>Tohu & Bohu !

Le tohu-bohu, dans la Bible - Genèse I, 1-2 - c'est le temps de la préparation du monde, là où tout se mélange dans un indistinct provisoire. C'est l'origine de chaque chose en devenir, le "bouillon primitif" du Big Bang des astrophysiciens. L'actualité nous offre chaque jour le spectacle d'un chaos que l'on espère organisé. Nous avons un mal fou à trouver nos repères et à donner du sens au flux incessant des informations. Pourtant, chacune d'elles porte une signification à venir. Tohu-Bohu leur est consacré. 

>Le foutoir bruxellois !

C'est peu de le dire que les Bruxellois jugent la capitale de la Belgique et surtout de l'Europe mal gérée. Bruxelles et ses 19 communes sont un condensé de tout ce qu'il ne faut pas faire en matière de gouvernance. Dans ce territoire pas plus grand qu'un confetti, il y a plus d'élus, de mandataires en tous genres (conseillers communaux, de CPAS, échevins, bourgmestres, députés régionaux, ministres régionaux, sans parler des COCOF, COCON, COCOM et autres intercommunales et asbl nombreuses et nébuleuses) que dans les grands pays européens. Les tunnels qui s'effondrent par manque d'entretien. Le chaos permanent de la circulation routière. Les modes de transport alternatifs à la voiture négligés, voire sacrifiés. Les polices locales en relation aléatoire avec la police fédérale et la Sûreté de l'Etat, lors des attentats terroristes de mars 2016. Les zones de police bruxelloises qui ne se coordonnent pas, lors des trois récentes émeutes. Le salage des voiries éclaté entre les 19 communes et la Région, ouvrant ainsi la porte à une désorganisation lamentable, dès qu'il y a 5 cm de neige ... Dire que les principaux élus francophones bruxellois trouvent que tout cela doit continuer ainsi, puisqu'ils se scandalisent, lorsque les Flamands, en toute bonne logique, proposent de rationaliser quelque peu ce véritable foutoir ... 12 décembre 2017.

>Trump et Netanyahu sont des imbéciles !

                          La belle synagogue de Göteborg, en Suède, victime à nouveau d'actes antisémites.

En plus de la violence à Jérusalem, à Gaza, dans les territoires occupés et au Moyen-Orient, provoquée par l'irresponsable et imbécile décision de Trump de transférer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, fallait s'y attendre, et là, Netanyahu et Cie ne sont pas présents pour y faire face et en payer le prix, on relève, comme il se doit, dans plusieurs endroits de la planète, des propos et des actes antisémites. Ici, en Suède, où l'on crie mort aux Juifs dans une manifestation et où l'on s'attaque à une synagogue ... Bilan: la diplomatie américaine est seule au Conseil de sécurité de l'ONU, à juste titre, Israël est plus que jamais isolé de la communauté internationale et les Juifs de la diaspora sont à nouveau menacés. Il est à craindre que ce ne soit qu'un début. Tout cela pour satisfaire, de manière purement symbolique, car rien, en réalité, ne change sur le terrain, le nombrilisme insensé et la vision à courte vue des nationalistes juifs, religieux ou pas, et des évangélistes chrétiens américains ...

10 décembre 2017.

>Jean-Luc Mélenchon, quel écoeurant et sinistre personnage !

Regardez comment Jean-Luc Mélenchon traite Laurence Debray, fille de Régis Debray, historienne, écrivain franco-vénézuélienne. Sa grossièreté verbale et sa violence gestuelle en disent long sur son respect de la femme, du débat démocratique et de la laïcité. De plus, fidèle en totalitarisme, il maintient son soutien à la dictature marxiste du Président du Vénézuela, Nicolas Maduro, digne successeur d'Hugo Chavez, qui affame son peuple et remplit les prisons de ses opposants. Mélenchon ? Ecoeurant et sinistre personnage ! 2 décembre 2017.

>Le combat solitaire au PS de Charles Picqué !

«Il n’y a pas d’insertion sociale possible pour ces casseurs», c'est la déclaration que fait Charles Picqué, président du parlement bruxellois, au journal "Le Soir" aujourd'hui. Elle fait suite aux trois émeutes qui se sont déroulées dans les rues de la capitale de l'Europe en ce mois de novembre 2017. La première, à l'occasion de la qualification du Maroc pour la coupe du monde de foot en Russie l'été prochain, la deuxième, lors de la venue à Bruxelles d'un paradeur, mi-comique mi-sinistre, sur Internet, véritable idole des jeunes ados, et la troisième, dans la foulée d'une manifestation de dénonciation de l'esclavagisme pratiqué en Libye. Parmi tous ces jeunes, il ne sert à rien de se voiler la face, des dizaines, peut-être des centaines de casseurs, profitant d'événements extérieurs à leurs clans et prêts à tout détruire.

