Leur haine n’a eu d’égale que sa foi en la vie. C'est toute la différence. Comme presque tous les Français et les Européens, je l'aimais. 30 juin 2017.

Une victoire n'est pas un objectif, elle n'est qu'un moyen pour refonder !

 

Second tour des élections législatives françaises !

L'abstention est très forte, trop forte, plus de 56% des inscrits, mais les Français, majoritairement, en n'allant pas voter, n'ont pas voulu empêcher le Président, Emmanuel Macron, et le Premier Ministre, Édouard Philippe, de pouvoir mettre en œuvre, en toute cohérence, leur projet de réformes radicales dont la France et l'Europe ont besoin. Les abstentionnistes n'ont pas non plus été suffisamment convaincu par l'offre des formations politiques perdantes aujourd'hui. La République En Marche (LREM) a obtenu, comme annoncé, une majorité absolue écrasante, légèrement inférieure aux prévisions, ce n'est pas une mauvaise chose. Les partis traditionnels, PS et Les Républicains, s'effondrent et devront se reconstruire. Les extrêmes droite et gauche, Front National et France insoumise, n'ont pas atteint les résultats escomptés. Si le parti de Jean-Luc Mélenchon aura un groupe parlementaire, ce ne sera pas le cas pour celui de Marine Le Pen. Ils demeurent tous deux aux marges du spectre démocratique et républicain. Très bonne nouvelle, les femmes, grâce à LREM, entrent en masse à l'Assemblée nationale. Le machisme est en berne ce soir. Et maintenant, En Marche, au travail, pour refonder la France et l'Europe ! 18 juin 2017.

>Elections législatives: vérités perçues et vérités reçues !

 Premier tour des élections législatives françaises !

Le premier tour des élections législatives d’hier est marqué par le résultat positif des candidats de La République En Marche (LREM) et par un taux d’abstention record, de 51% des inscrits. Personne ne peut se réjouir du désintéressement  de la moitié des électeurs pour un scrutin national, aux répercussions européennes, pourtant décisif. Les raisons sont nombreuses. La première est la lassitude qui a gagné beaucoup de personnes après une année de campagne électorale, rythmée par les deux tours des primaires de la droite et de la gauche, les deux tours de la présidentielle et maintenant les deux tours des législatives. C’est beaucoup, sans doute trop. La deuxième raison est que les sondages annonçaient depuis plusieurs semaines la victoire de LREM. Beaucoup de gens se sont dit que ça ne valait pas la peine d’aller voter. La troisième raison trouve son origine dans le phénomène de repli sur soi et de dépolitisation, qui a pour corollaires un désintérêt pour la chose publique ainsi qu’une rupture de confiance vis-à-vis de la classe politique. Cette tendance s’est accentuée avec l’inversion du calendrier électoral entre la présidentielle et les législatives, inversion qui rend ces dernières moins attractives. Enfin, la quatrième et dernière raison est la permanence, dans l’histoire de la Vème République française, du traditionnel parti des pêcheurs à la ligne, surtout par beau temps, qui préfèrent les paysages champêtres de la belle France au sérieux de l’isoloir d’un bureau de vote. Depuis ce matin, certains médias et responsables politiques accusent le Président Emmanuel Macron et le gouvernement d’Edouard Philippe d’être la cause de la forte abstention. C’est vite oublié que, d’une part, les électeurs ont toute liberté d’aller ou de ne pas aller voter. S’ils ne votent pas, c’est qu’ils n’en ont pas envie et/ou qu’on ne leur donne pas de raison suffisante de remplir leur devoir citoyen. C’est regrettable mais c’est leur droit. La vérité est celle-ci, les partis qui ont perdu, voire tout perdu, lors de ce premier tour, n’ont pas pu et pas su mobiliser leur base électorale. Le suicide programmé de François Fillon, qui s’est entêté à maintenir une candidature sulfureuse, a achevé de convaincre nombre d’électeurs de droite d’aller voir ailleurs, chez Marine Le Pen, chez Emmanuel Macron et dans l’abstention. La stratégie hasardeuse et le programme incohérent de Benoît Hamon ont encouragé la fuite d’une grande partie des électeurs socialistes vers Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. La violence verbale de ce dernier, son côté leader maximo populiste et vulgaire l’ont empêché d’être au second tour de la présidentielle. Hier, son parti, la France insoumise a perdu la moitié de ses électeurs. Où sont-ils passé, si ce n’est qu’ils sont allé à la pêche ? Pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon crie sur tous les toits qu'il a gagné et que le succès de LREM n'existe pas. Marine Le Pen, qui, malgré sa prestation effrayante lors du débat/combat avec Emmanuel Macron, a recueilli sur son nom plus de 11 millions d’électeurs, a vu fondre ce dimanche comme neige au soleil ses bataillons frontistes. Se pose-t-elle seulement la question du pourquoi ? Je pense que tous ces perdants sont responsables en grande partie de la forte abstention, car l’électorat de la Républiqque En Marche, lui, s’est bien mobilisé. Ils doivent leur échec, leur désastre pour certains, à leur propre incapacité à se réformer, à comprendre le changement d’époque et de paradigme, à entraîner dans leur sillage le moindre espoir et le plus petit enthousiasme. D’autre part, ce n’est par la première fois que l’Assemblée nationale voit s’installer sur ses travées une majorité parlementaire plus que confortable. En 1981, François Mitterrand a bénéficié aussi d’une large majorité, tout comme Jacques Chirac, en 1995, Nicolas Sarkozy, en 2007, et François Hollande en 2012. Pourquoi reprocher à Emmanuel Macron de bénéficier à son tour d’un mécanisme électoral qui amplifie sensiblement en sièges une victoire en pourcentages et en voix ? Ce mécanisme est dû au scrutin majoritaire à deux tours et à la logique des institutions de la Vème République voulue par Charles de Gaulle ? Dans le passé, nul n’a remis en cause la légitimité des présidents élus, en vertu du fait qu’ils ont bénéficié chacun de l’effet de souffle de leur élection lors des législatives. Pourquoi dès lors le procès en illégitimité fait à Emmanuel Macron ? L’énervement, voire l’hystérie de certains de ses adversaires devant leur Bérézina ne peut justifier une telle dérive démocratique. Aux Etats-Unis, Donald Trump a été élu avec moins d’un quart des votes des citoyens américains. Si beaucoup d’observateurs politiques et psychiatriques, à juste titre, posent la question de son état de santé mentale, nul, pas même chez les démocrates, qui ne l’apprécient pourtant pas, ne conteste la légalité de son élection. A croire qu’en France la culture politique ne s’accommode de la rigueur de l’Etat de droit que lorsqu’il fonctionne dans le sens d’intérêts partisans. Eh bien non, les institutions étant démocratiquement ce qu’elles sont, jusqu’à une réforme ou un changement par voie tout aussi démocratique, électorale ou référendaire, il faut les respecter et les faire respecter. Aux nombreux veilléitaires en ce domaine à persuader les électeurs de les suivre en toute transparence et confiance. 12 juin 2017.

