Le  coin de vue  

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           Ce sont les idées qui doivent débattre entre elles,

          non les personnes qui doivent se battre entre elles !

                                                            A Sarah, ma fille tant aimée !

>Moi, Roland D, je ne fais que passer ...

Il y a l'égo, celui du temps qui passe. Il y a l'écho, celui du temps passé. Je ne fais pas exception. Je vais mourir. Je n'ai pas peur, si ce n'est la souffrance et la vieillesse. "Mourir, cela n'est rien, mais vieillir ...". Une vie entière à apprivoiser ce qui, dans l'enfance, est réservé aux vieux, à l'adolescence fascine, à l'âge adulte rôde autour de soi plus qu'en soi, jusqu'au moment où l'extinction des autres et surtout des siens, comme une lancinante ritournelle, contamine l'être tout entier. Un travail est nécessaire. Vivre avec. Oui, mais en quelle compagnie ? Je veux dire de quels moyens humains disposer pour, si pas se réjouir, du moins se satisfaire du sort de soi. Nous n'avons que nous. La solitude est une amie qui ne fait pas de cadeaux. Elle est ontologique à l'existence. Elle est bienveillante et cruelle. Compagne au long cour, nous gagnons à l'écouter chaque fois que la fureur du monde nous emporte. A l'heure d'écrire ces lignes, j'ai 62 ans et, banalement, je me retourne. Ce fut enchanteur mais également difficile. La naissance, avec l'argent, est le plus injuste des héritages. Son tempo et son lieu sont une loterie dont on ne se remet pas. Naître est un destin que seule l'éducation peut contourner sans l'effacer, elle-même dépendante des circonstances. Double handicap, pour les uns, chance renforcée pour les autres. Quand ai-je pris conscience de la condition humaine, devrais-je écrire de la comédie humaine ? Ou plutôt, quand ai-je appris à prendre conscience du poker menteur qui se joue entre le hasard et la nécessité ? A table, avec des domestiques. Je me souviens. J'avais 12 ans. Le beau-père de ma soeur, Andrée, industriel et châtelain de son état, avait décidé de m'interdire l'accès aux dîners qu'il acceptait d'offrir aux personnes de sa condition. Pendant que ces gens ne refaisaient pas le monde, car il les comblait, attachés à leur rang comme une selle à sa monture, devisant entre deux Haut-Brion, j'apprenais ma leçon de classes en partageant une assiette de charcuterie avec le personnel de Monsieur: Arnold, le chauffeur, Justine, la femme de chambre de Madame et Marie, la cuisinière joufflue. Ce n'était pas désagréable. Ils étaient gentils et prévenants. Etait-ce parce que j'étais le petit frère de la belle-fille de Monsieur ou parce que je ne leur étais pas tout-à-fait étranger ? A la maison, chez mes parents, bien que d'un milieu de la classe moyenne, nous n'avions ni chauffeur, si ce n'est papa, ni une aussi grande cuisine pour y faire des repas que nous ne mangions pas et y loger trois serviteurs. Ainsi, je découvris que l'argent avait le pouvoir d'acheter des biens, mais encore des personnes et que celles-ci, par la magie d'un ordre qu'on eut dit naturel, en étaient satisfaites. Cette expérience originelle est le marqueur de ma conscience politique. Les années qui suivirent renforcèrent ma conviction que la violence du déterminisme social était insupportable. Je n'ai pas changé, rebelle je fus, rebelle je reste. Toutefois, ma révolte intime, celle qui puise son énergie dans l'expérience de l'humiliation, n'emprunte plus les mêmes chemins. J'ai renoncé depuis longtemps au vocabulaire flamboyant d'une certaine gauche, qui se fait plaisir en ignorant la lucidité. J'ai cessé d'affronter les moulins à vent qui tournaient dans ma tête sans rompre avec la quête. Je n'ai jamais cru à la révolution marxiste. Même communiste, dans mes jeunes années, j'ai combattu cette conception, en dernière analyse, comme ils disent, simpliste et donc totalitaire. Elle réduit l'Homme à sa dimension organique, en oubliant son aspiration légitime au bonheur personnel. Il doit y avoir une issue positive à la cohabitation de l'individu et du collectif. Une autre bataille que je crois gagnable, qui a divisé depuis trop longtemps la gauche et la droite, c'est la conciliation des exigences sociales dues aux travailleurs avec les impératifs économiques des entreprises. A l'aube de la vieillesse, je ne donne mon enthousiasme qu'au respect du réel, sans renoncer à l'aspiration d'un meilleur possible. Ici même, je souhaite laisser de mon passage le témoignage d'un homme qui aura vécu les épisodes contrastés de sa vie avec passion et impatience. Je garde la première, car elle continue à nourrir mes désirs et mes rêves. J'abandonne la seconde, à qui voudra la chevaucher, parce qu'elle ne fait plus sens à mes yeux. Lire comme écrire sont des actes d'amour. Alors, chers amis, aimez, mais pas trop tard.                                                                                                                                                         

>Fenêtre sur jours ...

 

>L'An prochain à Tel Aviv et aujourd'hui ? 

 

La décision du président américain, Donald Trump, de transférer l'ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, sur le terrain, ne change rien à la situation. En revanche, symboliquement, elle constitue une provocation bien inutile à l'encontre des Palestiniens et du monde arabo-musulman. Ne change rien, car dès 1949, toutes les institutions nationales israéliennes ont été fixées à Jérusalem, dans un premier temps, pour la seule partie ouest de la ville, à partir de 1967, pour l'ensemble. Le gouvernement comme la Knesset, le parlement, siègent dans la Ville Eternelle, sans reconnaissance de l'ONU depuis cette époque. Israël est donc le seul pays au monde à ne pas pouvoir choisir l'emplacement de sa capitale sans subir la condamnation de la communauté internationale. Remarquons que rien n'empêchera une autre administration américaine, dans trois ou sept ans, de déménager à nouveau son ambassade sur la côte méditerranéenne. L'An prochain à Tel Aviv . Tout ceci montre à quel point la symbolique rend fou et tourne le dos au réalisme. Provocation, car chacun sait que la solution à deux Etats, seule hypothèse viable à moyen et à long termes pour les deux peuples, passera nécessairement par le choix de faire de Jérusalem la capitale des deux entités, l'Ouest, pour Israël, l'Est, pour la Palestine. La commémoration du 70ème anniversaire de l'Etat juif a donné lieu à des festivités en Israël et dans toute la diaspora juive. En face, cette date rappelle aux Arabes de Palestine ce qu'ils ont appelé, dès 1948, la "Naqba", la catastrophe. Rappelons que la Palestine, terme dérivé du peuple philistin, éleveur de chèvres au Moyen-Orient sous l'empire romain, n'a jamais existé et que cette appellation a été imposée en lieu et place de la dénomination historique de Judée, en 135, par l'empereur Hadrien, afin de punir les Juifs de leurs révoltes. Mais, qu'on le veuille ou non, d'autres peuples que le peuple juif ont occupé cette terre depuis des centaines d'années, voire des milliers. Alors que les Juifs faisaient l'objet de persécutions, de massacres et de déportations, laissant le terrain à d'autres, sous la contrainte et la violence, à savoir, entre autres, les Arabes, émigrés en "Terre Sainte" au cours de l'expansion musulmane des VIIème et VIIIème siècles, ils s'y sont installés, en livrant parfois bataille contre les royaumes chrétiens d'Occident, et y ont construit leur vie sur des dizaines de générations. Reste que les Palestiniens sont arabes et qu'ils ont hérité d'un patronyme qui n'est pas le leur. Reste qu'ils sont là aux côtés des Juifs, qui, eux, sont revenus en Palestine, dès le XIXème siècle, sous l'empire ottoman, puis sous le mandat britannique, avant, pendant et après les deux guerres mondiales du XXème siècle. C'est un fait historique. Le bon sens et la justice commanderaient aux deux peuples et à leurs responsables qu'ils trouvent un compromis, afin qu'ils puissent cohabiter le plus raisonnablement possible. Les manifestations du Hamas à la frontière entre Israël et Gaza sont une autre provocation. Il n'y a pas de doute la-dessus. L'organisation terroriste sunnite et les Frères musulmans profitent de la commémoration de la création d'Israël et du transfert de l'ambassade américaine pour pousser les Gazaouis à l'affrontement avec l'armée israélienne. Sachant très bien que ces provocations auront comme réponse des tirs nourris des soldats de Tsahal, mais que les victimes seront utilisées à des fins de propagande. Stratégie bien connue qu'ils appliquent depuis des décennies. Mais alors pourquoi Israël tombe-t-il dans le piège si facilement ? Bilan de la journée du 14 mai, 60 morts et 2000 blessés. C'est choquant, car Israël sait parfaitement protéger son territoire et empêcher les provocations par d'autres moyens que létaux. Les jeunes militaires israéliens sont-ils pris de panique ? Ne maîtrisent-ils pas la force que leur patrie met entre leurs mains ? Ou leur commandement leur donne-t-il des instructions d'homicides volontaires ? Quelle que soit la réponse, elle est inquiétante. Elle montre un Israël fébrile et fragile, incapable d'intégrer à sa vision des choses le regard de l'Autre. Ce qui, rappelons-le, est la quintessence même du judaïsme. Il faut absolument en revenir à une désescalade progressive, tant dans les paroles que dans les actes. Ce n'est visiblement pas la volonté actuelle des Palestiniens et des Israéliens. Il n'y aura pas de miracle, tout le monde le sait. On ne peut que le regretter et appeler les deux parties à la réserve, dans ce moment d'extrêmes tensions tous azimuts au Moyen-Orient. Israël doit vivre et se donner les moyens d'en assurer la condition. Les Palestiniens ne doivent pas mourir et renoncer à sacrifier leur jeunesse sur l'autel de martyrs instrumentalisés. 15 mai 2018.     

 

>Happy Birthday Israël ! 

 

70 ans après, Israël demeure pour nombre d'Etats et de personnes dans le monde une anomalie, voire une impureté au Moyen-Orient. Le peuple juif a trouvé en Eretz-Israël cette terre promise qu'il chérissait déjà il y a 3500 ans. Entre Méditerranée, Jourdain, Mer Rouge, Golan et Sinaï, d'autres peuples y ont également vécu. Ils ont pour la plupart disparu, dont les Philistins. Les Juifs sont toujours là, après, pourtant, bien des occasions de disparaître à leur tour, suite aux massacres, pogroms, déportations, exils et Shoah. Les Arabes, les frères sémites, sont venus au VII ème siècle propager leur idéal religieux en recourant au concept de djihad. Au XIX ème siècle, l'anti-judaïsme, dévastateur depuis des centaines d'années, laisse la place à l'antisémitisme. Le premier se nourrit à l'accusation de crime déicide à l'égard de la personne de Jésus, terrible accusation proférée par un christianisme haineux. Au XXI ème siècle, fort heureusement, les choses ont bien changé; les gestes forts de réconciliation de l'Eglise catholique sont venus cicatriser les plaies anciennes. Le second puise son infinie et mortifère énergie autant dans le fantasme que la conviction que naître juif est impardonnable. Le nazisme et son obsession du complot juif ne viennent donc pas de nulle part. Après la Seconde Guerre mondiale, sous la pression des mouvements sionistes et, à n'en pas douter, d'une culpabilité inavouée, la communauté internationale, après bien des rejets et des hésitations, finit par prendre acte de la nécessité de la création d'un Etat hébreu aux côtés d'un Etat arabe palestinien. Le premier est crée le 14 mai 1948. L'autre toujours pas. A qui la faute ? Les pays arabes, à l'ONU, votent contre l'avènement d'Israël et sacrifient ainsi l'Etat palestinien, car le binôme est lié. Dès la première année d'existence, l'Etat juif se voit agressé par une coalition de pays arabes. Ils remettront les plats plusieurs fois. Sans succès. Israël fête aujourd'hui son 70ème anniversaire sous tension. Comme toujours. Ses ennemis n'ont pas désarmé. Reste qu'il faudra un jour négocier une paix durable avec le monde arabo-musulman et reprendre le dialogue sur la création d'un Etat palestinien viable et démocratique. Il y faudra de la volonté, du courage, des sacrifices et des preuves tangibles de bonne foi. Quant à l'Iran des mollahs islamistes, qui signifie, eh oui, "le pays des Aryens", il apparaît aujourd'hui comme l'incarnation de la menace. Ce qui fut une grande civilisation, la Perse, devra donner quant à elle plus que des gages pour convaincre Israël de sa volonté de cohabitation pacifique. Nous en sommes très loin. En attendant, sans approuver la politique aberrante de l'actuel gouvernement israélien, je salue nos frères d'Eretz-Israël. Je me réjouis de partager avec eux ma joie de voir une si jeune nation aussi dynamique, inventive et forte. Je veux croire que les Pères fondateurs laïques, au premier chef desquels, David Ben Gourion, en sont fiers, malgré les défauts, les erreurs, les fautes, les doutes et les errements. Mais quelle réussite à l'échelle de l'histoire ! 14 mai 2018.     