Il m'est arrivé plus d'une fois de me reconnaître dans le pragmatisme de Charles Picqué. Si sa vision sociale démocrate et réformiste avait vraiment prévalu au PS - l'écart entre les paroles de tribunes et les actes de gestion y est sidérant - ce parti n'en serait pas à courir derrière les thèses gauchistes et populistes du PTB. Homme de terrain plus que d'idéologie, sage bourgmestre de Saint-Gilles, ancien excellent ministre-président de la Région Bruxelles-Capitale et actuel Président de son parlement, il a toujours délibérément tourné le dos aux discours démagogiques et communautaristes en vogue au PS francophone belge. Voilà un socialiste qui ne s'enferme pas dans les fantasmes marxistes et qui rompt avec l'immaturité d'un parti aujourd'hui en perdition. Le sirupeux Di Rupo, son éternel président, jamais aussi bon que dans le façadisme, intouchable coulé dans le marbre de la langue de bois, est dramatiquement acclamé par son armée d'apparatchiks, qui vote avec des majorités staliniennes - ce qui en dit long sur la "richesse" du débat démocratique au sein du parti - enivrés par le pouvoir quand ils le détiennent, véritables junkies, accros aux mandats et prébendes, et pitoyables de démagogie quand ils sont dans l'opposition. Charles Picqué est bien seul dans son combat pour le réalisme, la lucidité et le courage. Le 27 novembre 2017.

L'antisémitisme d'une certaine gauche !

Voici le montage et le tweet de Gérard Filoche, après une longue période de militant d'extrême gauche, ancien responsable du PS français, inspecteur du travail à la retraite. Coutumier de coups bas, mais là, son coeur de cible n'est autre que les Juifs. Emmanuel Macron, doté d'un brassard qui ne souffre d'aucune équivoque, manipulateur triomphant du monde, inspiré, voire manipulé lui-même, comme il se doit, par trois figures juives: Patrick Drahi, chef d'entreprise, Jacob Rothschild, banquier, et Jacques Attali, écrivain. Le tout sur fond des drapeaux américain et israélien, au cas où le message ne serait pas assez clair ... Ce genre de sortie sur le "complot juif" n'est pas le monopole de l'extrême droite et des islamistes, versus Tariq Ramadan. Elle est aussi la sinistre compagne politique et culturelle d'un certain nombre de femmes et d'hommes de gauche, qui, sous couvert d'antisionisme, déversent leur antisémitisme viscéral à longueur de tribunes et d'interventions sur les réseaux sociaux. Gérard Filoche a baissé le masque, lui, il se passe très bien du faux nez antisioniste pour montrer sa vraie nature. Malheureusement, il n'est pas seul sur la scène obscène de la haine des Juifs ! 18 novembre 2017.

>Charlie Hebdo joue sa mediapartition ! 

Charlie Hebdo se paie la tête de l'islamo-gauchiste et admirateur de Tariq Ramadan, Edwy Plenel, ancien journaliste au "Monde" et fondateur de Mediapart. Cela ne lui plaît pas, évidemment ...

<Le Prophète en personne !

Les journalistes de "Charlie Hebdo" sont à nouveau menacés de mort, suite à la Une de cette semaine. Fidèle à ses valeurs de liberté et de laïcité, l'hebdomadaire satirique titre sur Tariq Ramadan, accusé par plusieurs femmes de violence et d'abus sexuels. A croire qu'il représente pour la horde sauvage islamiste qui le suit l'incarnation du Prophète en personne ...

6 novembre 2017.

>La couverture de l'hebdomadaire "Marianne" cette semaine !

>L'intelligence ne prévaut dans aucun des deux camps !

En mettant en prison les ex-membres de l'exécutif catalan, les autorités judiciaires espagnoles, à l'unisson du gouvernement de Madrid, offrent une bonne raison au camp de l'indépendance de reprendre la main. Avec une certaine bonne conscience, les indépendantistes dénoncent une justice partiale aux ordres et l'ex-président, Carles Puigdemont, depuis Bruxelles, dispose désormais, jusqu'à sa probable extradition, d'une tribune internationale victimaire. Ainsi, les résultats de l'élection régionale du 21 décembre, dont on pouvait penser qu'ils permettraient au camp national de remporter le scrutin, après l'amateurisme affiché par Barcelone, sont plus qu'incertains. La nouvelle galvanisation des partisans de la sécession ne manquera pas de se manifester dans les jours et les semaines à venir. Des deux côtés, le constat n'est guère encourageant: on tourne le dos au dialogue - il faudra bien tôt ou tard le reconstruire, voire le construire - et on manque d'intelligence dans la stratégie, car on semble aimer les difficultés et les embrouillamini. 4 novembre 2017.

>Carles Puigdemont pas à la hauteur, Charles Michel, otage de la N-VA !

  Le Premier Ministre belge, libéral francophone, Charles Michel, cède souvent à son Secrétaire d'Etat à l'Asile, Théo Francken, nationaliste flamand. 