>R & P/.Islamophobie et antisémitisme, un faux regard en miroir ! 

On m'interpelle sur la correspondance entre islamophobie et antisémitisme. Précisons tout d'abord que l'on recourt le plus souvent au premier terme pour caractériser étymologiquement la peur de l'islam; dénoncer une parole, un acte de rejet à l'encontre de certaines pratiques de musulmans. Alors que le second terme désigne immanquablement le rejet des Juifs pour ce qu'ils sont et non pas nécessairement pour ce qu'ils font. La sémantique des deux concepts est donc différente, car la genèse de ces deux racismes n'est pas la même. Loin de moi l'idée que ce dernier racisme serait tolérable et qu'il faudrait le nier. Comme tous les racismes, il faut le combattre sans merci. Mais l'étude de l'histoire nous apprend tout de même la spécificité de l'anti-judaïsme et de l'antisémitisme. Les racines sont profondes au sein du christianisme, l'accusation de déicide à l'encontre des Juifs, la crucifixion de Jésus, en fut l'un des fondements. Je n'aborderai pas cet aspect ici, repris par ailleurs d'un un article dans cette même rubrique (*), car certaines personnes semblent oublier la responsabilité de l'islam dans les conflits meurtriers qui l'ont opposé aux communautés juives. Je ne retiendrai que quelques faits parmi beaucoup d'autres. En effet, l'islam, dès ses débuts, n'a pas été tendre avec les Juifs, alors que le Coran, particulièrement dans les sourates de Médine, ne cesse d'être obsédé par la présence juive monothéiste qui précéda de plus de 1000 ans l'avènement de la religion musulmane. Un bref retour en arrière n'est peut-être pas inutile, même si, ce qui suit devrait être développé en chacun de ses points. L'islamophobie est un fléau, c'est vrai, ce type d'attitude existe, dans le chef d'une minorité de Juifs et dans celui de beaucoup de bons chrétiens et de sans religion. Mais vous devez reconnaître que le peuple juif à toujours dû se battre pour exister et avoir le droit de pratiquer sa religion. Même à l'époque privilégiée, tant mise en valeur, d'Al-Andalus, les Juifs ne durent leur survie qu'à leur appartenance à la tradition monothéiste; les musulmans les appelaient d'ailleurs, tout comme les chrétiens "Ahl-al-kitab", les gens du Livre. Mais afin de pouvoir pratiquer la Loi juive, ils devaient s'acquitter d'une taxe, une capitation (jizya). Les catholiques en ont fait autant avec la dîme. Sous les dynasties omeyyades, abbassides et fatimides, les Juifs, quand ils n'étaient pas massacrés ou expulsés, durent se soumettre à cet impôt religieux et furent appelés par les musulmans les dhimmis (dans le droit islamique désigne les non-musulmans). À part cette période relativement tolérante, qui va du VIIIème au XIè siècle, avec des fortunes diverses, les Juifs ont toujours été persécutés, déportés, massacrés, tant par les chrétiens que par les musulmans. D'ailleurs, dès la naissance de l'islam en Arabie, au VIIè siècle, Mohammad (Mahomet), afin d'asseoir son pouvoir, depuis Médine sur La Mecque, n'a pas hésité à faire massacrer les trois grandes tribus juives des Banu-Kainuka, des Banu-Nadhir et des Banu-Kuraiza (625-627). Et ça n'a quasi jamais cessé. Ne pas publier que l'islam, en moins d'un siècle, sous les califats, du VIIè au VIIIè siècle, a conquis par la violence et, ce qui s'appelle dans les faits, une colonisation, sorte de croisade islamique avant l'heure, à savoir, par la guerre sainte (le djihad) une partie de l'Asie mineure, tout Le Moyen-Orient, toute l'Afrique du Nord et l'Espagne. Et aujourd'hui, malheureusement pour la grande majorité des musulmans, qui voient leur identité et parfois leur personne remis en cause, ce que nous ne pouvons tolérer, ce sont bien des islamistes, et non des Juifs extrémistes ou des chrétiens illuminés, qui répandent la terreur, l'horreur et la mort du Proche-Orient à l'Amérique, en passant par l'Europe. Nos amis musulmans européens, les plus éclairés le savent, doivent impérativement faire le ménage au sein de leurs communautés et déclarer une lutte sans merci au salafisme, aux radicaux haineux des Frères musulmans ainsi qu'à leurs alliés au pouvoir dans certains États islamiques. Juifs et musulmans ont connu dans leurs parcours des hauts et des bas et traversent aujourd'hui une période de turbulence. Le conflit israélo-palestinien vient en plus polluer les rapports entre les communautés, voire les personnes. J'enfonce des portes ouvertes, c'est certain, mais elles ne le sont pas pour tout le monde. Alors, il faut redire, encore et encore, apprenons à nous respecter les uns les autres, à vivre non côte à côté, mais ensemble, croyants, agnostiques et athées, abandonnons nos postures idéologiques et philosophiques, recherchons nos vérités humaines sans faux-semblants et acceptons, enfin, l' idée que l'universalité ne nous a pas fait tout-à-fait semblables et que c'est précisément pour cette raison qu'elle est si belle. 26 mai 2017.

 (*) L'antisémitisme ou les bas instincts !

>P/.Les principales mesures du quinquennat d'Emmanuel Macron 

>R & P/.A Jérusalem, on oublie pas d'où vient Marine Le Pen !

                                                         A Jérusalem, tout sauf «la fille d’un père antisémite» 

Officiellement, les dirigeants israéliens ne commentent pas le résultat du premier tour de l’élection française. Mais ils ont suivi la campagne de près. Et si plusieurs membres de l’entourage de Benyamin Nétanyahou ont, ces dernières semaines, reconnu en privé qu’ils souhaitaient l’élection de François Fillon, ils semblent satisfaits de voir Emmanuel Macron en pole position pour le second tour. Depuis dimanche soir, ils répètent d’ailleurs à l’envi que le leader d’En marche est «un ami d’Israël qui a visité le pays pour s’inspirer de ses start-up lorsqu’il était ministre de l’Economie et avec lequel la discussion est possible». A l’instar de leur opinion publique, les responsables de l’Etat hébreu préfèrent en tout cas voir Macron en position avantageuse face à Marine Le Pen puisque celle-ci reste à leurs yeux la «fille d’un père antisémite entouré de collaborateurs et d’anciens SS». Le chroniqueur Ben Caspit interroge : «Ces dernières années, elle a multiplié les efforts pour adoucir l’image du Front national. Mais qui est dupe? Même si quelques Franco-Israéliens ont glissé son nom dans l’urne, cette femme représente une idéologie que nous ne pouvons accepter même si elle a mis de l’eau dans son vin. Elle n’est pas la bienvenue en Israël et elle le restera.» Selon les chiffres communiqués par l’ambassade de France en Israël, Fillon a recueilli 60,41% des suffrages exprimés à Tel-Aviv et à Haïfa contre 30,93% à Macron ; 3,72% sont allés à Le Pen et 1,60% à Jean-Luc Mélenchon. Libération, 24 avril 2017.