 

>Le libre examen de "l'Université Libre de Bruxelles" a bon dos !

                                         Notre ami, Joël Kotek, professeur d'histoire à l'ULB et spécialiste de la Shoah.

L'affaire Ken Loach !

 

"Nul n’est prophète en son université. J’ai beau être le seul titulaire d’un enseignement sur la Shoah dans une université bruxelloise bien connue (je ne vous dirai pas laquelle), j’ai beau avoir travaillé quatre ans au Mémorial de la Shoah à Paris, j’ai beau être consultant auprès de multiples organismes internationaux, tels l’UNESCO et le Conseil de l’Europe, mon autorité académique n’a pas songé à solliciter mon avis dans l’affaire Ken Loach. Pourquoi prendre le risque d’un avis critique sachant qu’il ne manquait pas de volontaires à conforter par principe, esprit de corps ou ambition la doxa ?

 

 

C’est ainsi qu’on entendit un spécialiste du judaïsme consistorial conforter sur les ondes de la RTBF, à l’insu de son plein gré, la thèse, que dis-je la fable de la collusion des sionistes avec les nazis. A l’entendre, on eut presque soupçonné Mordechaj Anielewicz, le commandant (sioniste) de la révolte du ghetto de Varsovie, d’avoir été un agent nazi.

Arrêtons le délire. Je ne reviendrai pas, ici, sur le grotesque de cette post-vérité, sinon pour rappeler, une nouvelle fois, que ce furent les Soviétiques, et non les sionistes, qui pactisèrent jusqu’en juin 1941 avec les nazis, tandis que la Belgique était envahie puis occupée, que ce furent les trotskystes qui refusèrent de s’engager jusqu’au début 1944 dans la résistance armée, que ce fut encore une bonne partie des élites du monde arabo-musulman qui rêvèrent d’une victoire des nazis. Ainsi d’Anouar El Sadate et du premier représentant de la Palestine, le Grand mufti de Jérusalem El Husseini qui passa toute sa guerre à Berlin, protégé par le chef de la SS, Heinrich Himmler.

L’un des mécanismes clef de l’antisémitisme étant l’effet miroir qui consiste à projeter sur l’Autre ses propres errements, il n’est pas surprenant que ce mythe ait été repris tant par la droite que la gauche radicales. Car de quoi cette fable est-elle le nom, sinon précisément des compromissions avec le nazisme, ici, des mouvements nationalistes (Flandre, Croatie, Hongrie, etc.), là, de l’Internationale communiste ou encore de dirigeants arabo-musulmans (Iran, Irak, etc.). A toutes fins utiles, rappelons que tandis que le Mufti de Jérusalem levait une légion musulmane en Bosnie, les Juifs palestiniens s’engageaient du côté des alliées dans la 8e armée britannique, détail qui a vraisemblablement échappé deux Ken L.  

Hitler, face au sionisme et au monde arabe

Les faits ont beau être têtus, cela n’empêcha nullement un autre de nos clercs, et non des moindres pour compter parmi nos meilleurs écrivains, à avancer, dans la presse écrite cette fois-ci, qu’il était logique de qualifier Hitler de sioniste et ce, à la suite de Ken Livingstone, compte-tenu de l’accord dit de transfert (Haavara) conclu entre l’Etat nazi et le mouvement sioniste allemand.

Si personne ne nie la réalité de cet accord de pure circonstance que les sionistes se résignèrent à signer, en août 1933, avec l’Allemagne nazie, il faut en comprendre le sens. Comme je l’ai déjà écrit auparavant, l’objectif premier des nazis était non seulement de se débarrasser de leurs Juifs à bon compte, contre spoliation, mais aussi de pousser les Palestiniens à la révolte contre des Britanniques décidément incapables d’enrayer l’afflux massif de réfugiés juifs. L’espoir des nazis était de rééditer le coup de Lawrence d’Arabie mais cette fois-ci à l’envers, contre la Grande Bretagne. On se souviendra que la grande révolte arabe de 1936-1939 contraignit précisément le gouvernement de sa Majesté à interdire toute immigration juive en Palestine (livre blanc de 1939), condamnant les Juifs européens à mort.

Hitler sioniste ? On a fait mieux ! La question reste entière : comment expliquer que les sionistes ne renoncèrent pas, en 1933, à signer un accord qui n’avait plus rien à voir avec celui qu’ils avaient négocié, deux ans plutôt sous la République de Weimar pour favoriser l’émigration juive ? Tout simplement parce qu’ils n’avaient pas le choix. Conscients des menaces qui pesaient désormais sur leur avenir, ils se résignèrent non sans audace à négocier avec le diable nazi. C’est cette audace qui leur permit de sauver quelques 55.000 Juifs d’une mort certaine et ce, jusqu’à ce que les Britanniques cadenassent en 1939 la Palestine du fait de l’hostilité des Arabes à toute idée d’accueil. Ce marchandage désespéré, qui s’apparente à bien y penser, aux rachats des esclaves chrétiens capturés par les pirates barbaresques, ne s’apparente évidemment en rien à un accord entre égaux tel que le fut précisément le pacte germano-soviétique.

Enfin, s’il fallait suivre le raisonnement de notre historien d’un jour, Hitler ne devrait pas seulement être qualifié de sioniste mais encore et surtout de communiste pour avoir pactisé avec Staline et ce dernier, tout comme Daladier et Chamberlain, de… nazi pour les mêmes raisons. On pourrait pousser la logique en qualifiant encore Hitler de Palestinien pour avoir accueilli, logé et nourri, durant toute la Seconde Guerre mondiale, à Berlin au cœur même du Troisième Reich, Hadj Amin El Husseini et pourquoi pas Staline de… sioniste pour avoir forcé les Tchèques à livrer l’armement qui permit aux Israéliens de repousser en 1948 les attaques des cinq armées arabes. Evidemment, tout cela n’a pas de sens[1].

Pour conclure sur la prose de ce brillant écrivain, qui se pique toujours de faire la part des choses, oserais-je dire en bon jé(w)suite, je dirais qu’il est dommage qu’il n’ait pas pris la peine de consulter Mein Kampf (en ligne sur le site radio-islam) pour s’assurer de l’antisionisme viscéral du dirigeant nazi. Que nous dit Hitler dans sa bible programmatique, d’abord, que le sionisme avait été inventé par les Juifs pour « duper encore une fois les sots goyims de la façon la plus patente », enfin que les sionistes n'avaient « pas du tout l'intention d'édifier en Palestine un Etat juif pour aller s'y fixer » qu’ils avaient « simplement en vue d'y établir l'organisation centrale de leur entreprise charlatanesque d'internationalisme universel ». 

Cette weltanschauung résolument antisioniste explique pourquoi ce n’est pas en Palestine que les nazis envisagèrent de « réinstaller » les Juifs européens une fois la victoire acquise sur les alliés, mais tantôt à Madagascar, tantôt dans les confins russes. Le Troisième Reich est tout acquis aux Arabes comme en témoignent notamment les caricatures publiées entre 1933 et 1945 dans le périodique illustré nazi Kladderadatsch sur lequel je travaille depuis des années. Bref, que l’on considère ou non, Israël comme un Etat illégitime, les faits restent les faits : le mouvement sioniste ne collabora pas avec les nazis.

Comme le rappelle l’historien des idées Yves Chevalier, le mythe de la collaboration des sionistes et des nazis est d’origine soviétique. Dans la Pravda du 17 janvier 1984, V. Bochkov, dans un article intitulé Fascisme et sionisme, les racines d’une parenté, rappelait le « marché » de Kastner avec Adolf Eichmann. A le lire, le résultat de ces négociations fut de vouer à la mort des Juifs « inutiles » aux yeux des sionistes et ce pour sauver les Juifs « utiles », c’est-à-dire les militants sionistes et leurs soutiens financiers. De ce fait, les sionistes ne seraient pas seulement coupables de tirer profit des victimes de la Shoah mais seraient aussi coupables de collaboration directe avec Hitler dans l’extermination. Notre expert soviétique présentait encore Israël comme l’Etat de la bourgeoisie juive, d’où celle-ci peut à loisir menacer et agresser, avec l’aide des Etats-Unis, les forces progressistes et anti-impérialistes. C’est exactement la thèse défendue par Ken Loach.

Permettez-moi de préciser ici que cette fable relève bien du négationnisme dans la simple mesure où le négationnisme ne consiste pas seulement à nier la Shoah mais encore à la minimiser, à la justifier, par exemple par la mise en avant de faits totalement erronés, qui pourraient justifier par exemple l’antisémitisme du genre « les Juifs ont activement collaboré à leur propre destruction ». Ce n’est pas sans raison que les négationnistes sont qualifiés de falsificateurs de l’histoire et que le discours de la négation de la Shoah est considéré comme l’une des formes contemporaines de l’antisémitisme.

Loin de moi l’idée qu’il n’y eut pas de Juifs qui collaborèrent objectivement avec les nazis pour sauver leur peau et/ou celle de leurs proches, mais cette terrible et complexe réalité n’a rien à voir avec le sionisme ou la légitimité d’Israël. Quant à Hannah Arendt que l’on aime tant citer à charge, rappelons qu’elle travaillait précisément, au temps de l’accord de transfert, pour le mouvement sioniste, ainsi au sein de l’Alyah des Jeunes qui préparait précisément les candidats à l’immigration en Eretz-Israël. La philosophe allemande accompagna même en 1935 un groupe d’adolescents en Palestine mandataire.

Le pourquoi de notre pétition : la défense de Brand et Kastner, pas de Netanyahou !

Il n’y a pas lieu de chercher ailleurs que dans les prurits négationnistes de la gauche radicale britannique, l’origine du mouvement bruxellois de contestation à Ken Loach. Ce sont bien les mensonges aux relents négationnistes qui sont à l’origine du courroux d’un certain nombre de citoyens envers une université qu’ils chérissent et entendent simplement protéger contre… elle-même. N’est-ce pas cette même ULB qui envisagea d’accueillir le « comique » Dieudonné ? Nous l’en avons heureusement empêché !

Pourtant, cela n’a pas empêché les partisans de Ken Loach de nous caricaturer, à nous présenter comme des cracheurs-dans-la-soupe, comme des partisans de Netanyahou et, comble de l’ironie, des tories britanniques. A les lire, les signataires s’opposeraient à Ken Loach compte-tenu de son seul soutien à la cause palestinienne, voire à son engagement au sein de la gauche du Parti travailliste britannique.

Ces accusateurs feignent évidemment d’oublier que le CCLJ est partisan depuis plus de 50 ans d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël (demandez le programme à Simone Susskind !), que nos 1.700 signataires (avérés) sont issus de tous les horizons politiques, religieux et philosophiques. Pensent-ils réellement qu’Elie Barnavi, Eddy Caekelberghs, Guy Haarscher, Claude Javeau, Pierre Mertens, François Englert seraient des soutiers de la révolution conservatrice mondiale ? Croient-ils sincèrement que les organisations représentatives arméniennes, araméennes et tutsi, qui ont soutenu l’appel, seraient réellement liées au lobby likoudnik ? Soyons sérieux, ces accusations procèdent ni plus ni moins d’une insondable mauvaise foi, en laissant croire que nous serions opposés par principe à toute critique d’Israël et de son gouvernement.

Or, contrairement à ce qu’affirment nos contempteurs, les maîtres d’œuvre de la pétition tiennent pour acquis que l’on puisse critiquer la politique du gouvernement israélien et ce, sans que l’on puisse être suspect d’antisémitisme. A mon avis, les pétitionnaires seraient même en leur majorité fermement opposés à la politique suicidaire menée par le gouvernement Netanyahou.

Antisionisme radical et antisémitisme

Il existe évidemment différentes formes d’antisionisme, dont l’antisionisme dit radicalqui constitue, lui, un avatar de l’antisémitisme. En quoi l’antisionisme radical tient de l’antisémitisme ? Tout simplement pour reprendre ses codes, son vocabulaire, sa grammaire, ses obsessions ! Pour aller à l’essentiel, contentons-nous ici de revenir sur la définition de travail de l’IHRA (l’International Holocaust Remembrance Alliance), adoptée notamment par le Parlement européen et certains Etats tel l’Allemand fédérale. Comme le souligne cette définition, les attitudes et les expressions antisionistes et/ou anti-israéliennes doivent être considérées comme antisémites à partir du moment où l’Etat juif,

§  est posé en Juif des Nations,

§  est accusé d’être responsable des malheurs du monde,

§  est jugé selon des critères différents des autres pays (double standard qui explique le boycott des seuls produits, artistes et universitaires israéliens),

§  assimilé au nazisme.