Carles Puigdemont, l’ex-président de la Catalogne, est en Belgique et s'est exprimé depuis Bruxelles. Dès le vote des Cortès sur la mise sous tutelle de sa région par le pouvoir central espagnol, après une brève apparition pour faire diversion à Gerone, il s’est envolé pour la capitale de l’Europe en sachant que des amis l’y attendaient. Les nationalistes flamands, jamais à court de provocation, lui ont lancé en effet une invitation à se réfugier en Belgique, en Flandre, plus précisément. Un avocat flamand, spécialisé dans le droit d’asile, lui a été recommandé ... Certes, il déclare ne pas demander l'asile, mais laisse entendre qu'il restera un certain temps dans la capitale européenne. La honte s’abat sur la Belgique qui donne ainsi le flanc à une critique justifiée, car cette invitation, en provenance du cœur du gouvernement fédéral belge, laisse à penser que l’Espagne n’est pas un Etat de droit et qu’elle n’a pas ou plus sa place au sein de l’Union européenne. On peut reprocher la manière peu nuancée dont use le Premier Ministre espagnol, Mariano Rajoy, dans la gestion de la crise, mais on ne peut pas qualifier l'Espagne d'Etat non démocratique. Tout dans le comportement de Carles Puigdemont montre un amateurisme au service d’un aventurier inconséquent. Cet homme n’est tout simplement pas à la hauteur de la situation qu’il a lui-même créée. Sa conférence de presse bruxelloise, suivie par de très nombreux journalistes internationaux, a tout de même permis de voir un Carles Puigdemont soucieux de récupérer quelque peu sa légitimité. Ainsi, il a déclaré qu'il respecterait le verdict des urnes de l'élection régionale catalane du 21 décembre prochain. Il a demandé à Mariano Rajoy d'en faire autant. Mais, faut-il le rappeler, depuis le début de la crise entre Barcelone et Madrid, il n’a eu de cesse d’improviser, précipitant son peuple dans un schisme dramatique. L’autodétermination d’un peuple est légitime, mais elle ne peut s’obtenir qu’au terme d’une négociation avec le pouvoir central et ce, dans le cadre d’un processus transparent et démocratique sans faille. Cela n’a pas été du tout le cas lors du référundum du 1er octobre et de la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre. Aujourd’hui, ce même homme, après avoir généré une forme de chaos en Espagne, en venant à Bruxelles, pour y demeurer ou en partir, peu importe, entraîne dans son sillage une crise de confiance au sein de l’Europe, entre l’Espagne et la Belgique, si pas une crise diplomatique. Le Premier Ministre belge, Charles Michel, après les multiples dérapages de Théo Francken, son Secrétaire d’Etat N-VA à l’Asile, aurait mieux fait de le mettre au pas et de le démissionner, quitte à se brouiller avec son partenaire de coalition. Mais le rapport de force n’est pas en sa faveur. Jour après jour, Charles Michel apparaît de plus en plus comme l’otage des nationalistes flamands, qui font donc la pluie et le mauvais temps dans ce petit et parfois ridicule royaume. 31 octobre 2017.

>Le président de la Généralité de Catalogne se discrédite !

Carles Puigdemont, le président catalan, s'il semble savoir où son objectif devrait le conduire, l'indépendance de sa région, en revanche, ses déclarations aussi velléitaires qu'incohérentes renforcent l'image d'un responsable politique à la dérive; il ne sait visiblement plus où il va. Tiraillé entre son aile gauche radicale, ultra-minoritaire mais activiste, et son aile modérée, soucieuse de ne pas affaiblir davantage la Catalogne, il balance quotidiennement entre ce qu'il promet depuis deux mois à son électorat, déclarer unilatéralement l'indépendance, et un biais, introuvable, qui lui permettrait de ne pas rompre avec Madrid. Du coup, le premier ministre Mariano Rajoy a beau jeu de dénoncer, non seulement l'inconstitutionnalité d'une déclaration d'indépendance, ce qui est juridiquement exact, mais encore et désormais l'illégitimité du président Puigdemont. Par ses improvisations politiques, celui-ci n'est plus en situation de négocier quoi que ce soit avec l'Etat espagnol. Il avait l'occasion de reprendre l'initiative positivement, en convoquant de nouvelles élections régionales. Ainsi, il en aurait appelé à la responsabilité et à la décision du peuple catalan, rattrapant quelque peu le sentiment de flottement constitutionnel du référendum du 1er octobre. Il aurait également permis de couper l'herbe sous le pied de l'activation de l'article 155 de la constitution nationale, qui autorise le pouvoir central à destituer l'exécutif catalan et de neutraliser, par une mise sous tutelle, l'autonomie de Barcelone. A-t-il eu peur du vote du peuple catalan ? Tout le laisse croire. Est-il le jouet des forces contraires au sein du mouvement indépendantiste ? Assurément. Garde-t-il la main dans ce jeu de dupes ? Non, évidemment. La déclaration d’indépendance du parlement catalan de cet après-midi comme l’application de l’article 155 votée par le parlement espagnol ce même jour n’ont aucune chance d’être réellement opérationnelles. Il va y avoir une épreuve de force entre les deux camps, sous forme de résistance civile en Catalogne et d’exercice régalien, voire autoritaire de l’Etat espagnol. Espérons qu’à Barcelone comme à Madrid on saura raison garder. L’Etat de droit en Espagne et en Catalogne a tout à perdre d’une crise politique majeure et bientôt économique au cœur de l’Europe. Le précédent serait très préjudiciable à l’unité de l’Union européenne. 27 octobre 2017.