>P/.Emmanuel Macron face à la candidate de l'extrême droite !

Dès 19 heures, sur les antennes de la RTBF, les estimations des votes des Français à la sortie des urnes indiquaient qu'Emmanuel Macron, avec 23,7%, et Marine Le Pen, avec 21,7%, seraient les deux candidats qualifiés pour le second tour de l'élection présidentielle. A 20 heures, sur France 2, les deux visages du candidat d'En Marche et du Front national apparaissaient, confirmant l'information diffusée une heure plus tôt par la télévision francophone belge. En fin de soirée, les résultats annoncés n'avaient guère bougé: Emmanuel Macron, 23,9%, Marine Le Pen, 21,7%, François Fillon, 20%, Jean-Luc Mélenchon, 19,2% et Benoît Hamon, 6,3%. Immédiatement, le candidat du parti socialiste a appelé à voter pour Emmanuel Macron. Dans la foulée, le candidat de la droite faisait de même. En revanche, le candidat de la France insoumise, oublieux sans doute de la signification des valeurs républicaines, refusait d'appeler à voter, ne fût-ce que contre Marine Le Pen, et se réfugiait assez lâchement, lui qui a toujours aimé se mettre en avant et jouer au leader maximo, derrière une consultation de ses sympathisants ... Les premières projections pour le second tour montrent une victoire nette d'Emmanuel Macron, le 7 mai prochain, à 62% contre 38%, pour "la candidate du peuple". Rien n'est fait cependant. Plus que jamais, il faut être prudent, vigilant et tout faire, dans les quinze jours qui viennent, pour rassembler le plus largement possible derrière la candidature d'Emmanuel Macron et donc, tout faire, pour battre la candidate du repli nationaliste et de la haine. Aucune voix ne doit manquer. Dès à présent, il faut donc mettre en oeuvre la nouvelle majorité parlementaire qui siègera en juin prochain à l'Assemblée nationale, après les élections législatives. Cette unité des progressistes devra se faire sur base des grandes orientations du programme macroniste, celles qui équilibrent les aspects qui libèrent les initiatives et celles qui protègent les plus fragiles des citoyens. Les seules exclusives, pour tous ceux qui vont rejoindre la marche d'Emmanuel Macron vers une France plus optimiste, conquérante et bienveillante, seront les lignes rouges à ne pas franchir, nos marqueurs, que sont les valeurs républicaines, liberté, égalité, fraternité, et la défense d'une Europe refondée et bien vivante. 23 avril 2017.

>R & P/.Se libérer est un travail permanent

A tous mes frères juifs, je souhaite que Pessah vous soit doux, pas trop amer, mais surtout qu'il vous inspire sur le thème de la libération, en mémoire de l'esclavage en Egypte, certes, mais surtout, par un travail permanent d'émancipation, symbole universel de la condition humaine, des servitudes et aliénations quotidiennes qui entravent cette liberté si chèrement acquise. Have a good Passover, une Pâque de paix, de recueillement et d'écoute ! 10 avril 2017.

>R & P/.Marine Le Pen, bien la fille de son père ...

Ce dimanche 9 avril 2017, Marine Le Pen, sur les antennes de BFM TV, a déclaré que "la France n'avait aucune responsabilité dans la rafle du Vel' d'Hiv, qui a vu 13.000 juifs déportés dans les camps d'extermination. Voilà qui rappelle un homme, son père, qui, toute sa vie, a voué une haine féroce au peuple juif et qui s'est drapé tout au long de son sinistre parcours politique dans un "récit national" fantasmatique, de Vercingétorix à lui-même, en passant par Clovis, Charlemagne, Louis IX, Louis XIV, Napoléon, Thiers et Pétain. Avec Marine Le Pen, la boucle est bouclée.

Ah bon ? Vichy, Pétain, Laval, les lois anti-juives, ce n'était pas la France ? Voilà le "récit national", pour ne pas dire nationaliste, qui ramène le mythe et le mensonge d'une France vierge de tout crime contre l'humanité. Le rôle historique mais très minoritaire, pour ne pas dire assez solitaire, du général de Gaulle, qui incarna magnifiquement la résistance à l'occupant nazi, a permis ce tour de magie de faire passer la France collaborationniste, vaincue aux côtés des puissances de l'Axe (Allemagne, Italie, Turquie, Japon), pour la France de la Libération, vainqueure aux côtés des alliés (Etats-Unis, Royaume-Uni, URSS). Ce discours officiel, qui fit le lit du révisionnisme, fut tenu par les plus hauts responsables français jusqu'à la présidence de Jacques Chirac. Il faut se rappeler que celui-ci, courageusement et lucidement, suivi des années plus tard par le président Francois Hollande, le 16 juillet 1995, dans un discours resté célèbre, lors du 53ème anniversaire de la rafle du Vel' d'Hiv, car il rompait avec le déni de de Gaulle, de Pompidou, de Mitterrand et de Giscard, reconnaissait la responsabilité de Vichy, et donc de l'Etat français, dans la déportation des Juifs. Marine Le Pen, digne héritière de cette extrême droite qui s'est vautrée dans la sale besogne du gouvernement de Vichy, en niant les faits de l'histoire, tente de blanchir sa famille politique et, du même coup, son discours populiste sur "la France éternelle" ... Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ... 10 avril 2017.

>R & P/.L'abattage rituel interdit en Flandre et en Wallonie dès 2019 !

En Belgique, les parlements de la Flandre et de la Wallonie entendent voter un décret interdisant l'abattage rituel des animaux à partir du 1er janvier 2019. La région bruxelloise n'a pas encore décidé de son attitude en la matière. Dans les communautés juive et musulmane religieuses, et même au-delà, l'émoi est grand; l'on parle d'un rappel à de très mauvais souvenirs sous l'occupation nazie ... Le parallèle est osé, voire choquant, mais il traduit le caractère symbolique, voire sacré, pour les croyants, d'une telle disposition législative. Le débat n'est pas nouveau entre partisans et opposants à ces pratiques ancestrales, entre respect des traditions religieuses et respect du bien-être animal.  