Non sans raison cette définition pose l'antisionisme radical en dernier avatar de cet habitus occidental à faire du Juif le principe du mal. En résumé, s'il peut arriver que l'accusation d'antisémitisme serve à exercer un chantage moral sur les opposants à la politique israélienne, l'antisionisme radical tient bien de l'antisémitisme de par son obsession d’Israël, ses références à la théorie du complot (les sionistes qui entendent détruire le Labour) et ses représentations fantasmatiques du Juif sioniste.

Cette vision gauchiste du sionisme relève bien de l’antisémitisme ordinaire comme le souligna, voilà exactement 50 ans le révérend Martin Luther King. En réponse à un jeune étudiant qui dénonçait le sionisme, il lui fit cette réponse que nombre de mes contemporains devraient méditer : « Ne parlez pas comme ça. Lorsque les gens critiquent les sionistes, ils sous-entendent les Juifs. Vous parlez  comme un antisémite ».

Antisémitisme de gauche : un impensé gauchiste

Or, précisément certains de nos contradicteurs nous ont attaqués pour avoir convoqué la notion d’antisémitisme de gauche. A les suivre, Ken Loach, du seul fait qu’il serait progressiste, c’est-à-dire du côté du Beau, du Bon, du Vrai, du Juste, ne saurait ontologiquement être suspecté d’antisémitisme.  Aux yeux de ces borgnes - ils ne voient en effet que d’un seul œil-, la haine des Juifs est étrangère, par définition, à l’extrême-gauche, d’où leurs cris d’orfraies à l’égard des pétitionnaires.

Soulignons que ces mêmes « experts » estiment incongru, voire carrément raciste (cf. procès contre Georges Bensoussan) que l’on puisse évoquer la notion d’antisémitisme arabo-musulman, pourtant convoquée par d’éminents intellectuels issus du monde arabe tels Kamel Daoud, Smaïn Laacher, Riad Satouf, Ismaël Saïdi ou encore Boualem Sansal. Les paupières gauchistes sont décidément lourdes !

Faudrait-il rappeler que c’est l’anarchiste Proudhon qui en appela –dans ses carnets- à l’extermination des Juifs, que c’est Staline qui décima en 1952 l’élite des poètes Yiddish, que ce fut la République populaire de Tchécoslovaquie qui condamna à mort 11 membres dirigeants du Parti communiste tchèque du seul fait de leur origine juive, que ce fut Wladyslaw Gomulka, le secrétaire général du Parti Ouvrier Unifié Polonais, qui purgea l’appareil d’Etat polonais de ses derniers Juifs, fort habilement requalifiés en « sionistes ».

Cette mascarade sémantique nous rappelle que l’antisémitisme de gauche a tendance à prendre le masque commode de l’antisionisme. Pourtant, force est de constater que les images et les préjugés associés aux Juifs et aux sionistes sont quasiment identiques. Ceux-ci comme ceux-là sont présentés comme des êtres malveillants, des fomenteurs de complots qui ne pensent qu’à vendre leur pays contre deniers. Cette idée, qui date du bas Moyen-âge a été largement reprise, dès le début du socialisme par divers courants progressistes, utopistes (Fourrier), anarchistes (Bakounine) ou encore révolutionnaire (Blanqui). Tous ces penseurs socialistes, ignorant la misère qui frappaient l’écrasante majorité des Juifs, les présentaient comme les véritables rois de l’époque, les maîtres incontestés de la finance internationale. Cette congruence absurde entre judaïsme et capitalisme est due à Karl Marx, Juif converti l’âge de six ans au protestantisme, comme l’atteste son pamphlet de jeunesse « Sur la question juive » :

« Quel est le fond profane du judaïsme? Le besoin pratique, l'intérêt personnel.
Quel est le culte profane du juif ? Le trafic.
Quel est son dieu ? L'argent.
C'est de ses propres entrailles que la société bourgeoise engendre continuellement le juif.
Quel était, en soi et pour soi, le fondement de la religion juive ? Le besoin pratique, l'égoïsme. (…)
L'argent est le dieu jaloux d'Israël, devant qui nul autre dieu ne doit exister. »

Ce fantasme du Juif capitaliste, corrupteur et sans patrie est bien loin d’avoir disparu du discours contemporain de gauche. Les exemples foisonnent : du frondeur Gérard Filoche qui se croit autorisé à dénoncer Macron comme le pantin des Rothschild, à Jean-Luc Mélenchon qui qualifia Pierre Moscovici de ministre qui « ne pense pas français, (mais) qui pense finance internationale », sans oublier Jeremy Corbyn qui s’émerveilla (avant de s’en excuser quelques années plus tard) d’une fresque anticapitaliste représentant des hommes d’affaires juifs comptant de l'argent autour d'un plateau de jeu posé sur des dos d'hommes à la peau brune.

Sur ces fantasmes, se greffe l’extraordinaire passion palestinienne, commune tant à la droite radicale qu’à l’ultra-gauche. Ici, c’est l’Etat d’Israël qui joue le rôle d’épouvantail, de Juif des Nations, d’entité malfaisante, corruptrice et illégitime au service de la réaction mondiale. A la figure sublimée du Palestinien prolétaire et christique s’oppose celle du patron exploiteur israélien. Cet antisionisme et anticapitalisme d’école primaire explique les raisons qui ont poussé une certaine gauche à se rapprocher de leaders (Tariq Ramadan) ou de mouvements islamistes (Frères musulmans, Hamas), pour le moins hostiles aux Juifs. Qu’importe que la charte du Hamas en vienne à dénoncer les judéo-maçonnisme et judéo-bolchevisme !

Mauvaise foi, théorie du complot et mythes d’un âge. 

Ce qui frappe dans la polémique qui déchire notre Université, c’est bien l’étonnante mauvaise foi de nos adversaires qui sont prêts à tout pour justifier leur erreur de casting. La meilleure défense étant l’attaque, les thuriféraires de Loach en sont tout bonnement arrivés à faire de Charles Michel, le bouc émissaire de leur farce. Notre Premier ministre a beau n’avoir « désapprouvé (qu’) à mots couverts », dixit Le Soir, la bévue de son Alma Mater, le voilà stigmatisé à l’instar d’Emmanuel Macron. L’Homme qui aurait vendu son âme au diable (N-VA) est également suspecté d’être la marionnette du … lobby juif.

C’est ainsi qu’un débat à l’origine essentiellement éthique s’est immanquablement transformé en joute politique : gauche des « valeurs » Vs. droite affairiste. C’est vrai que le vote ethnique n’est pas à négliger dans une Belgique communautarisée à l’extrême mais il ne se situe pas où nos contradicteurs l’entendent. On ne voit pas comment les 300 Juifs wallons, les 13.000 Juifs bruxellois et les 13.000 Juifs anversois pourraient bien peser du moindre poids dans la balance électorale à moins de souscrire au mythe de la puissance occulte des Juifs, thème antisémite par excellence. C’est peut-être ce qu’a essayé de nous suggérer, à la veille du 1er mai, le prédécesseur de Charles Michel au 16, rue de la Loi, lorsqu’il a accusa le gouvernement fédéral de faire de notre pays « une Belgique des diamantaires anversois » ?

Loin de moi d’entamer la moindre polémique avec un homme politique qui reconnut la responsabilité de la Belgique dans la déportation des Juifs de Belgique, mais il semble bien qu'en Belgique c’est bien moins le plombier polonais que le diamantaire anversoisqui sert d’épouvantail aux travailleurs menacés par la mondialisation. Ce qui est sûr en revanche est que la fable du lobby juif permet d’enfumer les véritables compromissions d’une certaine gauche belge envers des minorités qui pèsent bien davantage que les 0,25% de Juifs que compte notre pays.

Comment comprendre autrement que le seul accord de coopération économique jamais dénoncée par la région bruxelloise est celui signé avec l’Etat d’Israël ? Que certains partis choisissent de botter en touche dès qu’il s’agit de condamner le négationnisme turc ? Que Tariq Ramadan ait été plus d’une fois l’invité d’honneur d’université et d’hôtels de ville bruxellois et ce, à l’initiative d’élus et d’universitaires qui nous font aujourd’hui la leçon ? Manifestement, l’effet miroir qui consiste à prêter à ses adversaires ses propres turpitudes a joué ici et une nouvelle fois à plein.

En conclusion de cette malheureuse et emblématique affaire, que dire sinon d’abord que le nouvel antisémitisme est plus que jamais tricolore, pour être tout à fois brun, rouge et vert et, ensuite, qu’il paraît bien difficile à certains de mes collègues à le reconnaître, d’où une mauvaise foi et une agressivité exceptionnelles. Je songe aux diatribes de ce professeur israélite d’origine congolaise ou rwandaise (c’est selon) dont le mal être et la souffrance me paraissent  sans égal. Ce n’est guère étonnant car, pour reprendre Pierre Lacan, « ce que l’on ne voit pas est ce qui nous regarde le plus. ».

Tandis que notre questionnement portait sur la Seconde Guerre mondiale, les éructations anti-israéliennes de certains partisans de Loach témoignent du caractère profondément névrotique, sinon psychotique de l’antisionisme radical. Le chantier de la lutte contre l’antisémitisme s’annonce plus que jamais prioritaire. Urgent même."

 

Article de Joël Kotek, 10 mai 2018, publié sur le site du Centre communautaire Laïque Juif.

 


[1] Sa référence à Leni Riefenstahl n’est pas plus fondée. Il est évident qu’après ses années au service de la propagande nazie, la réalisatrice préférée d’Hitler avait tout intérêt à se racheter une conduite en se consacrant aux Nuba dont les corps nus photographiés rappellent étrangement les sculptures d’Arno Brecker qui fut, lui, le sculpteur favori du Führer.

>Faire le lit de l'antisémitisme sans être antisémite !

Ce n'est pas la première fois que le président du PS, Elio Di Rupo, dérape sur la question juive. N'est-ce pas lui qui avait lâché: "Je ne savais pas qu'il y avait des Juifs pauvres", lors d'une table ronde organisée à Herzliya, Israël, en mars 2005, organisée par la Friedrich Ebert Stiftung (fondation berlinoise liée au SPD, le parti social démocrate allemand) ?   

 

Dans un entretien accordé le 28 avril dernier au journal économique et financier, L’Echo, Elio Di Rupo, le président du Parti socialiste belge, a critiqué le gouvernement fédéral en l’accusant de mener une politique favorable aux plus riches et de faire du pays « une Belgique des diamantaires anversois ». Cette expression ne manquera pas de réactiver certains préjugés, notamment celui associant les Juifs à l’argent, dans la mesure où, dans l’imaginaire belge, le diamant est toujours associé, à tort, aux Juifs. D'une part, les diamantaires juifs sont une extrême minorité de la communauté juive belge, d'autre part, plus de 80% du marché anversois du diamant sont aux mains des Indiens issus de la communauté jaïn et originaires du Gujarat ou du Maharastra.

 

Il n'est sans doute pas antisémite. Je veux le croire. Mais ses propos agissent comme une piqûre de rappel d'un venin que nous connaissons bien. Le président du PS devrait puiser ses métaphores scabreuses ailleurs que dans l'imagerie des années '30. Il surfe sur une vague effectivement ancienne. Elle n'a jamais cessé de forcir à l'extrême droite, aussi au sein des droites populistes, vague qui inonde, toujours, le marais islamiste et, trop souvent, certaines communautés sunnites et chiites, vague qui reprend vigueur à l'extrême gauche et à gauche depuis quelques années; conflit israélo-palestinien en guise de justification. Ce n'est plus seulement la dénonciation du sionisme, faux-nez porté fièrement par les borgnes, c'est encore la mise en scène de figures juives liées à l'argent, nous le voyons, au complot, ah, le complot, il a encore de beaux jours devant lui, à certaines maladies - il n'est pas rare de lire l'expression "la peste juive", sémantique rappelant les grandes pandémies médiévales causées évidemment par les fils d'Israël - à la "boursoufflure de la culture victimaire", à l'élitisme, peuple "élu" oblige, au sentiment de supériorité ... Comme un procès en eugénisme, afin d'inséminer à la notion de mal absolu une relativité bienvenue et ainsi pouvoir confondre, quelque part dans un destin partagé, victimes juives et bourreaux aryens. J'ai même entendu le reproche "d'excès de réussite", renvoyant à l'intelligence sournoise et autres filouteries juives pour tirer les ficelles d'un monde manipulé en sous-main. Tout cela est certainement très loin des intentions d'Elio Di Rupo. Mais, tout de même, c'est manier l'irresponsabilité en toute responsabilité. Comme quoi, on peut faire le lit de l'antisémitisme sans être antisémite soi-même ... 04 mai 2018.

La vérité des hommes n'est pas la sincérité des Etats !

                                                      Mai 2017, ambassade des Etats-Unis à Bruxelles, 

                                                               une première poignée de main, pour jauger !

       En dépit des crises qui ont jalonné leurs relations, le marquis de La Fayette symbolise l'alliance franco-américaine !