>L'Espagne en irresponsabilité !

Le premier ministre Mariano Rajoy, représentant de l'Etat de droit ibérique, dont nul ne peut contester l'authenticité et la légitimité, s'est comporté dans la lignée du sinistre régime franquiste: au dialogue nécessaire, il a choisi la violence comme unique réponse à la volonté d'une partie, c'est vrai, du peuple catalan qui souhaite l'indépendance de la Catalogne. Il est aussi regrettable que le Roi Felipe VI ait cru bon de condamner sans nuance plusieurs millions de Catalans, emboîtant ainsi le pas à un gouvernement central ultra-rigide. Il est évident que les conditions juridiques du référendum n'étaient pas réunies. Il est également vrai que dans le chef des indépendantistes se cache, ici et là, un sentiment égoïste, qui semble refuser la solidarité nationale entre régions espagnoles. Ce n'est pas aux Wallons qu'il faut expliquer ce tropisme de nantis ... Il est encore juste de craindre une annonce unilatérale d'indépendance, qui n'aurait aucune chance d'aboutir, tant peu de conditions du droit seraient assurées. Mais ignorer avec mépris et force une telle aspiration est irresponsable. L'Union européenne a mieux à faire que de relayer l'aveuglement institutionnel de Madrid ou la propagande sécessionniste de Barcelone. En la matière, elle marche sur des oeufs; tout précédent aurait des conséquences ailleurs, sur le Pays basque, l'Ecosse, la Flandre, voire la Corse et l'Italie du Nord ... C'est précisément pour cette raison qu'elle se doit d'éviter tout encouragement nihiliste des uns et des autres. De même, les gouvernements des Etats nationaux européens doivent s'abstenir de mettre de l'huile sur le feu en soutenant, par des propos carrés, comme l'a déclaré le président français, Emmanuel Macron, depuis Tallinn, la marche impériale et insensée du conservateur Rajoy. Etre droit dans ses bottes, certes, mais pas des bottes guerrières. Le 1er octobre 2017 restera dans l'histoire de l'Espagne et de l'Europe comme une occasion manquée de promouvoir la capacité des composantes à se respecter et à trouver, par l'indispensable effort de compréhension, un nouvel équilibre politique conforme aux constitutions démocratiques des Etats-nations, unitaires, fédéralistes ou confédéralistes, ainsi qu'au désir légitime des peuples d'être reconnus pour ce qu'ils sont. Toute diabolisation, comme n'a pas hésité à le faire le gouvernement sang et or espagnol, est voie sans issue, si ce n'est celle de la percussion et de l'affrontement. Les communautés humaines, quelles qu'elles soient, ont droit à l'écoute et à la prise en compte, en tout ou partie, de leurs revendications. Ce qui ne signifie pas leur reconnaissance de facto, selon une mécanique sans échanges. Il ne peut y avoir de règlement à ce conflit que politique. Dans cette perspective, le Parlement européen, instance démocratique élue par les citoyens, pourrait proposer ses services pour une médiation nécessaire. Nul ne peut en effet refuser le dialogue, le respect et le compromis.

2 octobre 2017.

>Un débat vif, de bonne tenue et sans conséquence

Analyse du débat de ce 20 mars entre les cinq grands candidats. Précisons tout d'abord qu'il a été d'une bonne tenue, malgré l'enjeu et la pression de l'événement sur les intéressés. Ce débat n'aura pas permis, me semble-t-il, de bousculer les actuels rapports de force, tout juste déplacer légèrement, dans le cadre des marges d'erreur, un à maximum deux points, ici et là. Rien, en tout cas, qui permette un basculement ou un effondrement des cotes des uns et des autres. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont été excellents dans leur genre. Les extrêmes ont fait le spectacle, car, sans se rassembler, sur le social comme sur l'Europe, ils se ressemblent. Ils auront conforté dans leur conviction leurs sympathisants et leur électorat respectif. François Fillon et Benoît Hamon ont été bons, sans plus, tentant de donner le change sans trop d'agressivité, sauf à l'égard d'Emmanuel Macron. Comme attendu, celui-ci fut bien souvent la cible des quatre autres, davantage, mais c'est normal, de Marine Le Pen, car elle pense qu'elle aura en face d'elle au second tour le candidat d'En Marche. Pour sa part, Emmanuel Macron a bien résisté aux attaques tous azimuts et a même pu et su montrer les dents quand il le fallait. Sa prestation a été satisfaisante, sans plus, au regard des risques qu'il encourait dans un match qui l'opposait à ses quatre compétiteurs. C'est lui en effet qui avait le plus à perdre. Je crois qu'il n'en a rien été. Un bémol cependant, alors qu'il a un programme ambitieux et précis, il doit encore améliorer ses interventions, notamment en étant plus concret en terme de propositions. Il ne faut donc pas s'attendre à voir Marine Le Pen dévisser, au contraire, elle pourrait engranger un à deux points de plus dans les intentions de vote, grappillant sur le grand nombre d'indécis. Rappelons qu'elle est donnée à l'heure actuelle à 26% par plusieurs instituts de sondage. Elle pourrait donc atteindre 27 à 28% dans les prochaines enquêtes. François Fillon devrait rester stable, à +- 19 à 20%, n'ayant fait aucune erreur et n'ayant pas été la cible des autres candidats concernant les emplois présumés fictifs de sa femme, de ses enfants et des cadeaux reçus sous forme de costumes à 6.500 euros pièce. Je ne vois pas où le candidat de la droite pourrait trouver une réserve électorale afin d'augmenter son score. Il devrait conserver la confiance de sa base, socle de sa performance actuelle. Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon devraient échanger un à deux points au profit du second, tant sa prestation fut supérieure à son concurrent de gauche. Emmanuel Macron devrait quant à lui demeurer deuxième dans les classements, derrière Marine Le Pen, avec un léger tassement, à 25%. Pour terminer, notons paradoxalement qu'un grand nombre de problèmes ont vu s'exprimer des accords entre Emmanuel Macron et, selon la manière de les aborder, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon ou François Fillon, validant ainsi, de visu, l'analyse du candidat d'En Marche sur la caducité, sur bien des sujets, du clivage gauche/droite. Voilà, pour l'heure, mon analyse. Attendons les sondages à venir qui la confirmeront ou l'infirmeront.