Attention aux amalgames scabreux entre périodes historiques qui n'ont rien de commun. Le problème posé est la place réservée aux pratiques religieuses ancestrales et traditionnelles dans la modernité et l'espace public démocratique. Des questions surgissent et sont légitimes. Le Talmud ne témoigne-t-il pas de la nécessité de faire primer l'esprit sur la lettre ? Où commence l'esprit et où finit la lettre ? Le premier est-il une fin en soi, la seconde n'est-elle qu'un moyen transitoire ? Dès lors qu'on affirme ne pas respecter les 613 mitsvot au nom de valeurs laïques - ce qui est le cas, reconnaissons-le, dans des proportions variées, d'un très grand nombre de Juifs, laïques ou non, car personne ne peut humainement les respecter toutes - comment interpréter une défense et illustration d'une obligation religieuse, dont l'essence est précisément circonscrite à sa dimension communautaire, à son contexte historique et culturel ? Je n'ai pas de réponses tranchées, encore moins définitives, à ces questions. Le respect des traditions religieuses, auxquelles les croyants et pratiquants tiennent légitimement, ne peut ignorer, me semble-t-il, cet autre respect, tout aussi fondamental, qui est celui du bien-être animal. Les avis sont partagés, ne le nions pas, sur le caractère cruel ou non de l'abattage rituel. Il faut d'abord s'assurer qu'il se pratique selon les règles strictes codifiées par les prescrits, visant à préserver l'animal de toute souffrance. Il n'est un secret pour personne que dans beaucoup de pays musulmans, en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique, ces règles ne sont pas respectées. Je peux personnellement en témoigner, ayant travaillé pendant plusieurs années dans certains de ces pays. Dans les pays occidentaux, lorsque l'abattage est encore pratiqué à la maison, elles ne le sont pas davantage. En Israël et au sein des communautés juives de la diaspora, chacun sait et peut vérifier l'extrême vigilance apportée par les autorités religieuses aux conditions d'abattage des animaux. Je relève donc, et c'est gênant, que le problème ne se pose pas de la même façon dans les deux religions. Quoi qu'il en soit, l'opinion publique, que cela plaise ou non, ici et là, a droit à l'information et donc à la transparence. A cette fin, ne pourrait-on mettre en place un protocole objectivable, sous le contrôle d'une autorité mixte incontestable, composée de scientifiques indépendants et de religieux juifs et musulmans légitimes, qui permette aux responsables politiques de s'appuyer sur ses conclusions avant toute décision légale ? 06 avril 2017.

>P/.Brexit or Brexit, that's the issue ... vers la sortie

                                      Theresa May, une première ministre britannique en fer de lance du Brexit 

                                                         La première page de la lettre de Theresa May

                                                              au président du Conseil européen, Donald Tusk.

La président du Conseil européen, Donald Tusk, a reçu ce matin, des mains de l'ambassadeur britannique auprès des institutions européennes à Bruxelles, la lettre officialisant le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Theresa May, la première ministre, n'a laissé planer aucun doute sur la volonté de Londres d'aller jusqu'au terme de la séparation. Selon le Traité d'Amsterdam, article 50, les Britanniques ont deux ans devant eux pour négocier les modalités, nombreuses et complexes, de leur départ. Le paragraphe 2 de l'article 50 est invoqué dans ce courrier de trois pages, ce qui indique qu'un accord sur les conditions du retrait sera recherché par Londres d'ici l'échéance. A défaut, la sortie du royaume de Sa Majesté sera à coup sûr chahutée. Depuis son adhésion à la Communauté européenne, le 1er janvier 1973, le Royaume-Uni n'a jamais cessé de revendiquer toujours plus de liberté pour son commerce et toujours moins d'obligations en ce qui concerne les compétences supranationales dévolues à l'Union européenne. Il n'était pas dans Schengen, l'Europe commune des frontières, il n'était pas plus dans la zone euro, était-il seulement dans l'Europe ? Outre-Manche, l'obsession britannique pour le grand marché a toujours supplanté la dimension unitaire du projet européen, ses valeurs et ses objectifs. Le résultat a été catastrophique. Les Etats européens, à commencer par l'Allemagne et la France, afin de préserver une union à laquelle ils étaient apparemment seuls à croire, ont renoncé, chaque année un peu plus, à toute ambition d'intégration intelligente, à savoir, gérer en commun les compétences nécessaires, et rien de plus, à l'exercice d'une puissance européenne qui devrait être respectée dans le monde. Londres fut pendant toute cette période un poids et non un levier à l'accomplissement, plus que jamais nécessaire, d'une Europe politique sociale et solidaire, tant sur les plans financier, fiscal et économique. Au final, le Brexit, même si on peut le regretter, surtout pour les Anglais, Irlandais, Ecossais et Gallois eux-mêmes, loin d'être dramatique pour le continent, permettra sans nul doute aux pays qui veulent avancer vers plus d'intégration de ne plus attendre davantage. 29 mars 2017. 

>R/.Le Traité de Rome, 60 ans plus tard ...

60 ans, jour pour jour, après la signature du Traité de Rome, notre Europe est malade. Alors qu'elle nous a protégé depuis 1945 de la guerre et qu'elle nous a assuré un bien-être certain, qui a permis l'émergence d'une classe moyenne aujourd'hui fragilisée, voilà que de crise en crise, monétaire, économique, sociale et, in fine, politique, elle donne des signes de grande fatigue, pour ne pas dire de maladie inquiétante. Les richesses produites collectivement n'ont pas toujours été redistribuées équitablement. Le fossé entre nantis et oubliés s'est agrandi. L'Europe sociale est restée à la traîne de l'Europe financière et le projet européen s'est éloigné des citoyens. Mais ce n'est pas en jetant le bébé avec l'eau du bain que les choses iront mieux. La montée des populismes et des nationalismes menace nos démocraties. Il nous faut donc repenser le modèle européen en tâchant de préserver son unité. Ne nous voilons pas la face, les blocages et paralysies sont devenus la règle au sein de l'Europe de 28, bientôt 27. Si l'unité, que l'on a confondu avec l'unanimité, n'était pas possible, parce que certains pays prennent les avantages de l'Europe en refusant ses obligations, alors, il faudra en passer par une Europe à plusieurs vitesses, par cercles concentriques. Que les États qui veulent avancer ensemble vers davantage d'intégration et de gouvernance commune, tout en veillant à assurer le principe de subsidiarité là où l'échelle de compétence s'impose, soient autorisés à le faire et les autres, qui freinent des quatre fers, en restent à l'état d'une coopération a minima. Que les premiers partagent l'esprit et les valeurs de l'union, à savoir, un destin politique commun; que les seconds, qui exècrent tout projet non commercial convergent, qu'ils s'égayent dans le seul marché. Nous n'avons jamais eu tant besoin d'Europe. Exprimons aux politiques notre désir d'Europe, afin que nous puissions exister encore demain et vivre en peuples libres, face aux puissances étrangères qui ne nous ferons aucun cadeau. 25 mars 2017.

>R/.Nous n'oublierons jamais le 22 mars 2016 !

Le 22 mars 2016 restera pour tous les Belges et les Européens une date à jamais marquée d'infamie, de souffrance et de tristesse. Nous pensons aux victimes qui nous ont quittés, à celles qui ont survécu dans la douleur et la peine, aux familles et proches, dont la mémoire est pour toujours habitée par les tragédies de l'aéroport de Zaventem et de la station de métro Maelbeek. Les attentats terroristes de l'Etat islamique à Bruxelles ont fait basculé à son tour la Belgique dans l'horreur. En ce jour de commémoration, il faut dire et répéter que la démocratie, fragile par ses valeurs de générosité, d'ouverture et de respect, devient forte, dès lors que l'unité, la résistance et la confiance dans la vie sont la réponse à la barbarie.

>R/.L'euthanasie choisie est un droit !