 

La visite de trois jours, du 23 au 25 avril, du président français à Washington, premier chef d’Etat étranger à faire l'objet d'une invitation officielle du président Donald Trump, ne devrait étonner personne. Il est de tradition et conforme aux liens anciens qui unissent les Etats-Unis à la France de voir les représentants de ces deux nations se rencontrer, se parler et échanger. L’inverse serait inquiétant. Ils réactivent ainsi une alliance historique que personne ne peut oublier des deux côtés de l’Atlantique. Elle fut renouvelée en 1917 et 1944. Rappelons-nous. Le 20 avril 1777, le marquis de La Fayette, il a 20 ans, embarque clandestinement dans le port espagnol de Pasajes, sur La Victoria. Il veut soutenir la guerre d'indépendance des Etats-Unis contre l'ennemi commun : l'Angleterre. Rallié à la cause de la jeune nation par son ami Benjamin Franklin, La Fayette avait une affection filiale pour le général George Washington, qui, d’ailleurs, la lui rendit, en l’intégrant dans son état-major. Il vient en aide aux insurgés. La franc-maçonnerie lie fraternellement ces trois figures de l'Indépendance. « C'est à l'heure du danger que je souhaite partager votre fortune » lance-t-il à ses frères d’arme. Les Français apporteront aux combattants américains une aide précieuse que l’Amérique n’a jamais manqué d’honorer dans sa mémoire nationale. Les Etats-Unis doivent à la France leur indépendance et la France aux Etats-Unis sa liberté. On peut aussi retenir l'essai "La démocratie en Amérique", d'Alexis de Tocqueville, publié en 1835, qui fut le théoricien de l'importance du soutien de la France à la construction d'une vraie démocratie sociale Outre-Atlantique. La Fayette fut à l'action philo-américaine ce que de Tocqueville fut à la pensée franco-américaine. Voilà pour l’Histoire. Il y a aussi la petite histoire, celle de la première poignée de main entre les présidents américain et français, le 25 mai 2017, à Bruxelles. Elle est restée célèbre pour sa virilité et sa charge symbolique. Emmanuel Macron le conquérant souhaitant ainsi envoyer un message clair à l’impénitent Donald Trump : « Je suis ton allié, pas ton vassal ! ». Et l’autre de répondre : « T’es peut-être pas mon vassal, mais respecte ma personne ! » C’est sur cette base que s’est construite, depuis un an, une relation asymétrique. L’un est conservateur, nationaliste et isolationniste. L’autre est libéral, européiste et mondialiste. L’un est climato-sceptique, pendant que l’autre clame son climato-alarmisme. L’un communique par tweets sommaires, l’autre par textes sophistiqués. L’un est entrepreneur dans l’immobilier newyorkais, l’autre énarque de la haute administration française. L’un collectionne les aventures féminines, l’autre est l’homme d’un seul amour. Sur des sujets aussi graves que la guerre contre le terrorisme, avec des accents différents, les deux se retrouvent pour affronter, en Irak et en Syrie, l’Etat islamique et pour punir, fort symboliquement, le régime sanguinaire de Bachar al-Assad de ses frappes chimiques sur des populations civiles. Ils s’accordent aussi pour tenir un langage ferme à la Russie de Vladimir Poutine, bien que l’un doit sans doute son élection aux services du nouveau Tsar et que l’autre fut élu, en dépit des fake news propagées à son encontre par les réseaux poutiniens. Ils maintiennent cependant, à raison, un dialogue, qui doit être difficile, avec le maître du Kremlin. Là s’arrête l’entente internationale entre Washington et Paris. Car, sur l'accord sur le nucléaire avec l’Iran, sur le conflit israélo-palestinien, sur la Chine, sur les barrières douanières acier/aluminium, sur le multilatéralisme, point cardinal défendu bec et ongle par le président français, un gap sépare les deux capitales. Mais, il y a un mais, tous deux n’ont pas de passé politique, ou si peu, n’appartiennent donc pas au landerneau politicien, qu’ils exècrent et qu’ils ont contribué, à leur manière, à faire exploser. Ils sont coutumiers des chemins de traverses, tantôt pirate, pour l’un, flibustier pour l’autre. L’idée d’avoir invité Donald Trump et son épouse au défilé du 14 juillet 2017 ainsi qu' à dîner dans le prestigieux restaurant du chef étoilé, Alain Ducasse, Le Jules Verne, au deuxième étage de la Tour Eiffel, a énormément plu à l’égo du président américain. Mélania Trump et Brigitte Macron, bien que exactes opposées, par l’âge, le style et la culture, semblent s’entendre assez bien et permettre à leurs maris d’arrondir les angles de la conversation. Voici deux couples parfaitement dissemblables. Le premier a vu un homme d'affaires d'âge mur épouser une mannequin est-européenne beaucoup plus jeune que lui. Le second a consacré l'union d'une professeure de théâtre accomplie à un étudiant juvénile promis à rejoindre l'élite intellectuelle française. Quoi de plus asymétrique là encore ? En Europe, cheval de bataille pour sa refondation d’Emmanuel Macron, Theresa May, première ministre d’un pays qui s'apprête à quitter l'Union européenne, proche allié aligné sur le grand frère yankee en politique étrangère, semble vouée à un purgatoire immérité. Angela Merkel regrette tellement Barack Obama que Donald Trump s’empresse, si pas de l’ignorer, du moins de l’humilier. Toutes deux ont sans doute le défaut d’être cheffes d’Etat et non épouses de … C’est dire le statut privilégié que réserve Donald Trump à Emmanuel Macron, malgré les différences et les divergences, qui, une fois n’est pas coutume, ne constituent pas un socle suffisant pour empêcher les deux Etats d’entretenir d’excellentes relations bilatérales. Pour les deux hommes, il y faut de la volonté, sans doute du courage, mais aussi un minimum de confiance. Pour les Etats, toute vérité humaine n’est pas celle de la sincérité ; les calculs, la tactique et la stratégie, les intérêts fondamentaux des uns et des autres, voilà ce qui conduit ces monstres froids à recourir parfois à la tape sur l’épaule, parfois à la frappe dans la gueule. Faut-il s’en offusquer ? Ce serait vain. La realpolitik et les rapports de force sont les seules boussoles pour trouver nos repères. A l’heure où tout est bouleversé, de la crise climatique à la révolution numérique, en passant par l’émergence de nouveaux acteurs politiques sans foi ni loi sur la scène internationale, rien ne serait plus dommageable qu’un divorce entre les Etats-Unis et la France, soit au nom de circonstances liées aux personnes, soit aux dossiers, fussent-ils source de tension. La stabilité internationale, évanescente ces dernières années, a besoin d'un couple franco-américain solide. L’essentiel, c'est la constance du paradigme, qui établit, depuis près de deux siècles et demi, la qualité de leurs relations et les intérêts bien compris de chacun. L'important, c'est que ce paradigme géo-politique demeure et façonne leur destin croisé. Finalement, au-delà des crises, qui ont jalonné leurs rapports, au-delà des qualités/défauts de chacune, des singularités, qui nous enchantent ou nous exaspèrent, ces deux nations partagent tout de même - ce n’est pas un détail - une même passion, parfois excessive, l’histoire l’a prouvé, pour ce qu’il y a de plus beau et de plus grand dans le combat pour l’émancipation de la personne et des peuples : la fraternité et la liberté. Sur le chemin, nul n’échappe aux erreurs et aux fautes, c’est humain. Elles furent de part et d'autre nombreuses. Nul ne regarde la responsabilité des Etats, sauf exception, comme une culpabilité imprescriptible. Tout le monde s’en accommode et le cynisme tient lieu en la matière de gouvernail. Mais nul ne peut s’exonérer de son devoir de vérité. Donald Trump, personnage que l’on ne peut appréhender aisément, les avis sont unanimes, et Emmanuel Macron, personne que l’on apprécie ou pas, les avis sont partagés, témoignent, à leur manière, dans cette époque complexe et ténébreuse, de leur appétit de vérité, à défaut, diplomatie oblige, de sincérité. La Fayette a dit : « J’ai pu me tromper mais je n’ai jamais trompé personne. » Là est sans doute ce qui sépare l’époque actuelle de la sienne. 

Le 23 avril 2018.

                                                                                        Juillet 2017, à l'Elysée, les deux chefs d'Etat affichent

                                                                                                                         leur bonne entente à front renversé ! 

>Le gauchiste, le président  et le populiste !

 

Hier soir, sur le plateau de BFM TV et du site Mediapart, dans le magnifique écrin du Palais de Chaillot, qui, au terme de l'émission de plus de deux heures trente, finit par dénoter, Emmanuel Macron avait rendez-vous pour un match de boxe française, où tous les coups sont quasi permis. Faut dire que la crème de la crème du journalisme engagé et racoleur avait été conviée pour débattre avec le président de la République. A aucun moment, les deux machos du micro, qui avaient tout de même la responsabilité d'éclairer les Français sur le bilan de la première année du quinquennat macroniste, n'ont daigné s'adresser au chef de l'Etat par un Monsieur, pas davantage par un Monsieur le président. Sans doute l'air du temps. Sans cravate et sans élégance, ces adeptes, comme on le voit, de l'égalitarisme idéologique, armés d'une brutalité toute parisienne en guise de sérieux, ont ainsi inauguré un nouveau style d'interview, qui plaira, à n'en pas douter, aux amateurs de pugilats. S'il y avait bien un président sur le plateau, répliquant coup pour coup et démontrant sa profonde connaissance de chaque dossier abordé,  devant le chef de l'Etat, il n'y avait pas deux journalistes. Il y avait deux militants, le gauchiste et le populiste, les porte-paroles de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et du Rassemblement national de Marine Le Pen, ces frères jumeaux en démagogie. Lamentable spectacle que nous ont offert Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin, mais également un Emmanuel Macron, certes, assuré de les dominer de la tête aux pieds, mais aussi trop confiant, semble-t-il, dans le succès populaire d'une bastonnade très regrettable et bien peu pédagogique. Triste soirée, lorsque l'indépendance journalistique, coeur du métier, troque sous statut contre le degré zéro du professionnalisme. 16 avril 2018.

 

>Etats-Unis, France et Royaume-Uni frappent la Syrie et après ?

 