20 mars 2017.

>Marine Le Pen trumpiste

Marine Le Pen admire Donald Trump. Elle l'admire tellement qu'elle le copie, ne sachant plus comment répondre au scandale financier qui la vise elle et son parti. Après les emplois fictifs au parlement européen, il y en a tout de même pour près d'un million d'euros, le Front national, à la demande de sa cheffe suprême, a mis en place un système de surfacturation pour les tracts et affiches qu'il met à disposition de ses candidats pour toutes les élections. C'est le kit de campagne. Comme l'Etat rembourse ensuite les frais électoraux, résultat, ce sont les contribuables français qui remplissent les poches de Marine Le Pen et de ses amis. Elle n'a donc plus que la haine trumpiste contre les institutions de l'Etat de droit et les contre-pouvoir - justice et médias - pour expliquer l'injustifiable. Son slogan de campagne, "Au nom du peuple", me rappelle l'opposition radicale que le nazi belge, Léon Degrelle, ami d'Hitler, faisait entre "le pays réel et le pays légal" ...

>Hamon et Mélenchon sont dans un bateau 

Après la droite la plus bête du monde, la gauche la plus stupide. Mélenchon et Hamon, c'est Dupond & Dupont dans un bateau. Ils pêchent dans les mêmes eaux, leurs programmes, sur bien des points, sont similaires, notamment par le côté "pensée magique", leur électorat aussi, ils ont tous deux le melon, c'est normal, mais leurs bretelles sont boutonnées au pantalon de l'autre. Du coup, ils se débattent et font du sur place. Alors qu'une alliance serait en principe profitable aux valeurs et aux objectifs qu'ils sont sensés incarner, derrière une mascarade d'appel à l'unité, ils se méprisent, s'invectivent et se nuisent. Ceci fait les affaires des autres candidats, à commencer par Emmanuel Macron. Ou comment inventer la machine à perdre. 12 mars 2017.

>Le programme économique d'Emmanuel Macron

La crédibilité d'un programme économique s'identifie au fait que chaque dépense est compensée par une rentrée financière équivalente. Le plan d'investissements d'Emmanuel Macron sera financé jusqu'au dernier euro. Il s'agit d'un programme économique, non pas de rigueur, mais rigoureux. Pour le financer, le détail sera publié le 2 mars prochain, il faudra diminuer la dépense publique de 60 milliards, en 5 ans, car la dette globale de l'Etat, si on la laisse filer, sera payée par nos enfants et petits-enfants. 120.000 postes de fonctionnaires, dont 70% dans la fonction territoriale, seront supprimés, les postes, pas les fonctionnaires, par le non renouvellement d'une personne sur trois qui part à la retraite, toujours sur 5 ans. Baisse de 20 milliards d'impôt pour les classes moyennes et les ménages au revenu plus faible et exonération de la taxe d'habitation, fort injuste, pour 80% des contribuables. Il s'engage aussi à respecter l'étiage des 3% de déficit public pour le ramener, au terme du quinquennat, à 2,9%. Il table sur une croissance modeste, hypothèse prudente, d'une moyenne de 1,6 % l'an sur le quinquennat. L'objectif est de maintenir l'épure budgétaire et de regagner en crédibilité en la matière auprès des partenaires européens, de l'Allemagne, vu son poids économique, au premier titre. Une réforme complète du chômage sera réalisée, qui verra ses allocations s'ouvrir aux indépendants et artisans ainsi qu'aux personnes qui souhaitent démissionner de leur emploi et repartir dans un nouveau projet de vie. Ce qui nous distingue de la droite, c'est que les efforts demandés seront équilibrés et que la protection des personnes les plus fragiles, les allocataires sociaux, les petits retraités, les jeunes sans emploi, sera assurée. Les jeunes feront l'objet de dispositions spécifiques visant à les sortir du chômage, à les former, si ils n'ont pas de diplôme, et à les aider à se réinsérer. Fillon veut supprimés 500.000 postes de fonctionnaires, ne plus faire rembourser par la sécurité sociales les petits soins et augmenter de 2% la TVA sur tous les produits, y compris les plus courants, pénalisant ainsi les revenus faibles. Ce qui nous distingue de la gauche, ce sont les mesures proposées, indispensables, qui seront financées intégralement. Pas de déni du réel, pas de mensonge idéologique. On ne peut pas promettre de distribuer 270 milliards, pour Mélenchon, 400 millards pour Hamon, sans dire clairement où on va prendre l'argent. Ces deux candidats se ressemblent, ils sont l'incarnation de la pensée magique. La réponse est simple: par l'impôt. Ce seront donc les classes moyennes, car les plus pauvres paient peu d'impôts, et les riches l'éludent par l'ingénierie fiscale ou quittent le territoire pour se réfugier dans des paradis fiscaux, qui devront assumer l'effort qui n'est pas annoncé, car c'est invendable, dans les deux programmes du Front de gauche comme du Parti socialiste. Ne parlons pas du programme économique catastrophique de Le Pen, qui prévoit l'abandon de l'euro, le retour au franc et la sortie de la France de l'Union européenne. Jean-Luc Mélenchon prévoit un plan B, proche de la position du Front national, au cas où l'Allemagne ne cèderait pas à son chantage politique une fois au pouvoir. Bonjour la crise économique et sociale, la perte massive du pouvoir d'achat des Français, avec une inflation hors contrôle et l'explosion des déficits publics. En ce cas, la désintégration de l'Europe serait au rendez-vous ...