Vu de Belgique, la législation française n’est pas à la hauteur d’un Etat laïque. Ma soeur, Andrée, livrée à une souffrance sans nom, due à un cancer qui la condamnait à une mort certaine, a choisi, le 10 juin 2011, au CHU de Liège, d’être euthanasiée. Nous étions là, à ses côtés, et nous l’avons entourée de notre amour jusqu’au bout. Grâce à la loi belge, face à la maladie, elle est partie dignement, comme elle le voulait, et a pu triompher d’elle en exerçant son libre arbitre.

>R/.Commémorer c'est vivre !

Il y a tout juste cinq ans, le 19 mars 2012, à Toulouse, que l'islamiste, Mohammed Merah, massacrait à bout portant des enfants et leur papa juifs dans l'enceinte même de l'école Ozar Hatorah, rebaptisée depuis Or Torah. Ce terroriste inaugurait là une période noire de notre histoire.

                                                                   Nous n'oublions pas.        

>R/.Une campagne en ville !

J'ai toujours servi honnêtement les femmes et les hommes politiques pour lesquels j'ai collaboré. J'ai donné beaucoup de mon temps et de mes forces à ces princes qui nous gouvernent, pour, au final, me demander si tout cela en valait la peine. Quel a été l'impact de ce travail sur l'état démocratique de notre société ? Nul, assurément. Tandis qu'ils discouraient bien souvent avec mes mots, sur les podiums, estrades et pupitres de conférences, je recevais le mépris de l'orateur humilié, en coulisse, de ne pas être l'auteur de textes qu'il s'appropriait en public. C'était la règle et je l'ai toujours respectée. A la demande d'une ministre vindicative et antipathique, en mal de candidats pour une élection municipale, j'ai accepté de me présenter sur la liste du parti socialiste ucclois, en 2000. Livré seul à moi-même, sans aucune aide de l'idylle communale, afin de faire tout de même bonne figure, j'ai rédigé et financé ce folio quatre pages à compte d'auteur. Le soir, après mon travail et le week-end, je déambulais, toujours aussi seul, dans les avenues et rues de cette riche commune bruxelloise, jumelée avec Neuilly, davantage à l'écoute d'une droite libérale sans scrupule mais avec beaucoup d'argent. Pot de terre contre pots de fer, la majorité en place et la tête du PS, au final, je n'ai recueilli que 78 voix sur plusieurs dizaines de milliers. Conscient de la puérilité d'une telle expérience, j'ai rangé ma naïveté et le cynisme politique ambiant pour ne plus m'adonner à ce genre d'exercice ridicule parce que vain et vain parce que ridicule.       

>R & P/.Le singulier pluriel !

L'alphabet hébraïque, fort proche de l'alphabet grec, syriaque aussi, traduit une pensée autant spirituelle que philosophique. Ils témoignent du dialogue intense qu'ont entretenu les cultures à travers les siècles.

Ils sont singuliers et universels !

* Voir "Le destin de l'Occident, Athènes, Jérusalem", Jacques Attali et Pierre-Henry Salfati, Ed. Fayard. 

                                                                C'est l'enfant qui fait la judéité ! 

>R/.L'antisémitisme ou les bas instincts !

Je comprends parfaitement les personnes qui ne sont pas intéressées par la question de l’antisémitisme. Ce sujet les indiffère ou les embête, ne sachant démêler la dimension religieuse de celle de la culture, voire du politique. Je reconnais que tout cela n’est pas simple. Et pourtant, la haine du judaïsme, dans un premier temps, d’essence chrétienne, puis des Juifs, en tant que personnes, de l’extrême droite aux islamistes, en passant par l’extrême gauche, hante et pourrit notre histoire au moins depuis 2000 ans.

 Après tout, comme dirait l’autre, n’est-ce pas un peu de leur faute ? Ne l’ont-ils pas cherché quelque part ? Voyons les remarques, objections et préjugés rencontrés couramment.

 Voici ce que j’entends: Dans l’Antiquité, ils ont rejeté le paganisme comme pratique idolâtre et généralisée, s’excluant dès l’origine du reste de l’humanité. Ils ont préféré s’en remettre à un Dieu unique, quelle provocation dans un monde mono-polythéiste – voyez ce qui est arrivé au jeune Pharaon Akhenaton – un Dieu d’abstraction, invisible, infini et donc ouvert à une certaine vacuité. Allez comprendre comment on peut aimer un Dieu qui n’a pas de représentation matérialisée. Ils ont aussi renié le statut messianique de Jésus, pourtant un des leurs, donnant là l’occasion d’être persécutés tout au long du Moyen-Age et au-delà.

 Ils s’obstinent à appeler la Bible la Torah, et se permettent d’en faire des commentaires critiques nombreux et contradictoires. Ils appellent ça la Mishna, qui donna suite à la Gémara et au Talmud. Allez vous y retrouver dans cette complexité sans nom, en vérité, bien juive.

 Et cette obsession de la singularité; quand il eut été si facile d’abandonner pratiques étranges et symboles abscons. Je ne vous parle pas de leur incapacité à être assimilés par la majorité. Car enfin, se prétendre le peuple élu et ainsi se mettre au-dessus de la mêlée, c’est assurément tenter le diable. En disant cela, je ne suis pas antisémite pour autant. Passe encore leur folklore et leur musique, mais ils m’énervent avec toutes leurs simagrées. Et que dire du soutien inconditionnel des Juifs à l’égard d’Israël ? Je ne supporte pas ou plus "la politique des Juifs" au Moyen-Orient, cette manière qu'ils ont de traiter ces pauvres Palestiniens.

 