Ce vendredi 13 avril, 21 heures à Washington, samedi 14 avril, 3 heures à Paris, le président américain, Donald Trump, annonçait que les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni avaient coordonné des frappes aériennes et marines sur le territoire de la Syrie. La ligne rouge du recours aux armes chimiques ayant été franchie, une nouvelle fois, le 7 avril dernier, à Douma, dernier bastion rebelle, dans la Ghouta orientale. Les Occidentaux, hésitants jusque-là, avaient tout de même prévenu Damas, Moscou et Téhéran depuis un certain temps. Ils ont enfin décidé, ensemble, là est la nouveauté, d'envoyer aux intéressés un message clair, certes plus symbolique et politique que militaire, mais d'une grande limpidité. Il s'agit de faire comprendre au triumvirat que les Etats démocratiques ne toléreront plus l'usage d'armes de destruction, ici, potentiellement massive - interdites par toutes les conventions internationales et le droit de la guerre - contre des populations civiles ou des soldats. Toute banalisation de ce genre de vecteurs, dits sales, serait catastrophique pour la paix mondiale et la conception que le monde libre se fait des droits humains. Il ne peut en effet y avoir de précédent en la matière, qui ne soit suivi d'une condamnation ferme ainsi que d'une sanction/punition militaire rapide. Les frappes ont eu un caractère limité et proportionné, ne ciblant qu'un centre de recherche chimique dans la banlieue de Damas et deux unités de production, de stockage et d'assemblage dans la région de Homs. Selon les analyses des services de renseignement occidentaux, il semble que les objectifs aient été atteints, en tout cas, en partie. Les services israéliens, souvent très bien renseignés, doutent ouvertement de l'efficacité des frappes, intervenues trop tardivement et trop faiblement. La réaction de Damas, de Moscou et de Téhéran ne s'est pas fait attendre, renvoyant la responsabilité des attaques chimiques sur les forces rebelles - qui se seraient donc frappées elles-mêmes - Ils dénoncent en choeur "une agression barbare et brutale", qualifient de "criminels", les présidents américain et français ainsi que la première ministre britannique, sans oublier de menacer, en affirmant que "de telles actions ne resteraient pas sans conséquence" ... Fermer le ban. Nous ne pouvons que soutenir la décision de Donald Trump, d'Emmanuel Macron et de Theresa May pour avoir pris enfin la mesure du danger que font courir au monde entier la stratégie jusqu'au boutiste du boucher de Damas et de ses deux protecteurs, le nouveau Tsar, Vladimir Poutine, et le chef suprême iranien, Ali Khamenei. Oui, il y a un risque d'escalade, pourquoi le nier ? Mais l'inaction face à ces irresponsables prêts à tout pour survivre et asseoir leur pouvoir serait pire encore, ouvrant la voie à une ère géo-stratégique, asymétrique et totalitaire. Il est encore temps de stopper ces va-t'en-guerre. Mais il est moins 5. Le temps pour les peuples des démocraties et leurs dirigeants de comprendre les véritables enjeux au Moyen-Orient, c'est-à-dire aux portes de l'Europe - sans parler de l'Asie et de l'Afrique, continents en proie tout autant à la complexité des conflits du XXIème siècle - de faire front, unis, et d'accepter la part possible de risque, y compris celle de devoir un jour se battre pour ne pas perdre leurs libertés et leurs droits dans un conflit devenu inévitable. Qu'il n'en soit jamais ainsi. Ceci n'est évidemment qu'une hypothèse. Mais il serait suicidaire de ne pas admettre son éventualité, car l'état du monde est inquiétant. Les forces de déstabilisation et la mode des autocrates autoproclamés à vie accentuent les dérives et fragmentations à l'oeuvre aujourd'hui. Sur la guerre en Syrie, la messe est dite, les forces syro-russo-chiites ont gagné la bataille. Reste à assurer désormais une transition politique en vue d'un arrêt durable des hostilités, de l'ouverture d'un dialogue entre toutes les parties et de la mise en place d'un plan massif d'aide humanitaire aux populations et de reconstruction du pays. Pour ce faire, chacun doit travailler et ferrailler, si nécessaire, notamment au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, à l'élaboration d'une feuille de route claire et précise. C'est le sens de la démarche actuelle du président français, Emmanuel Macron. Mais il sera impossible de faire l'impasse sur le sort à réserver au dictateur alaouite. C'est un criminel de guerre, responsable de la mort de plus de 350.000 personnes. Il devra un jour ou l'autre être traduit devant la Cour pénale internationale, avec ou sans l'accord des Russes et des Iraniens. En attendant, il ne faudra pas lâcher du regard et du canon ces deux-là. Nous ne pouvons ignorer en effet leurs objectifs réels. Au-delà du conflit présent, Russie poutinienne et République islamiste iranienne réservent des cartes régionales et internationales ambitieuses, un agenda à peine voilé sous haute tension. L'une veut restaurer un empire inspiré des modèles tsariste et soviétique, sans trop se préoccuper des moyens pour y parvenir. L'autre veut instaurer, entre le Golfe d'Oman et la Méditerranée, un arc politico-chiite fort, anti-Arabie saoudite et anti-israélienne, en équipant massivement des milices amies, tel le Hezbollah libanais, qui a fait main-basse sur le Pays du cèdre et rêve d'en découdre avec l'Etat hébreu. Il y a là un cocktail explosif qui ne demande qu'à être activé. La communauté internationale ne peut se permettre d'y être indifférente. La realpolitik, concept tombé en désuétude dans les années '90, après la chute du Mur de Berlin, en 1989, et réactualisé par la nouvelle Guerre froide, impose aux démocraties une vigilance à toute épreuve. L'avenir nous dira si la paix mondiale est à ce prix. 14 avril 2018. 

>L'Occident est-il oxydé ?

Dans les lois de la guerre, depuis la fin du premier conflit mondial, en 1918, il y a toujours eu un tabou, une interdiction absolue: le recours aux armes chimiques. Lors de la guerre Iran-Irak, en 1981, Saddam Hussein n'avait pas hésité à utiliser du gaz sarin pour éliminer son ennemi perse. Le dictateur de Bagdad  y a eu recours à nouveau contre les populations kurdes du Nord de l'Irak, en 1988, extermination connue sous le nom d'Anfal, occasionnant la mort de 50.000 à 180.000 personnes. Bachar el-Assad, en proie à une guerre civile depuis 2011, pour sauver son régime sanguinaire et son clan alaouite chiite, n'a pas hésité à massacrer des centaines de milliers de ses concitoyens et à détruire son pays. Une ligne rouge avait été formulée par l'ex-président américain, Barack Obama, en 2013, celle des frappes et bombes chimiques. Elle fut franchie allègrement, à plusieurs reprises, dans la région de la Ghouta orientale, par le boucher de Damas, avec la complicité de son protecteur russe, l'autocrate sans scrupule de Moscou. La Russie poutinienne ne cesse de s'asseoir sur les principes démocratiques du droit international et du droit intérieur russe. Les faits sont là. En toute logique et bon sens, ils devraient nous alerter sur l'absence précisément de limite de l'ex-agent du KGB. Jusqu'où peut-il aller et nous entraîner ? Son délire de grandeur impériale et son désir de restauration de la Grande Russie - en conformité avec les politiques tsariste et soviétique - se renforcent chaque jour à mesure que les pays démocratiques, Etats-Unis et Union européenne en tête, renoncent à lui faire comprendre, si pas la raison, du moins la prudence. Cet homme de calcul ne comprend que les rapports de force. En joueur d'échecs avisés, il avance ses pions depuis une dizaine d'années, sans que, de ce côté-ci de la liberté, on ne change de stratégie. Aveuglement, impuissance ou lâcheté ? Voyez plutôt: intervention en Ossétie du Sud, en 2008; annexion de la Crimée, occupation de l'Est de l'Ukraine et destruction de l'avion de ligne MH17, faisant 297 victimes, en 2014; guerre en Syrie depuis 2015, avec appui massif du régime assassin d'Assad, faisant plus de 350.000 morts, des millions de blessés et de personnes déplacées; élimination des opposants politiques et des journalistes critiques, censure et contrôle généralisé sur la presse; diffusion systématique de fake news et de rumeurs; interventions grossières dans les campagnes électorales des Etats démocratiques, notamment américain et français, via des officines de propagande, comme la télévision Russia Today et le site internet Sputnik, ainsi qu'une activation, à peine discrète, d'une armée de hackers, visant à déstabiliser nos démocraties. Face au nouveau Tsar, qui menace un peu plus chaque jour l'ordre international, nous reculons toujours plus. Serions-nous rouillés, amnésiques, quant à la leçon de Munich de septembre 1938 ? Ce déshonneur, signé Chamberlain et Daladier, comme l'a appelé Winston Churchill, qui encouragea Hitler à déclarer une guerre totale à la Pologne, puis à la France, l'Angleterre et la Russie, entraînant à son tour, en 1944, l'intervention des Etats-Unis dans ce deuxième, sans doute pas second, conflit mondial. Bien sûr, les contextes sont très différents et l'autocrate du Kremlin n'est pas le dictateur du Reichstag. Mais il y a de quoi s'interroger et s'inquiéter. Pour tout dire, l'Occident est-il définitivement oxydé ? 11 avril 2018.

                           Charlie Chaplin aurait-il fait un film sur la démesure d'un Vladimir Poutine ? 

>Trois mois de grève à la SNCF: Syndrome Nuisible Contre la France !

 

Les idées reçues ont la vie dure chez les syndicalistes français. La dette de la SNCF est de 50  milliards d'euros, somme colossale que l'Etat devra bien un jour rembourser. On parle de 35 milliards à charge du contribuable ... Les agents de la SNCF nommés, 85% des 135.000 cheminots, préservent leurs avantages et leur statut. L'ouverture à la concurrence, qui a fait ses preuves en Allemagne (*) - investissements plus importants, employabilité du personnel plus souple, tarifs moins chers, qualité de service plus grande, meilleure ponctualité et donc augmentation sensible des usagers/clients - ne se fera que progressivement, étalée jusqu'en 2035. Les syndicats bloquent tout. Ils s'adonnent au jeu du chat et de la souris, en menaçant de paralyser la France. Si ils vont jusqu'au bout de leur mouvement, ils vont rendre la vie impossible aux Français, mettre en danger les entreprises et affaiblir l'économie du pays. Ce n'est guère malin. Ce ne sera pas efficace. Ils se tirent une balle dans le pied, c'est un euphémisme, en fragilisant ainsi eur outil de travail. Il n'y a pas plus conservateur que ces organisations syndicales, cramponnées à un modèle social périmé, faut-il dire fort avantageux par rapport aux salariés du secteur privé, et dépassé par le monde réel tel qu'il va. Il ne faut certes pas s'y soumettre, car le changer est indispensable, mais l'ignorer et regarder ailleurs, avec les oeillères idéologiques du passé, est catastrophique. Sans réforme, la SNCF est condamnée, si pas à disparaître, du moins à rétrécir durablement son périmètre d'activités. Qu'ils ne se fassent aucune illusion, le gouvernement d'Edouard Philippe est ouvert à la négociation, mais ne reculera pas sur l'essentiel. A savoir, les conditions indispensables à la survie de la SNCF. Le président Emmanuel Macron ne cédera pas au chantage, pas plus que sur l'objectif, engagement pris avec les électeurs pendant la campagne présidentielle de 2017. 04 avril 2018.

(*) En Allemagne, le coût au km de voie ferrée est de 18 euros. En France de 25 euros ...

>Gaza, pas comme ça !

 

L'événement

 

Le Hamas, milice terroriste basée à Gaza, organise, pendant six semaines, une marche palestinienne en direction de la frontière avec Israël, en prévision de la célébration de la création de l'Etat juif, le 14 mai 1948. Rappelons tout d'abord que la sécurité d’Israël passe par le désarmement et la dissolution des groupes terroristes djihadistes sunnites et du Hamas des Frères musulmans à Gaza ainsi que du Hezbollah chiites au Sud Liban. Elle passe aussi par la pleine et entière reconnaissance de l’Etat hébreu par toutes les autorités palestiniennes. Les manifestations violentes programmées à la frontière d'Israël sont une provocation dans l'attente de la "Nakba", catastrophe en arabe, à savoir, l'avènement de l'Etat juif. Mais les morts de Gaza ajoutent de la souffrance d’un côté, retirent de l’éthique de l’autre. C'est une évidence. Pour notre part, sans jamais renoncer à à notre esprit critique, nous fêterons dans la joie et la dignité le 70ème anniversaire d'Israël. 

 

 

 Avant tout, les faits 

 

La résolution 181 de l’ONU, du 29 novembre 1947, sur le plan de partage de la Palestine sous mandat britannique (il n’y a jamais eu de Palestine sous forme d’Etat. C’est l’empereur romain Hadrien, qui, en 134, afin de punir les Juifs de leurs révoltes, débaptisa la Judée et la nomma « Provincia palaestina syria », du nom des Philistins, petit peuple d’éleveurs de chèvres) donc, cette résolution prévoyait l’émergence de deux États, l’un juif, l’autre palestinien. Si ce dernier n’a pas été créé, c’est uniquement en raison de la volonté des pays arabes de ne pas reconnaître l’Etat juif, au risque de sacrifier l’Etat palestinien.

 

 

Ensuite, le constat

 

L’objectif ne peut être que la solution à deux États, l’Etat juif, État de droit, l’Etat palestinien, nécessairement démocratique. La politique actuelle de Benjamin Netanyahu est un non sens. Défendre Israël, ce n’est pas nier l’Autre, défendre Israël, ce n’est pas s’isoler, tel un autiste volontaire et funambule, défendre Israël, ce n’est pas absorber les Arabes israéliens et les Palestiniens, qui, d’ici moins de 40 ans, au sein d’un seul et même État israélien, seraient majoritaires et rendraient ainsi les Juifs minoritaires dans leur propre pays. À moins que la droite nationaliste et/ou religieuse, alliée à l’extrême droite, otage de l’extrême droite, n’opte délibérément pour un État non démocratique - ce qui est sans doute sa funeste orientation actuelle - en faisant des Arabes israéliens des citoyens sous statut différencié, non égalitaire avec le statut des Juifs. Solution non envisageable pour Israël, car sa création politique et son essence éthique sont indissociables de son identité juive et démocratique.

 

Enfin, le réalisme 

 

Pour en revenir aux événements actuels à Gaza, provoquer n’est pas tuer, mais tuer, c’est provoquer. Pour avoir la paix, il faut sortir du cercle de la violence. A terme, une paix durable ne peut être possible que par la reprise du dialogue entre les deux parties et l’ouverture de nouvelles négociations sur le statut de Jérusalem, l’arrêt des colonies de peuplement, l’échange de territoires, en vue d’une continuité territoriale viable entre Gaza et la Cisjordanie et l’indemnisation des familles arabes spoliées lors de la fondation d’Israël en 1948.  03 avril 2018.

>Le sacrifice d'Arnaud Beltrame, un message fort !

              Arnaud Beltrame, vous tuez, nous résistons !

 

L’acte terroriste de l’islamiste, Radouane Lakdim, est marqué d’une symbolique particulière. Cela faisait six mois qu’aucun fait terroriste n’était signalé en France. Pendant cette période, les services de renseignement et de sécurité ont empêché une douzaine de projets terroristes de se réaliser. Ce qui incita certaines « bonnes âmes » à réclamer la baisse de la garde ainsi que le renoncement aux lois répressives appropriées, discutées et votées pourtant, comme il se doit, dans le cadre de l’Etat de droit.