>Un alignement de planètes exceptionnel

Rien n'est fait ! Mais l'institut de sondage belge, Dedicated, publie ce 20 février 2017, un sondage qui place Emmanuel Macron, dans tous les cas de figure, vainqueur de l'élection présidentielle française. Dedicated, à deux mois de l'échéance, a plus d'une fois dans le passé publié une photographie de l'état de l'électorat français, dans le cadre de la marge d'erreur, proche du vote réel. Contrairement à ses homologues français, cet institut n'est pas soumis à l'interdiction de publier des sondages sur le second tour, quant aux différentes hypothèses qui pourraient opposer tel candidat à telle candidate. Voici mon analyse. 
Indépendamment de son projet, qui ne sera connu que dans une semaine, et de l'appréciation positive ou négative que l'on portera sur son contenu, Emmanuel Macron bénéficie d'un alignement de planètes exceptionnel. Regardez plutôt. A droite, le candidat qui aurait dû l'empêcher de figurer en bonne place était Alain Juppé, moins clivant que François Fillon. Il a été éliminé lors de la primaire. François Fillon dévisse totalement, empêtré dans le scandale des emplois surpayés et fictifs de son épouse et de ses enfants. A gauche, le seul qui pouvait menacer Emmanuel Macron, c'était Manuel Valls. Il a été lui aussi éliminé lors de la primaire. Benoît Hamon, bien sympathique, apparaît non comme le candidat du PS, mais de son aile gauche, doté d'un programme peu crédible financièrement. De plus, il pêche dans quasi les mêmes eaux que Jean-Luc Mélenchon. Malgré des velléités de rapprochement, ils sont en train de s'affaiblir mutuellement, car aucun des deux ne veut se retirer pour l'autre. Reste Marine Le Pen, qui sera au second tour, tous les sondages sont unanimes depuis plusieurs mois. Mais, parce qu'il y a un mais, elle subit l'effet du plafond de verre qui lui interdira de remporter l'élection au terme du second tour. Elle plafonne en effet aux alentours des 40%, ce qui est beaucoup mais insuffisant pour gagner. Conséquence de tout cela, Emmanuel Macron, c'est presque mathématique, malgré le creux qu'il traverse en ce moment, suite notamment à ses deux gaffes, l'une, sur la guerre d'Algérie, qualifiée erronément, de "crime contre l'humanité", crime de guerre eut été plus juste, et l'autre, sur la Manif pour tous, qui aurait été "humiliée", a des chances sérieuses et raisonnables de devenir le 8ème président de la Vème République française.