Commençons par la fin, le peuple palestinien n’a pas d’origine historique. Il s’agit d’une sous-composante du peuple arabe, appelée dans l’Antiquité Philistin, communauté tribale, comme tant d’autres, d’éleveurs de chèvres, de brebis et de vaches. La Palestine est le vocable employé par l’empereur Hadrien (Provincia Syria Palaestina), en 132, qui supprima toute référence à la Judée, afin de punir les Juifs de leurs révoltes (la guerre des Zélotes, 1er siècle, de Kitos, 2è siècle), à l’égard de l’occupation (voir « La guerre des Juifs », de Flavius Josef). Le patronyme « Palestine » qualifia ensuite cette région du Moyen-Orient, sans pour autant renvoyer à un peuple palestinien inexistant, qui plus est, à un quelconque Etat palestinien. Que du contraire, au XVIIIè siècle, il était courant de désigner les Juifs de « Palestiniens » (voir à ce propos « Anthropologie du point de vue pragmatique », d’Emmanuel Kant. Revenons à nos objections premières relatives au judaïsme. Le monothéisme du judaïsme laisse le croyant libre de sa représentation mentale, quand cette représentation ne se réduit pas à un espace fluide et poreux, entre croyance, agnosticisme et athéisme. Seules demeurent, et encore, pas toujours, des pratiques culturelles autant que cultuelles et communautaires, diversement inspirées des mitzvot mosaïques (selon la tradition, les commandements reçus et donnés par Moïse au peuple hébreu). Diversement, car plusieurs traditions et lecture traversent le peuple juif, allant des ultras-orthodoxes aux laïques, en passant par les orthodoxes, les conservateurs et les libéraux. Ensuite, le Talmud, somme gigantesque et dialectique qui pratique le libre examen avant la Lettre, ouvre grandes les portes de l’interprétation du Texte, de sa contextualisation, de son historicité et donc du refus de tout dogmatisme et glaciation. Rien n’est figé dans le marbre, tout est mouvement parce que la vie est mouvement. Qui peut en dire autant dans les traditions religieuses ? Quant à Jésus, chacun sait qu’il ne souhaitait pas fonder une nouvelle religion, encore moins une nouvelle Eglise, tout juste une nouvelle communauté de foi (les sectes juives sont nombreuses à l’époque). Il veut réformer la pratique du judaïsme (lui-même pratiquant assidu de la Loi juive), réformer, voire supprimer la manière dont les grands prêtres sadducéens du Temple de Jérusalem (le Grand Prêtre Caïphe) exerçaient leur magistère. L’épisode des marchands du Temple est parlant, car, à l’occasion des grandes fêtes juives, telles que Kippour et Pessah, le commerce (du bétail, entre autres) cohabitait avec la pratique religieuse, ce qui, pour un homme aussi spirituel que lui, probablement un Essénien du désert, était insupportable. Ceci explique en partie leur confrontation (voir l’Evangile de Mathieu 21.17). Cette opposition, autant liturgique que théologique, est par la suite instrumentalisée pour prétendre que les Juifs sont responsables de son procès romain et donc de sa mort. On connaît la suite. Rappelons également que l’Eglise romaine, après presque trois siècles de vifs débats quant au statut de Jésus, une fois religion d’Etat, après la conversion de l’empire romain au christianisme par Constantin, en 313, décide, lors du concile de Nicée de 325, convoqué à l’initiative de l’empereur, par un vote des évêques, qui risque de fracturer l’Eglise entre les partisans de l’essence divine du Christ et les fidèles à l’humanité de Jésus, représenté par le prêtre Arius, qui soutient la simple filiation entre le Père et le Fils, que Yéchou’a bèn Yosséf, Jésus, est bien fils de Dieu, Dieu lui-même, réunissant en son corps spirituel le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Afin de légitimer cette trinité, ils élaborent le concept, quelque peu polythéiste, de consubstantialité de l’essence du Christ (les trois ne font qu’un). Dès lors, les Juifs, qui ne reconnaissent à Jésus que le statut d’homme martyr, sont pourchassés, massacrés, déportés pendant des siècles pour cette seule raison. L’accusation ultime étant le crime de déicide, le meurtre de Dieu, rien que ça, puisque les Juifs, non Pilate et les Romains, avec ou sans le concours du grand prêtre Caïphe, sont coupables de sa mort ignominieuse. La Bible, la Torah, ce sont les Juifs qui l’ont écrite dans le sillage d’une longue tradition orale. L’Ancien Testament est le fondement de la Bible, celle-ci n’existe pas sans les cinq premiers Livres du Texte. Le Nouveau Testament est bien la tentative, quasi réussie, de supplanter la Torah, d’abolir l’Alliance d’Abraham avec le peuple juif, pour lui substituer la Nouvelle Alliance, celle du Christ avec son Père. L’expression « la nouvelle Jérusalem », chère aux Eglises chrétiennes, ne s’explique que par la volonté de dénier au peuple juif l’originalité et l’antériorité du message du Dieu unique, ne s’explique que par la volonté des Pères de l’Eglise de marginaliser l’acte fondateur israélite du monothéisme. C’est l’engagement du peuple hébreu, à la suite de Moïse, le Législateur, pour devenir le peuple juif, le peuple fidèle aux trois patriarches (Abraham, Isaac et Jacob, appelé Israël, le combattant) qui est visé. L’idée est de le remplacer dans l’esprit des croyants par un ersatz construit et diffusé largement. Comment ? En utilisant les contradictions et conflits internes au judaïsme primitif et de l’époque du Christ. Les Douze Tribus d’Israël, en réalité dix plus deux, avec la destruction des deux royaumes d’Israël et de Juda (- 720, par les Babyloniens, et - 586, par les Assyriens) s’émiettent en diverses sectes : les Esséniens, les Karaïtes, les Sadducéens, les Pharisiens, les Samaritains, les Zélotes, les Galiléens, les Nazaréens, les Génistes, les Méristes, les Baptistes, les Héllénistes etc. On peut même affirmer que les Chrétiens du 1er siècle sont une variante et composante juives. Le prosélytisme catholique (catholicos signifie universel) de l’Eglise post-constantinienne est avant tout l’affirmation d’une volonté politique romaine visant à renforcer l’unité de l’empire. Théodose amplifie la marche politico-religieuse de Constantin, en consolidant le christianisme comme religion d’Etat. Dès lors, il s’agit de trouver des marqueurs à la « Nouvelle Alliance ». On abandonne le jour du repos, le shabbat du samedi, toujours largement pratiqué dans les premiers siècles, pour le dimanche. La Pâque juive (commémorant la sortie d’Egypte du peuple hébreu) devient la Pâques chrétienne, avec s à Pâques, pour célébrer la Passion et la résurrection du Christ. La naissance de Jésus est fixée arbitrairement quasi à la même date que la fête païenne du solstice d’hiver. Il est établi aujourd’hui que « le Nazoréen » est né au printemps. Le lieu de sa naissance est fixé définitivement à Bethléem, et non Nazareth, comme ce fut très probablement le cas, ainsi que l’affirment nombre d’historiens. L’objectif est de faire coïncider cette venue avec celle annoncée dans l’Ancien Testament du Messie (son origine en hébreu signifie onction). D’où le procès d’illégitimité qui est fait aux Juifs et qui justifie les massacres, déportations et pogroms. La Shoah relève quant à elle à la fois de ce vieux cycle religieux anti-israélite, mais bien davantage de la tentative des nazis de convaincre l’Allemagne, l’Europe et le monde que les Juifs, parce que juifs, ne sont pas pourvus des critères de seuil d’humanité, n’appartiennent pas à l’humanité. Sauf que, quant aux pratiques et symboles du judaïsme, pour les comprendre, il faut se donner la peine de lire les textes et d’observer les pratiques s’y référant. Ainsi, les rituels prennent sens, comme dans toute tradition symbolique, dont la pratique égale la théorie. Rappelons que, contrairement au christianisme, qui est une orthodoxie, le judaïsme est une orthopraxie. Quant au peuple élu, cela n’a jamais signifié que le peuple juif était supérieur en quoi que ce soit aux autres peuples. Mais plutôt, selon les textes araméens et hébreux, qu’il était témoin pour l’humanité tout entière de l’œuvre de Dieu. Pour la tradition, le peuple juif est un passeur et un traceur universel. C’est en cela que son témoignage a valeur symbolique. Il est coutume de dire que le Juif est comme le canari dans la mine, il sert de lanceur d’alertes pour tous, dès lors qu’il y a danger et menace pour lui. Sauf que, il n'y a pas de "politique des Juifs"; ceux-ci étant un peuple et non un parti politique ou une coalition gouvernementale. Que l'on condamne les choix politiques à l'égard des Palestiniens du gouvernement de droite nationaliste et religieux de Benjamin Netanyahu est une chose légitime en démocratie. Israël est une démocratie et le débat intra-israélien est vif, voire brutal. Mais cette politique est le fruit incontestable d'un processus démocratique de l'Etat de droit israélien, à savoir, des élections libres. Ensuite, elle est l'expression d'une partie des Israéliens et non de tous les Israéliens, juifs et arabes. Enfin, la majorité des Juifs ne vit pas en Israël, mais dans la diaspora, et, parmi ces derniers, tous n'adhèrent pas à la conception des relations qu’entretient le premier ministre israélien avec les Palestiniens. Vous pouvez aimer passionnément la France tout en n’appréciant pas Nicolas Sarkozy ou François Hollande. Comme tout citoyen en démocratie, chaque Juif n'est pas redevable des décisions du gouvernement de son pays d’accueil ou de celui de Jérusalem. Pour ce qui concerne les Palestiniens, faut-il rappeler qu'il s'agit de savoir de quels Palestiniens on parle ? Certains, notamment au sein de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, se sont engagés dans un processus démocratique de reconnaissance de l'Etat de Palestine. Il faut soutenir cette démarche, sans pour autant perdre de vue que la légitimité et la sécurité d'Israël ne sont pas négociables. D'autres Palestiniens, non des moindres, tel le Hamas, organisation terroriste reconnue par l'Union européenne et les Etats-Unis, qui pactise en sous-main avec l'Etat islamique, fait de la destruction d'Israël son objectif central. Dès lors, comment négocier avec quelqu'un qui veut votre mort ? Il faut le dire, le répéter, l’antisémitisme n’est pas une opinion, contrairement à ce que certains discours laissent penser. L’antisémitisme est un délit sanctionné par la loi. Bien davantage, en puisant sa vitalité dans les plus bas instincts humains, l’antisémitisme est une monstruosité morale, puisqu’il fait de la haine viscérale de l’Autre, pour ce qu’il est et non pour ce qu’il fait, le cœur d’un ordre mortifère pour toute l’humanité. Le génocide juif a un précédent, le génocide arménien. Il a un successeur, le génocide rwandais tutsi …  Pour ceux qui veulent aller plus loin dans la compréhension de la complexité de l’antisémitisme, je conseille, notamment, de lire ou relire l’essai « Réflexions sur la question juive » de Jean-Paul Sartre. Vous pourrez y lire ceci: « (…) L’antisémite fuit la responsabilité comme il fuit sa propre conscience; et, choisissant pour sa personne la permanence minérale, il choisit pour sa morale une échelle de valeurs pétrifiées. (…) C’est en face du Juif que l’antisémite se réalise comme sujet de droit. (…) Ainsi l’antisémite a-t-il ce malheur d’avoir un besoin vital de l’ennemi qu’il veut détruire. (…) Il a la nostalgie des périodes de crise où la communauté primitive réapparaît soudain et atteint sa température de fusion. Il souhaite que sa personne fonde dans le groupe et soit emportée par le torrent collectif. C’est cette atmosphère de pogrom qu’il a en vue lorsqu’il réclame « l’union de tous les Français ». (…) Les Juifs ont un ami, pourtant: le démocrate. Mais c’est un piètre défenseur. Il proclame que tous les hommes sont égaux en droits, sans doute il fonde la Ligue des droits de l’homme. Mais ses déclarations mêmes montrent la faiblesse de sa position Il n’a pas d’yeux pour les synthèses concrètes que lui présente l’histoire. Il ne connait pas le Juif, ni l’Arabe, ni le Noir, ni le bourgeois, ni l’ouvrier: mais seulement l’Homme, en tout temps, en tout lieu pareil à lui-même. Toutes les collectivités, il les résout en éléments individuels. Un corps physique est pour lui une somme de molécules, un corps social, une somme d’individus. (…) Il s’ensuit que sa défense du juif sauve le Juif en tant qu’homme et l’anéantit en tant que Juif. (…) Cela signifie qu’il souhaite séparer le Juif de sa religion, de sa famille, de sa communauté ethnique, pour l’enfermer dans le creuset démocratique, d’où il ressortira seul et nu, particule individuelle et solitaire, semblable à toutes les autres particules. (…) L’antisémite veut détruire le Juif comme homme pour ne laisser subsister en lui que le Juif, le paria, l’intouchable. Le démocrate veut le détruire comme Juif pour ne conserver en lui que l’homme, le sujet abstrait et universel des droits de l’homme et du citoyen. On peut déceler chez le démocrate le plus libéral une nuance d’antisémitisme: il est hostile au Juif dans la mesure où le Juif s’avise de se penser comme Juif. (…) L’antisémite reproche au Juif d’être juif; le démocrate lui reprocherait volontiers de se considérer comme juif. Entre son ennemi et son défenseur, le Juif semble assez mal en point: il semble qu’il n’ait rien d’autre à faire qu’à choisir la sauce à laquelle ou le mangera. (…) La solution du problème réside-t-elle dans l’extermination de tous les Juifs ou dans leur totale assimilation ? ». Ni l’un, ni l’autre, évidemment. Mais la réponse à cette question est toujours problématique pour de trop nombreuses personnes, de l’extrême droite, à l’extrême gauche, aux islamistes. Quand le brun, le rouge et le vert se mélangent …