Ce vendredi 23 mars, à Carcassonne puis à Trèbes, dans l’Aude, des civils et deux membres des forces de l’ordre ont été sauvagement attaqués et tués, pour quatre d’entre eux. Il faut rendre hommage à ces personnes innocentes tombées sous les coups mortels d’un homme de 25 ans, qui s’est radicalisé sur les réseaux sociaux et les sites djihadistes. L’enquête devra déterminer le degré d’implication de son entourage, sa compagne et un ami mineur d'âge, voire des complices au sein de la communauté musulmanne salafiste française et internationale.

Mais ce qui retient l’attention et pousse à la réflexion, c’est le choix délibéré du Lieutemant-Colonel, Arnaud Beltrame, de se substituer à une otage, une caissière du Super U de Trèbes. Tous les témoignages concordent. Ce gendarme était un homme généreux, intelligent, un militaire exemplaire. Major de sa promotion à Saint-Cyr, il aura passé toute sa carrière au service de la collectivité, développant aux yeux de tous un courage hors du commun et une volonté constante d’honorer son pays, son corps d’armée et son grade. S’il y a une élite républicaine, elle est pleinement incarnée par cet homme marié de 44 ans. Une pensée émue pour sa veuve, meurtrie à son tour, pour les familles des autres victimes, endeuillées et désormais en souffrance.

Que nous dit l’acte héroique d’Arnaud Beltrame ? Voilà un militaire rompu aux exercices anti-terroristes qui, convoqué par le hasard autant que par le destin, se retrouve face à une prise d’otages dans un supermarché. L’auteur de celle-ci a déjà tué le passager d’un véhicule volé et blessé plusieurs personnes. L’officier de gendarmerie écoute son cœur, sa morale et son devoir. Rien ne l’oblige. Il ne demande à aucun de ses subalternes de faire ce qu’il s’apprête à faire. Il s’écoute donc et comprend instantanément qu’il faut agir et exprimer dans le même temps un message fort. Il se rend au terroriste et permet ainsi à la jeune femme d’être libérée. Une existence contre une autre. Voilà l’acte incroyable, sans condition, le don sacré de sa vie. Nous sommes toutes et tous frappés par l'intensité et la profondeur symbolique d'un geste exceptionnel, dont l'exemplarité bouscule notre confort et fait notre admiration. 

Car, lui, le professionnel, l’homme aguerri, sait à ce moment précis qu’il prend tous les risques et même qu’il choisit, en toute connaissance de cause et de conséquence, de mourir. Le huis clos va durer plus de deux heures. Le téléphone portable du gendarme est branché, il le dépose sur le tapis roulant de la caisse, désormais figé. Les forces d’intervention, ici, le GIGN (Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale), présentes devant le magasin, entendent et suivent les échanges entre les deux hommes et tout bruit qui les instruit sur le déroulement de la scène. Il y a des tirs et des mouvements secs non identifiés. L'unité spéciale de la gendarmerie donne l'assaut. Le boucher du Super U gît à terre, lâchement assassiné par le terroriste. Il n’y a aucun doute, Lakdim est venu pour mourir en « martyr », comme ses sinistres prédécesseurs, Mohammed Mérah, Abdelhamid Abaaoud, les frères Chérif et Saïd Kouachi, Amedy Coulibaly … Arnaud Beltrame le sait. Mais sa présence, qui prend fin, devant le terroriste est aussi un message à tous ses semblables, de France, d’Europe, du Levant, du Sahel et d’ailleurs. 

Quel est-il ? Le voici, imaginé et reconstitué :

« Ne t’y trompe pas, à ce moment précis, tu es mon ennemi, je suis le tien. Il n’y a aucun compromis possible entre nous. Je sais tes sources et je connais ton désir profond. Je sais que tu souhaites m’emmener avec toi dans la mort. Je ne suis pas dupe et je l’accepte. Tu n’es pas courageux. Tuer des innocents n’est pas le courage, c’est la lâcheté. Mais moi, qui te fais face et te regarde droit dans les yeux, je te montre où sont le courage et la liberté. Comprends-moi bien, les valeurs que je représente, au travers la République française, sa laïcité, ne baisseront jamais la garde, ne renonceront jamais à ce que qu’elles signifient en terme de droits et de devoirs, n’abandonneront jamais nos libertés à votre fanatisme, y compris au prix du sacrifice ultime. Regarde, mon salaud, je n’ai pas peur de ta violence. Je suis prêt à mourir, non seulement pour vous exprimer, à toi et les tiens, mon mépris à l’égard de votre idéologie religieuse, qui n’a d’égal que ma foi en notre démocratie, mais surtout, au-delà d’une vie épargnée, pour sauver l’humanité tout entière des griffes de votre inhumanité. Vous tuez, nous résistons ! »

Arnaud Beltrame meurt, non par balles, mais par les coups portés à la gorge par l'arme blanche de l'assassin. L'Etat islamique a revendiqué, à défaut certainement d'avoir organisé, le massacre de Radouane Lakdim. Il était armé d'un pistolet 7.65, d'un poignard et de trois charges explosives. Comment croire qu'il ait agi seul ? Comment comprendre qu'il soit passé entre les mailles du filet des services de surveillance, alors qu'il était fiché "S" depuis 2014, qu'il avait un passé criminel et qu'il affichait clairement sur Internet sa haine de l'Occident, son engagement islamiste et son appel au djihad ? Si aucun signe de passage à l'acte ne fut détecté, cela pour expliquer l'absence de surveillance ou de mise en rétention de l'individu, pourquoi les services n'intègrent-ils pas le concept chiite de "Takia", bien présent dans leur corpus juridico-théologique, à savoir la dissimulation, assimilé par nombre d'islamistes sunnites, dans l'étude des profils identifiés ? En effet, l'analyse fine des signaux faibles, comme les écrits, les relations apparemment fortuites, s'avère désormais comme le principal défi des services affectés jusqu'alors au traitement des mouvements plus manifestes. Un "testament" a été retrouvé au domicile de ses parents où il vivait. Preuve, s'il en était, que son équipée sauvage fut le fruit d'un projet, plus ou moins préparé.

Les victimes et les familles de Carcassonne et de Trèbes ont le droit de savoir. Les Français et les Européens ont le droit d'être protégés le plus efficacement possible. Nul besoin de renforcer davantage l'arsenal administratif, juridique et législatif anti-terroriste dans la plupart des pays européens. C’est évidemment le cas en France. Tous les spécialistes du droit et de la sécurité le disent. Le dispositif actuel est suffisant. En revanche, les carences en matière de renseignements (*), particulièrement sur le terrain, dans les cités, les centres sportifs, en prison, et de surveillance rapprochée sont, à l'évidence, béantes. Il n'y a pas d'états d'âme à avoir en la matière. Les démocraties ont été, sont et seront encore longtemps menacées par l'idéologie islamiste, Frères musulmans, salafistes et djihadistes réunis, endogènes et exogènes. Même si, chacun le sait, les Etats et l'Union européenne ne peuvent mettre un policier derrière chaque suspect, une équipe de suivi derrière les dizaines de milliers de profils fichés. Il ne fait cependant guère de doute, au vu des trop nombreux échecs rencontrés, malgré les succès connus et inconnus, qu'ils peuvent et doivent faire mieux en matière d'efficacité. La nations démocratiques, si elles ne veulent pas disparaître sous les coups répétés du terrorisme et, par réaction, du populisme et de l'extrémisme, de gauche comme de droite, doivent se donner les moyens de préserver la sécurité et la vie de leurs citoyens. Il n'y a pas d'autre alternative que la résistance, sous toutes ses formes, au totalitarisme, quel qu'il soit. 26 mars 2018.

 

(*) Le FSRPRT (Fichier des Signalements Pour la Prévention et la Radicalisation à caractère Terroriste), base de données française qui reprend plus de 20.000 identités d'individus radicalisés, donne la mesure de l'énormité et de la difficulté de la tâche à réaliser en matière de surveillance et d'analyse de la menace. 

" Nous, les chefs d’Etat et de gouvernement de la France, de l’Allemagne, des Etats-Unis et du Royaume-Uni, exprimons notre consternation après l’attaque contre Sergeï et Ioulia Skripal à Salisbury, Royaume-Uni, le 4 mars 2018. Cet emploi d’un agent neurotoxique de qualité militaire, d’un type développé par la Russie, constitue le premier emploi offensif d’un agent neurotoxique en Europe depuis la seconde guerre mondiale. C’est une atteinte à la souveraineté britannique, et toute action de cette nature venue d’un Etat partie à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques est une violation claire de ladite convention et du droit international. C’est notre sécurité à tous qui est menacée." 15 mars 2018.

>Bienvenue dans le "Nouveau" Monde ! (*)

A Strasbourg, Guy Verhofstadt, le président du groupe libéral au parlement européen, a sonné l'alarme, lors de la séance plénière de cette semaine. A l'heure des nouveaux populistes et autocrates sans scrupule et sans morale, américain, hongrois, turc, chinois et russe ... il met en garde les Européens. Seule, face aux dangers qui menacent, l'Union européenne doit sans tarder se prendre en mains et choisir son destin, s'exprimer de manière forte et unitaire sur les grands enjeux planétaires ainsi qu'avancer sans tarder dans le chantier de sa refondation. 

(*) "Welcome back to the futur", Guy Verhofstadt.

15 mars 2018.

>8 mars: "S'il vous plaît, faites-vous légers, moi je ne peux plus bouger" !

Je crois que je n'ai jamais entendu un aussi bel hommage aux femmes. J'étais au Canada, à Québec, lorsque, scotché à un fauteuil, je regardais et écoutais Pauline Julien le chanter, l'incarner. Chanson écrite par Anne Sylvestre, "Une sorcière comme les autres" prend aux tripes et nous renvoie, nous, les hommes, à nos lâchetés séculaires, laissant trop souvent à nos compagnes le soin de soigner les blessures, de porter la charge et de réparer le monde, le "tikkun olam" juif, que j'ai toute ma vie tenté d'atteindre, sans succès, évidemment. Merci à nos soeurs d'humanité, d'être ces réparatrices du monde des hommes. 08 mars 2018.

Les peuples ont-ils le droit de mieux respirer ?

La demande d'autonomie, voire d'indépendance de certains peuples est-elle légitime ? Ont-ils le droit de vouloir mieux respirer ou respirer autrement ? Le droit international reconnait la légitimité d'un peuple à l'autodétermination. Faut-il encore que ce peuple puisse démontrer l'existence de racines historiques, ses caractéristiques culturelles propres, comme la pratique courante d'une langue et, ne l'oublions pas, qu'il puisse démontrer, qu'en tant que minorité, il souffre et subit unilatéralement la loi d'un plus fort. C'est ici que la question catalane, basque ou corse ... se corse. Pour ce qui concerne la Catalogne, qui peine à prouver  tout de même  la maltraitance de Madrid à son égard, la demande du peuple catalan, faiblement majoritaire, à obtenir plus d'autonomie, à terme, l'indépendance, est suffisamment complexe pour éviter tout ajout superflu à ce brouillard institutionnel. Les interférences extérieures européennes, elles existent, de part et d'autre, compliquent la tâche des acteurs du bras de fer Madrid/Barcelone. Parce qu'il y est né, qu'il est donc d'origine catalane et espagnole, Manuel Valls, toujours dans sa traversée du désert, après la bérézina des socialistes français à l'élection présidentielle de mai 2017, s'autorise à intervenir régulièrement sur la scène politique ibérique. Il y exprime, avec force, sa condamnation de tout séparatisme, catalan ou autre, d'ailleurs. Ce qui lui vaut la sympathie des tenants conservateurs, de gauche, de droite et d'extrême droite, de l'intégrité juridique et politique du pays: "Le séparatisme est la pire des choses qui puisse advenir à l'Espagne et à l'Europe". On peut comprendre son souci de l'unité espagnole. Mais n'oublie-t-il pas ainsi de prendre en compte sa riche diversité ainsi que son mode d'emploi, qui ne peut se réduire à un mépris ? On peut aussi et doit s'inquiéter de toute menace de fragmentation de l'Union européenne, garante d'une survie des peuples européens dans un espace mondialisé compétitif et féroce. Mais une Europe trop centralisée, bunkerisée à Bruxelles, ne fait-elle pas déjà le jeu des forces centrifuges eurosceptiques, voire anti-européennes ? Je fais partie des soutiens de Manuel Valls, pour son courage, sa lucidité, son pragmatisme, sa lutte incessante pour la laïcité, son combat contre le racisme et l'antisémitisme. Mais je ne partage pas son jacobinisme à la nuque raide, façon colonel. Le problème catalan pose la question en effet de la respiration des peuples. N'est-ce pas le droit des Catalans de vouloir mieux respirer ? Où je suis d'accord avec l'ancien premier ministre, c'est que Barcelone doit négocier toute bouffée d'air frais supplémentaire dans le cadre de l'Etat de droit espagnol, non dans une fuite en avant aux allures de coup de force. 