>Emmanuel Macron l'imprudent

De passage en Algérie, Emmanuel Macron a cru bon de revenir sur la question du colonialisme, sujet sensible des deux bords de la Méditerranée. Il a qualifié de "crime contre l'humanité" cette période de l'histoire de France. Cette expression est en général réservée aux génocides, herero et nama, arménien, juif et tutsi, y recourir dans le cas de la guerre d'Algérie, est hasardeux. Sans doute "crime de guerre" eut été plus approprié. Le fait aussi que le candidat d'En Marche s'exprime depuis l'étranger, et par n'importe où, n'est pas anodin; aborder le sujet d'une manière aussi lapidaire ne relève pas de la bonne méthode. La question mérite une étude approfondie, les historiens s'y emploient, tant sa complexité saute aux yeux dès lors que l'on s'y intéresse de près. Il y a de l'anachronisme dans ce jugement, même si la colonisation, de manière générale, la France n'est certes pas seule concernée, représente une page noire de l'histoire de l'Occident. Pendant la sale guerre d'Algérie, plus tôt, en Indochine, il y eut beaucoup d'atrocités des deux côtés. Les méthodes expéditives du FLN ou du Viêt Minh n'avaient rien à envier à celles de l'armée française. Toujours est-il que c'est la France qui s'appropria des territoires qu'elle occupa sous la contrainte et qu'elle colonisa, non l'inverse. On l'aura compris, on ne peut traiter un aussi vaste sujet en un trait de plume. Mais pourquoi dès lors, si l'on veut être exhaustif sur le phénomène de la colonisation, ne pas revenir, sur le mode scientifique aussi, et non politicien, sur l'une des plus sanglantes périodes de l'histoire que fut le Djihâd islamique, la Guerre-Sainte des débuts de l'islam, au VIIè siècle ? La conquête et son expansion, dès le Prophète, davantage encore pendant le cycle des Califats, ouvrirent une période de violence et de massacres à grande échelle, d'occupation de terres étrangères et de colonisation religieuse. En mois d'un siècle, l'islam s'établit par la force bien au-delà de son lieu d'origine, l'Arabie, dans quasi tout le Moyen-Orient, l'Asie Mineure et l'Afrique du Nord. Pourquoi sommes-nous amnésiques quand il s'agit de comprendre la sédimentation actuelle de nos sociétés, qui ne s'est pas faite sans partage des crimes contre l'humanité ? Emmanuel Macron a eu tort de revenir trop rapidement et unilatéralement sur un passé qui demande aujourd'hui, plus que jamais, étude et recul. C'est pourquoi je lui ai exprimé mon étonnement devant ses déclarations d'Alger. Pourquoi raviver le feu des ressentiments et rouvrir ainsi un débat politique bien inutile ? Laissons cela à l'historiographie. 

>Accords de libre échange

Je ne pense pas que le CETA, l'accord de libre-échange Europe-Canada, soit le cheval de Troie des méchants capitalistes. Il s'agit là d'une vision simpliste de l'économie moderne. D'une part, la mondialisation est incontournable. D'autre part, elle génère de la richesse et de la redistribution. C'est un fait. Il est donc vain de vouloir "démondialiser", ainsi que le proposent la vieille gauche et l'extrême droite. En revanche, face aux forces du marché qui veulent faire du profit à n'importe quel prix, les Etats, et pour nous, l'Union européenne, doivent réguler, à savoir fixer des règles, contrôler, à savoir évaluer, et sanctionner, à savoir infliger de lourdes amendes aux entreprises et fonds d'investissement qui ne respecteraient pas les cadres juridiques et politiques fixés par les pouvoirs publics. Suite au combat qu'a livré la Wallonie contre le projet d'accord CETA, les conditions de son application ont été amendées dans deux domaines essentiellement. Les normes sanitaires et d'environnement, à surveiller, et les tribunaux arbitraux. Les premières sont plus sévères, les seconds ne seront plus privés. Merci à Paul Magnette et à son gouvernement wallon. Le texte du CETA lui-même, c'est vrai, n'a pas été modifié, mais bien ses annexes, tout aussi juridiquement contraignantes. Alors, sortons des slogans simplistes et réducteurs et regardons la réalité de l'économie mondiale en face. Le repli sur nos économies nationales, comme le veulent Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et, dans une moindre mesure, François Fillon, serait catastrophique. L'Etat-nation n'est plus en la matière le bon interlocuteur. Là où une vigilance accrue et de la protection, c'est-à-dire l'adoption de mesures fiscales intelligentes, sont absolument nécessaires, c'est au niveau européen. L'Europe ne peut plus être la passoire de l'économie mondiale quand les autres puissances, la Chine, les Etats-Unis, notamment, pratiquent un protectionnisme assumé. Ce 15 février 2017, le parlement européen a voté majoritairement pour le CETA.  

>François Fillon, l'homme par qui la morale se déroule !

                                       François Fillon aime à dire qu'il possède "une maison", dans la Sarthe ...                                                                                                    