 Les vitraux de Chagall, ci-dessus, à l'Hôpital Hadassah de Jérusalem, au-delà de leur représentation des Douze tribus d'Israël, expriment l'aspiration universelle à la Lumière, ses variations d'intensité et de couleurs, signes visibles du mystère de la vie. 

>R/.P/.Les Brutus sont lâchés 

Je vous confie une réflexion et je ne sais si vous la partagerez. Aujourd'hui, ce n'est plus seulement les médias, la justice et les adversaires politiques qui chargent François Fillon, ce sont ses propres amis de parti, Les Républicains, qui l'attaquent et veulent le réduire au silence. La pire des meutes qui soit n'est-elle pas celle des siens, qui, parce qu'ils se sentent eux-mêmes en danger par le comportement du fort devenu faible, se retournent contre lui, ce frère de combat, et se transforment en ennemis déchaînés et implacables ? N'est-ce pas ce qui arrive maintenant au candidat de la droite ? Une droite dont la culture du chef et de l'instinct grégaire a toujours favorisé, pas exclusivement mais plus qu'ailleurs, la lutte à mort entre leaders. Ce n'est pas beau à voir. C'est là où l'on s'aperçoit que l'anthropomorphisme inversé, appelé thérianthropie, des êtres humains sur les animaux, structure leur stratégie, en mettant au diapason la raison et les instincts. 3 mars 2017.

>P/.Un projet novateur pour la France et l'Europe !