19 février 2018.

>L'automobile allemande au banc des accusés.

                        Les singes et les humains au banc d'essai !

                                          Mais pourquoi donc les fabricants de cigarettes n'ont-ils pas pensé

                                               à réaliser aussi des expériences sur les fumeurs, afin de démontrer

                                        l'innocuité du tabac sur la santé humaine ? Quant à faire fumer des animaux ...

Je suis plutôt germanophile, davantage francophile, il est vrai. Je possède une voiture allemande, mon épouse également. Je me rends régulièrement en Bavière, région des Alpes que j'apprécie. Je salue le travail de mémoire que l'Allemagne a réalisé sur son passé nazi, contrairement à l'Autriche, notamment à l'égard du peuple juif - ce qui n’empêche malheureusement pas le retour des démons de l’extrême droite de l’AFD - ainsi que son apport déterminant à la construction européenne. Mais là, pardon, quand on est humain, qui plus est, allemand, il y a des actes abjectes, hors de tout entendement, qui exilent notre humanité au rang d'expérience de laboratoire. Le Dr. Mengele aurait-il des héritiers aryens distraits, décomplexés ou écervelés ? Rappelons que dès 1933, Hitler a ordonné de "purifier" la race allemande de ses éléments dits dégénérés, à savoir les handicapés principalement mentaux. En 1940, afin de faire de la place dans les centres psychiatriques et les hôpitaux, il les fait gazer dans des chambres dédiées ou des camions aménagés. Gazer, sans tuer, cela faisait partie, semble-t-il, du protocole de "recherche" des constructeurs automobiles allemands - à vérifier tout de même pour les singes - mais gazer tout de même - il n'y a pas d'autres mots - des animaux et de jeunes étudiants sans le sou pour tester le degré de "non-dangerosité" des moteurs diesel ... Toutes proportions gardées, voilà qui évoquent des souvenirs insupportables. Nous le savions, la barbarie est de retour, en nos murs. 02 février 2018.

>Le courage et la culture, outils de résistance !

Quand tout vascille, il reste la culture,

qui n’est pas un vain mot grossier,

car demeurer libre n’est jamais acquis,

demeurer libre a un prix !

Qui peut prétendre que notre monde est désormais assagi ? Qui peut affirmer sans faillir qu’il court vers des temps apaisés et heureux, loin de la barbarie des siècles passés, enrichi de l’histoire, de l’humanisme et de l’expérience ? Personne ! A l’heure où les Kim Jong-Un, Poutine, Trump, Erdogan, Assad, Ben Salman, Viktor Orban, Beata Szydlo enlaidissent le monde de leurs délires idéologiques, nationalistes ou religieux, dans le même temps, des hommes et des femmes de culture leur répondent avec leurs moyens, certes, moins tonitruants, mais beaucoup plus profonds. Exemples : deux films à l’affiche, « Les heures sombres », de Joe Wright, sur la solitude de Churchill au moment décisif, et « Pentagone papers », de Steven Spielberg, sur le violent conflit qui opposa l’administration Nixon au New York Times et Washington Post, concernant la véritable nature de l’intervention américaine au Vietnam. Quand tout semble fini et que votre entourage renonce, voire trahit, il reste le courage, dont on ne fait pas assez l’éloge, et cette action, valeur cardinale, qui mériterait un cour obligatoire dans nos écoles, et qui s’appelle résister ! Dire non à celle et celui qui vous abuse, vous maltraite et vous asservit, dire non à la marche des bottes, des chars et des vérités absolutistes sur nos libertés, voilà la véritable leçon morale que nous enseigne Winston Churchill. Un Charles de Gaulle, de l’autre côté du Channel, au même moment, ne fait pas autre chose. Face au mensonge d’Etat, une femme, Katharine Graham, propriétaire du Washington Post, et un homme, Benjamin Bradlee, rédacteur en chef, vont affronter la puissance du pouvoir d’un président bien décidé à écraser dans l’œuf la volonté d’une presse indocile de dévoiler plus de 7000 pages de documents compromettants sur la guerre du Vietnam. Quelle est la valeur ici exprimée par Spielberg ? Quand certains régimes politiques s’arrangent avec la vérité, qu’ils diffusent, via des officines spécialisées, fake news et autres manipulations de l’opinion publique, nous avons besoin d’une presse indépendante, garante de nos libertés. Ou comment des hommes et des femmes de culture nous rappellent l’essentiel : demeurer libre n’est jamais acquis, demeurer libre a un prix, parfois cher mais toujours nécessaire. C'est pourquoi le courage et la culture sont outils de résistance.

26 janvier 2018.

>Belle et lumineuse année 2018 !

Mes amis, sur la plage comme sous la pluie, empressons-nous d’embellir la vie avant qu’elle ne nous prive un jour de la beauté qu’elle offre si généreusement, tant qu’elle coule dans nos veines comme l’eau de la Seine.1er janvier 2018.

>Emmanuel Macron fait bouger les lignes !

Quoi qu'en disent ses détracteurs de gauche et de droite, que l'on y soit indifférent, que l'on s'en agace ou que l'on fasse partie de ses fidèles et de son armée de sympathisants et admirateurs, Emmanuel Macron, non seulement casse les codes, mais fait bouger les lignes, en France, en Europe et dans le monde. Nombre d'observateurs et de dirigeants étrangers l'observent avec étonnement, intérêt et/ou gourmandise. A n'en pas douter, j'en suis plus que jamais convaincu, il ouvre un nouveau chapitre de l'histoire de notre continent. Croyez-moi ou non, vous n'avez encore rien vu. La France est de retour ! 18 décembre 2017.

>La complexité du monde !

                Au travail, les amis !

Mon soutien à Emmanuel Macron vient de plus de 40 années d’étude et d’observation du champ politique, économique et social. 

 

La complexité du monde explique mon choix ! C'est le "en même temps", d'Emmanuel Macron, que d'aucuns lui reprochent, en le taxant de simpliste, pourtant concept bi-face indispensable, si l'on veut rendre compte de l'hétérogénéité des questions difficiles que la modernité nous pose. Le noir ou blanc a quasi disparu de nos sociétés, à savoir qu'il n'y a plus de réponses simples à des problèmes complexes. Les nuances de gris marquent désormais notre temps comme la variété et la richesse des sentiments face au destin, à l'amour, à la beauté, au bien et au mal, à la nostalgie, la nouveauté, la maladie, la mort. Nous devrons nous y habituer, car le réel est plus fort que toutes les idéologies. 

 

Je dois y revenir, car certains s'interrogent légitimement sur le sens de mon soutien à la candidature d'Emmanuel Macron, sur le sens de ma présence dans le mouvement En Marche. Pardonnez-moi pour les explications techniques, voire technocratiques de mon choix, mais je pense que personne ne peut s'exempter de la complexité du monde moderne, pas plus que de se permettre de juger et jauger, les uns et les autres, sans accepter le nécessaire effort de compréhension de leur rapport à cette même complexité. En arithmétique comme en économie, bien que différentes ontologiquement, par leur articulation aux affects humains qui les traversent ou non, toutes deux ont cependant à respecter des règles, des contraintes et des réalités qui s’imposent à leur discipline. Personne ne peut nier le résultat d’une multiplication, comme nul ne peut ignorer l’indice de rentabilité d’une entreprise. Soyons concrets. Si les entreprises, prises globalement, sont malades et donc n'investissent pas ou plus, elles n'engagent pas, voire licencient ou délocalisent leur production et services, afin de retrouver des ratios plus conformes à leur survie. Je reconnais que ce n’est pas toujours le cas, car certaines quittent le pays d’origine pour accroître leur cash flow, donc les bénéfices, pour d'autres, il s'agit, ni plus ni moins, que de ne pas mourir. En ce cas, comment espérer que le pouvoir d'achat des travailleurs et des familles soit assuré ? Là où la micro-économie rejoint la macro-économie, c’est lorsqu’une politique publique encourage l’augmentation du pouvoir d'achat, ce qui, sur le plan moral et social, est légitime, mais en distribuant les bienfaits de cette politique, soit en creusant unilatéralement les déficits publics, qui sont aujourd’hui abyssaux, et cela ne fait que plonger davantage l'économie dans la récession et reporter la dette sur les générations futures, soit, pour trouver une source de financement suffisamment solide, c’est le recours à l’impôt sur le travail, impôt direct, et/ou à la TVA, impôt indirect injuste, qui ponctionne le pouvoir d’achat des ménages les plus pauvres. Il y a une troisième voie, qui n’est plus possible à l’échelle nationale en Europe, depuis la création de l’euro, c’est faire tourner la planche à billets et provoquer mécaniquement de l’inflation, donc de la perte de pouvoir d’achat. Cette politique redistributive généreuse dans son principe, c’est la doctrine de la gauche classique, sans contre-partie réelle sur le plan des réductions de la dépense publique, n’empêche pas, qu’un jour ou l’autre, il faut rembourser les sommes empruntées par les Etats. A qui ? Aux systèmes bancaire et financier internationaux. Avec des taux d’intérêt bas, comme ce fut le cas depuis quelques années, cela se passe relativement sans grande douleur. Problème, ces mêmes taux d'intérêt, c'est aujourd'hui la politique de la Réserve fédérale américaine, demain, celle de la Banque centrale européenne, augmentent depuis quelques mois. Il ne fait pas de doute, car tous les indicateurs disent la même chose (les taux de croissance, la politique pétrolière de l'OPEP, l'inflation et le protectionnisme de retour), que ces taux s’apprêtent à rentrer dans un cycle long économique, moins favorable évidemment aux prêts bancaires et aux investissements, puisque l’argent sera de plus en plus cher à l'avenir. Ce qui aura pour conséquence de gonfler les dettes publiques des Etats et de tendre mécaniquement le coût de toutes les politiques publiques de redistribution, voire de simple régulation. L’accroissement de pouvoir d'achat, par l'injection dans les circuits économiques de masses financières à crédit, sert avant tout, il faut le dire aux tenants des politiques laxistes keynésiennes, les financiers, qui se nourrissent grassement sur la dette publique et favorise l’importation de biens de consommation courante, ce qui a pour effet d’accroître le déficit de la balance commerciale des Etats. Il est donc urgent que les tous les gauchistes et les socialistes ancien modèle, qui leur emboîtent le pas, comprennent les mécanismes complexes qui régentent l’économie mondiale, qu’ils arrêtent de se murer dans le déni du réel et qu’ils se rendent compte, enfin, que le socialisme doctrinaire, qu'ils poursuivent dans leurs rêves chimériques et dangereux, est mort avec Karl Marx. Je suis social-démocrate ou plutôt, c’est plus clair ainsi, social libéral. Mon modèle de société, s'il doit y en avoir un, c'est le modèle des pays nordiques adapté à la révolution numérique et à l’urgence de l’innovation. Ces Etats ont édifié des sociétés modernes, tolérantes, ouvertes sur le monde et solidaires, oui, solidaires. Concilier les impératifs économiques et les exigences sociales, voilà un projet porteur, audacieux et révolutionnaire. Si j'ai rejoint le mouvement En Marche d'Emmanuel Macron, c'est que ce rassemblement d’hommes et de femmes, de gauche, du centre et de droite, portés par des valeurs humanistes et libérales, rompt avec les vieux conservatismes des uns et des autres et offre de nouvelles solutions aux immenses défis qui s’ouvrent devant nous. C’est parce ce que Emmanuel Macron incarne la voie équilibrée d’un social-libéralisme soucieux, à la fois, du bien-être des personnes, de la bienveillance entre les personnes, et de la nécessité de libérer les énergies, de casser les carcans d’une bureaucratie asphyxiante, de fluidifier la société, pour tout dire, de reconnaître que la quête du bonheur personnel et familial n’est pas et ne peut pas être antagonique avec les grands équilibres nécessaires de la société. Les sociaux libéraux sont non-dogmatiques. Ils ne sacrifient pas le réalisme sur l'autel de l'idéologie. La social-démocratie plonge ses racines dans l'histoire du mouvement ouvrier allemand, elle a évolué, par nécessité, car le pragmatisme est dans son ADN. Elle s'est émancipée d'une conception ringarde du monde, dans laquelle la vieille gauche l'enferme et s'enferme. En France, car ce pays reste un référent dans le monde, cette social-démocratie honteuse doit aujourd’hui faire un choix. Soit demeurer dans sa vieille maison socialiste marxisante, soit rejoindre ce grand courant qui se lève dans le pays, qui s’oppose radicalement au projet affolant du populisme de l’extrême droite et qui marche avec Emmanuel Macron. Je trouve sévère et injuste les attaques sommaires, grossières, voire abjectes contre cet homme courageux, contre son choix de proposer aux Français une transgression: dépasser la guerre de tranchées gauche/droite pour rassembler le meilleur du social de la gauche et le meilleur de l'économique de la droite. Nous sommes loin d'une politique conservatrice et réactionnaire. Allons voir du côté de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne ce que représente une véritable politique d'austérité asséchante: coupes claires dans les budgets de l'éducation, de la sécurité sociale, de la santé, diminution du montant des pensions, report généralisé et aveugle à 67, 68 ans du départ à la retraite, vente du patrimoine culturel de l'Etat etc. La rigueur budgétaire, oui, elle est indispensable, elle n'exclut pas, tout au contraire, une politique sociale intelligente car sélective. L'époque de mesures indistinctes est révolue. Le temps est venu de dire aux citoyens responsables que les droits imposent des devoirs et que les devoirs donnent des droits. On ne peut plus en effet appliquer des politiques linéaires, alors que les situations locales et individuelles sont de plus en plus diverses, entre privilégiés de statuts, qui ne sont plus acceptables, et laissés-pour-compte. C'est la philosophie politique que propose à la France et à l’Europe Emmanuel Macron. Il n'y a pas d'autre alternative, si ce n'est le retour de la droite brutale au pouvoir, qui n'hésitera pas, au cas où elle serait majoritaire au terme des élections législatives de juin, de sabrer dans les budgets sociaux et de provoquer de véritables saignées. Si l'échec des progressistes sociaux libéraux et humanistes est le véritable souhait du Parti socialiste français, ses responsables seront les premiers à en payer le prix fort - ils le paient déjà - avec leur relégation dans l'opposition pour très longtemps. Il est essentiel aussi de ne pas encourager davantage l'hystérisation de la société française. Prendre le risque d'accroître les divisions, les schismes et les guerres civiles, comme l'extrême droite ne manquerait pas de le faire en cas de victoire de Marine Le Pen, c'est affaiblir durablement ce merveilleux pays qu'est la France. La révolution, au sens de la nécessité d'un changement complet des paradigmes de toute politique publique, sociale et économique, n'est pas le choix du dogmatisme rigide et irréaliste de la gauche doctrinaire. Ce n'est pas plus le choix d’un programme rétrograde et violent de la droite dure. Au premier tour de l’élection présidentielle, les électeurs ont tranché entre ces options. A présent, nous nous retrouvons face à l’extrême droite. Le programme de Marine Le Pen, s’il devait être appliqué, serait un désastre économique, social et culturel. L’aventure populiste et la fuite en avant nationaliste qu’elle propose mèneraient la France et l’Europe droit dans le mur. On sait d’où elle vient, l’héritière d’une lignée qui va de Pétain à Le Pen père. On sait où elle veut aller, en déchirant le cœur de France par une guerre civile mijotée dans son arrière boutique. La révolution démocratique, citoyenne et radicale que représente Emmanuel Macron, même si la tâche est immense, c'est, j'en suis convaincu, ce que la liberté, l’égalité et la fraternité peuvent offrir de meilleur aux citoyens en attente d’un renouveau démocratique. Au travail, les amis ! 27 avril 2017.