Ce matin, Emmanuel Macron présente son projet de contrat avec la nation. Dans ses 32 pages, qui sont un résumé, partant d'une analyse réaliste, pragmatique des réalités de terrain de la France, il y a là de quoi bouleverser bien des conservatismes, de gauche comme de droite. Outre la cause nationale de l'égalité homme/femme, six chantiers constituent l'architecture du projet: l'éducation, la société du travail, la modernisation de l'économie et de la société, le renforcement de la sécurité de la nation, le renouveau démocratique et la cohérence de la politique européenne et internationale. Inévitablement, nous le savons, il y aura des déçus, des mécontents, de part et d'autre. C'est le prix à payer pour transformer radicalement une France arc-boutée sur des privilèges sociaux, économiques, culturels et politiques qui n'ont plus leur place en 2017, au XXIème siècle. Car la France n'aime pas être réformée; elle a pourtant un besoin structurel d'être transformée. Comme quoi, contrairement à ce que d'aucuns prétendent, Emmanuel Macron ne veut pas faire plaisir à tout le monde. Désormais, personne ne pourra plus dire qu'il n'a pas de programme, ce qui était déjà faux, lorsque l'on se donnait la peine de lire ses nombreuses propositions déclinées ces derniers mois. Ce qui est sur la table, il faut que les citoyens, qui veulent changer radicalement la gouvernance du pays et qui croient dans un projet européen de relance et de solidarité, se rassemblent, s'emparent dès aujourd'hui du projet et le fassent connaître partout. Il s'agit d'une véritable révolution démocratique citoyenne. Elle est en marche. Elle ne s'arrêtera pas le 7 mai prochain, avec l'élection à la présidence de la République d'Emmanuel Macron. Tout ne fera que commencer et ce ne sera certainement pas une sinécure. L'objectif permanent des nouvelles politiques publiques qui seront mises en œuvre, dont la progression fera régulièrement l'objet d'évaluations tous azimuts, sera d'inscrire la trajectoire de la France dans l'esprit de conquête, de modernité et d'un nouveau contrat social et économique. 02/03/17.

>R/. François Mitterrand à la rose fanée !

        Longtemps, je fus fasciné davantage par la personnalité de François Mitterrand que par son socialisme. 

                                                        Le crépuscule du socialisme de rhétorique  

En cette période de commémorations multiples - c'est vrai, fort nombreuses, sans doute trop nombreuses; j'observe cependant qu'elles apportent du réconfort aux victimes du terrorisme et constituent un matériau mémoriel signifiant pour les générations futures - celle de la mort de François Mitterrand, inévitable après plus de vingt ans, m'indispose particulièrement. Depuis son meeting à Angleur (Liège), en 1973, avant donc qu'il ne soit président, devant mon actuel domicile, dans le parc du Théâtre de Verdure, derrière le château de Peralta, j'ai fait partie de la génération Mitterrand, mitterrandolâtre plus que mitterrandophile, et lecteur assidu de ses essais, romans et biographies. Son socialisme électoral ne me séduisait pas. Bien plus, sa personnalité, que je croyais cerner, me fascinait. Je crois avoir tout lu sur lui et je croyais tout connaître de sa vie riche et romanesque. J'avais même eu le privilège, pensais-je, de lui serrer la main, de l'approcher aussi, aux côtés de mon patron d'alors, Jean-Maurice Dehousse, premier ministre-président de la Wallonie, lors de sa visite en Belgique et à Liège, en octobre 1983. Jusqu'au moment où la biographie de Pierre Péan, "Une jeunesse française", en 1994, dévoila le passé trouble de l'homme à la rose. Pour paraphraser Thierry Le Luron, je dirais l'encombrant, c'est la rose . Car oui, il devint difficile de respirer le parfum moisi de la rose de Mitterrand. Sa présence, en 1934, dans les manifestations des ligues fascistes françaises, sa collaboration à Vichy pendant 18 mois, fût-elle mineure, comme il le soutint, sous et avec Pétain, avant de rejoindre la résistance en 1943, qu'il ne faut pas sous-estimer, et surtout, sa relation amicale, très tardive, avec René Bousquet, ex-secrétaire général à la police de Vichy, sous gouvernement Laval, et organisateur, à ce titre, de la rafle du Vél' d'Hiv, tout cela, révélé par la somme de Pierre Péan, me plongea dans une désolation dont la profondeur n'eut d'égale que ma passion pour l'homme. Cette rafle permit la déportation dans les camps d'extermination de plusieurs milliers de Juifs étrangers, pour la plupart réfugiés en France. Meurtri par ces révélations, qui n'en étaient pas pour son entourage proche, je fus d'autant plus choqué que je m'aperçus que ses collaborateurs et anciens ministres d'origine juive, je pense à Jacques Attali, Robert Badinter et Laurent Fabius, en particulier, n'étaient pas, eux, informés de ces  épisodes de la vie de leur maître et patron. Il paraît que le général de Gaulle en fut saisi, lors de la campagne présidentielle de 1965, qui l'opposa au second tour à François Mitterrand, mais qu'il n'en usa pas contre son adversaire ... Le sentiment de trahison était grand chez ces hommes, qui aimaient François Mitterrand et pour lequel ils avaient beaucoup donné. La communauté juive était sous le choc et ne cachait pas sa colère. Perdant mes illusions sentimentales plus que socialistes, beaucoup d'autres déceptions sont venues grossir ensuite le flot des regrets et des remords. Je me suis intéressé de plus près au Mitterrand garde des Sceaux de 1956. Il avait été ministre de l'intérieur au début de l'insurrection algérienne. Là, face aux revendications d'indépendance, il avait plutôt enfilé les habits du modéré. A la justice, tout change, on en est plus à une révolte mais à la guerre d'Algérie. Il devient intraitable avec les nationalistes algériens et, selon les dernières recherches des historiens (voir l'hebdomadaire "Le Point", du 15 octobre 2010, "Le dernier tabou de Mitterrand" et la biographie de François Malye et Benjamin Stora, "François Mitterrand et la guerre d'Algerie", 2012), qui révèlent que l'homme, qui a fait abolir la peine de mort en 1981, est aussi celui qui ne s'est pas opposé à la guillotine pour 45 nationalistes algériens, en cette même année 1956. C'est alors que je me suis souvenu que dès son élection à la présidence de la République, le 10 mai 1981, François Mitterrand s'empressa de faire voter par l'Assemblée nationale la loi d'amnistie des généraux putschistes d'Alger de 1961. Cet homme a fait de belles choses, c'est vrai, au premier rang desquelles l'abolition de la peine de mort, la décentralisation, les grands travaux à Paris, ses discours à la Knesset, à Jérusalem, sur la double reconnaissance de la légitimité et de la sécurité d'Israël et des droits des Palestiniens à disposer d'un État; à l'hôtel de ville de Bruxelles, sur la nécessité pour l'Europe de se défendre face à la menace soviétique, au Bundestag, à Berlin, sur la réunification de l'Allemagne et donc de l'Europe. Je pense que nous devons lui en savoir gré. Mais la face sombre du personnage restera une tâche indélébile, qu'aucune commémoration hagiographique ne pourra effacer.

Liège, 10 janvier 2017.

                                                                                                                                                    Commémorer n'est

                                                                                                                                                         pas oublier !