>La responsabilité de la France dans la déportation des Juifs français !

 

Ce n'est pas seulement l'Etat français, mais la France elle-même qui déporta 13.152 juifs vers Auschwitz, les 16 et 17 juillet 1942. A l'occasion du 75ème anniversaire de la Rafle du Vel d'Hiv, il fallait que cela soit dit avec force. Le propos du Président de la République, Emmanuel Macron, doit se comprendre, non comme une vaine et absurde demande de contrition au peuple français, mais comme la volonté, une bonne fois pour toutes, car le déni rode encore dans les esprits intentionnels, de dire toute la vérité historique, dans le sillage élargi des Présidents Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. C'est l'honneur de la France de regarder l'histoire les yeux grands ouverts, de ne plus se cacher et se mentir derrière l'ombre magnifique et, faut-il le dire, assez solitaire du Général de Gaulle ! 16 juillet 2017.

>L'Europe, le chemin et l'horizon !

>"Make our planet great again" ! 

 

Le Président français, en interpellant, voire en défiant, en anglais, directement Donald Trump, se positionne intelligemment et opportunément comme un leader mondial dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les actes qui suivront, aiguillés par Nicolas Hulot, le nouveau Ministre de l'Ecologie, diront si Emmanuel Macron tient cette promesse nécessaire. J'ai la conviction que nous ne serons pas déçu par ce jeune et énergique président. 1er juin 2017.

 Shame on you, Donald Trump !

<Un nouveau Président pour une France rajeunie !

                                                          Le Louvre, Paris, dimanche 7 mai 2017.

>Barack Obama en marche !

>Un combat plus qu'un débat, mais à qui la faute ?

 

Le débat de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle française fut un combat. Dès l'entrée, Marine Le Pen a cogné et caricaturé Emmanuel Macron, avançant des slogans et des mensonges en veux-tu en voilà. Il lui a répondu sur le fond, chaque fois que cela était possible, car la parole d'en face crachait telle une Kalachnikov, démontrant la teneur et la pertinence de son projet. La candidate de l'extrême droite, au bord de l'hystérie, perdue dans ses écrans de fumée, ses notes brouillonnes et ses effets de manche d'avocate ratée, évita soigneusement de parler de ce qui fâche vraiment: l'amateurisme affligeant de ses propositions économiques, son mépris de la justice, sa haine infinie comme moteur de son action, bref, le vide sidéral de sa pensée ! A l'opposé, Emmanuel Macron, tout en cohérence et efficacité, resta calme, malgré la tentation permanente de saillies bien senties, comme lorsqu'il lui envoya cette volée: "Vous êtes la grande prêtresse de la peur !", et fit en sorte, sans toujours y parvenir, d'élever le débat au niveau des véritables enjeux de cette élection. Il n'y a aucun doute, ce combat n'a guère honoré le débat républicain - mais à qui la faute ? - Pas de doute non plus quant à l'attitude et la réaction des Françaises et des Français ce dimanche 7 mai 2017; ils donneront à Emmanuel Macron, par un vote clair et déterminé, qui ne sera en aucun cas un chèque en blanc, il en est pleinement conscient, l'énergie humaine, il n'en manque pas, et le poids politique, il lui en faudra, afin de mettre en oeuvre immédiatement sa méthode de travail, elle surprendra, et sa grande ambition, qui finira par être contagieuse, j'en fais le pari, pour la France et pour l'Europe.

Voici le commentaire de Paul Durieux, un ami et coeur battant du mouvement Alliance Wallonie-France, qu'il publie sur le site de l'AWF à propos de la création du site Le Coin de vue. Qu'il me soit permis ici de le remercier. Nos valeurs communes nous lient en Wallonie, en France, en Europe ...

EDITORIAL

LECOINDEVUE.BE

16 MARS 2017 

 

Parmi les chemins qu’emprunte l’Internet, il y en a qui s’engagent loin de la fureur et de la futilité dont se nourrit trop souvent l’esprit des hommes. Voici comment notre ami Roland Douhard présente le site qu’il a créé récemment :

« Contraction entre point de vue et coin de vie, le Coin de vue est une perception, un travail subjectif en action. Ne pas prétendre à la vérité, mais parcourir un chemin, du particulier à l’universel. Tourner le dos au vacarme du monde et proposer un dialogue respectueux et serein aux visiteurs du site. »

Homme engagé, Roland Douhard met des mots sur son rapport aux autres et au monde mais aussi sur son expérience intime de la vie telle qu’il l’a parcourue jusqu’à présent :

« A l’heure d’écrire ces lignes, j’ai 61 ans et, banalement, je me retourne. Ce fut enchanteur mais également difficile. La naissance, avec l’argent, est le plus injuste des héritages. Son tempo et son lieu sont une loterie dont on ne se remet pas. Naître est un destin que seule l’éducation peut contourner sans l’effacer, elle-même dépendante des circonstances. Double handicap, pour les uns, chance renforcée pour les autres. Quand ai-je pris conscience de la condition humaine, devrais-je écrire de la comédie humaine ? Ou plutôt, quand ai-je appris à prendre conscience du poker menteur qui se joue entre le hasard et la nécessité ? »

La France et la politique animent cet homme passionné. Quand on voyage à travers son site, on ne tarde pas à découvrir qu’il « marche » avec Emmanuel Macron. Il s’en explique :

« Je suis social-démocrate ou plutôt, c’est plus clair ainsi, social libéral. Mon modèle de société, s’il doit y en avoir un, c’est le modèle des pays nordiques adapté à la révolution numérique et à l’urgence de l’innovation. Ces Etats ont édifié des sociétés modernes, tolérantes, ouvertes sur le monde et solidaires, oui, solidaires. Concilier les impératifs économiques et les exigences sociales, voilà un projet porteur, audacieux et révolutionnaire. Si j’ai rejoint le mouvement En Marche d’Emmanuel Macron, c’est que ce rassemblement d’hommes et de femmes, de gauche, du centre et de droite, portés par des valeurs humanistes et libérales, rompt avec les vieux conservatismes des uns et des autres et offre de nouvelles solutions aux immenses défis qui s’ouvrent devant nous. »

Et ailleurs, il écrit :

« La révolution, nécessairement, doit être démocratique, citoyenne, basée sur une analyse lucide de l’état de la société ainsi que sur des propositions audacieuses, transgressives et, c’est important, réalistes. Tout discours de repli nationaliste, toute vision complaisante pour une idéologie, de gauche et de droite, toute réduction des dépenses publiques, qui ne visent que les plus faibles et ne touchent pas les plus nantis, toute dépense qui n’est pas financée, toute réforme qui n’est pas tenable, tout cela ne peut engendrer que la régression et l’échec, quelle que soit l’origine de ces velléités ou dérives. La révolution, aujourd’hui, c’est précisément dépasser les vieilles recettes, qui n’ont pas fait leurs preuves, c’est oser le travail en commun de personnes de bonne volonté qui, jusque-là, s’opposaient dans des batailles stériles, et qui, pourtant, partagent le même souci de la bienveillance sociale et de l’intérêt supérieur d’un pays, d’une nation, d’un peuple. La première fois que j’ai mis les pieds au pays d’Hugo, j’avais 5 ans. J’ai pleuré en regardant un paysage du Sud, qui me disait, « Te voilà chez toi ! ». Mes origines françaises, par mon père, coulaient dans mes veines comme sur mon visage. Je n’ai jamais oublié ce moment intime, où le cœur s’enflamme pour une terre comme il peut le faire pour une mère. » 

C’est la voix d’un homme, d’un citoyen, d’un ami : voilà pourquoi nous vous recommandons le site http://www.lecoindevue.be/.

                          La tache lumineuse, ocre et plus marquée, c'est la Belgique, la tête en bas dans le vide sidéral.

                                   J'y vis parmi les Hommes. Photo prise le 10 février 2017 par l'astronaute français,

                                                 Thomas Pesquet, à bord de la station spatiale internationale.

                                                        Le temps passe et il fait tourner la roue de la vie

                                                                comme l'eau celle des moulins. 

                                                       Telle est la vie des hommes, quelques joies,

                                                      très vite effacées par d'inoubliables chagrins.

                                                      Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants."

                                                                           Marcel Pagnol

                                                  " Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple

                                                   et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux

                                                     montrer à mes semblables un homme dans toute

                                                    la vérité de la nature; et cet homme ce sera moi. "

                                                                 Jean-Jacques Rousseau

                                                             

                                                Liège, Cité ardente, c'est là où je vis, c'est là où j'écris.

                                                            Un coin du monde, mais c'est le mien.

 CEUX DE LIÈGE

 

Dût la guerre mortelle et sacrilège

Broyer notre pays de combats en combats, Jamais, sous le soleil, une âme n’oubliera
Ceux qui sont morts pour le monde, là-bas,
À Liège.
Ainsi qu’une montagne
Qui marcherait et laisserait tomber par chocs
Ses blocs,
Sur les villes et les campagnes,
S’avançait la pesante et féroce Allemagne.
Oh tragique moment !
Les gens fuyaient vers l’inconnu, éperdument Seuls, ceux de Liège résistèrent
À ce sinistre écroulement
D’hommes et d’armes sur la terre.
[...]
Que jamais troupe de guerre
Ne fut plus ferme et plus terrible sur la terre.
La ville entière s’exaltait
De vivre sous la foudre ;
L’héroïsme s’y respirait,
Comme la poudre ;
Le cœur humain s’y composait
D’une neuve substance
Et le prodige y grandissait
Chaque existence :
Tout s’y passait dans l’ordre intense et surhumain Ô vous, les hommes de demain,
Dût la guerre mortelle et sacrilège
Même nous écraser dans un dernier combat, Jamais, sous le soleil, une âme n’oubliera,
Ceux qui sont morts pour le monde, là-bas
À Liège.

« Ceux de Liège », poème d’Émile Verhaeren (1916).