 "Il ne sert à rien de parler d'autorité si on n'est pas soi-même irréprochable", Francois Fillon. Quand on veut faire la course en tête et qu'on fait la morale (catholique) à tout le monde et que l'on se présente comme un parangon de probité, vaut mieux être irréprochable soi-même. Si ce n'est pas le cas, on ne marche que sur une jambe. C'est apparemment aujourd'hui le cas de François Fillon. "Le Canard Enchaîné", de ce mercredi, révèle que son épouse, Pénélope, a été engagée par son Ulysse de mari, lorsqu'il était député, comme assistante parlementaire pendant de très nombreuses années et aurait touché pour cette fonction honorable, je l'ai été moi-même, une indemnité de 500.000 euros. Elle touchait 9000 euros bruts par mois. Jusque là, pas (trop) de problème, si ce n'est le népotisme de l'affaire. Oui, mais, personne à l'Assemblée nationale ne peut témoigner de sa présence dans l'hémicycle, dans ses couloirs et ses bureaux. Lorsque François Fillon est devenu le "collaborateur" de Nicolas Sarkozy, Pénélope a continué à bénéficier des largesses parlementaires, en étant recrutée ensuite par le suppléant du premier ministre. L'hebdomadaire satirique, toujours bien informé, révèle encore que la même Pénélope aurait touché un salaire de 5000 euros par mois, en tout, pour 100.000 euros, comme "conseillère de publication", à la très catholique "Revue des deux mondes". Pourquoi pas ? Seulement voilà, le propre directeur de cette revue déclare, à part, en deux années, deux notes de lecture assumées par l'épouse du châtelain de la Sarthe, qu'il n'a jamais ni reçu et ni lu de la part de l'intéressée, c'est le mot, la moindre autre publication ... Christine Kelly, la propre biographe de Francois Fillon, dit ne jamais avoir été au courant des supposées fonctions parlementaires de Pénélope Fillon. Elle dit aussi maintenant qu'elle est menacée à cause de son témoignage. Il faut bien avouer que tout cela ressemble à s'y méprendre à des emplois fictifs, l'un sur le compte des deniers de l'Etat, l'autre sur celui d'amis qui siègent au conseil d'administration d'une revue, fût-elle prestigieuse. Et devinez qui fait la Une ce mois-ci de "La revue des deux mondes" ? François Fillon, bien sûr, pour parler certainement de son appétit légitime pour le pouvoir, mais pas, à coup sûr, pour évoquer cet obscur objet du désir qu'est l'argent. Dans le monde de la bourgeoisie catholique, de province et d'ailleurs, à l'image du discret François Fillon et de ses zones d'ombre - taiseux, par exemple, sur son cabinet d'affaires, Gossement Avocats - il est déplacé et vulgaire de parler argent, encore moins de le montrer. Le château de Beaucé, acheté en 1984, que le candidat de la droite préfère appeler manoir, voire maison, je n'invente rien, affiché complaisamment dans "Paris Match", est sans doute une erreur de casting.

>François Hollande

 L'humeur vagabonde ...

François Hollande, un homme plus qu'un président ?

 

 Il y a la fonction, il y a l'homme, la lumière du pouvoir suprême, la douche des mauvais jours; un clair-obscur que François Hollande incarne jusqu'à l'épuisement. Il y a la fatigue de celles et ceux qui ont vraiment cru à son discours du Bourget, où il fustigeait, par complaisance électoraliste, les hommes de l'ombre de la finance, les ennemis, où il promettait de réanimer le cadavre de la gauche fantasmatique et hors sol. Ça leur a plu ... ils n'en sont jamais revenus. Il y a la droite, dont la mauvaise foi est sans limite, qui n'a jamais appliqué ce qu'elle réclame à coups de hurlements, d'injures et de dérives populistes et martiales, qui promet à son tour, en Narcisse accompli, ce que veut entendre son pré-carré, son électorat chéri, qui a soif de revanche. La droite, qui refuse de voter avec la gauche, et inversement, même lorsque le projet ou la proposition de loi est conforme avec ses propres engagements. Il y a la gauche, toujours en retard d'une révolution, rarement en accord avec le réel, trop absorbée par ses dogmes doctrinaires, ses effets de tribune, qui n'hésite jamais à sacrifier la vérité sur l'autel des promesses non tenues, car irréalistes, et ses haines de clans, qui en disent long sur sa fidélité à la fraternité. Il y a ce dérèglement du débat démocratique, où le verdict des chiffres et des faits ne compte pas, où l'argumentation est un vestige du passé, remplacé par le discours incantatoire et accusateur, où le mensonge prend trop souvent la place de la parole politique, oui, la parole, vous savez, celle, sacrée, que l'on donne aux citoyens comme à un ami que l'on ne veut ni tromper ni trahir. Il y a donc François Hollande, un homme taillé pour la politique politicienne, mais pas pour la présidence d'un pays comme la France. Quand on connait le parcours et la personnalité de François Hollande, où tout concourt au goût du combat politique, il ne fait aucun doute que sa décision de renoncer à se représenter est courageuse. Pourquoi ? Parce que, précisément, elle est un faire-part de mort annoncée, comme l'apparition soudaine et inattendue à l'écran d'un suicide programmé. François Hollande part évidemment sur un échec. Son départ est un échec. Certains lui ont toujours préféré Nicolas Sarkozy. Celui-ci a été un pitoyable président de démagogie et de vulgarité, l'homme des casseroles. François Hollande est un honnête homme, cela ne fait aucun doute. Mais il est bien naïf. Son bilan est contrasté, d'excellentes mesures, comme le mariage pour tous; le Pacte de responsabilité et de solidarité; la loi Macron, avec la libéralisation de certains secteurs économiques; la création de la Banque publique d'investissement; la réforme territoriale; le choc de simplification administrative; l'engagement de 45.000 profs; la guerre contre le terrorisme islamiste; la Cop21. À côté de ça, le choc fiscal, pour ne pas dire la rage taxatoire des deux premières années du quinquennat a été catastrophique pour les classes moyennes; 500.000 chômeurs de plus en 2016 qu'en 2012; l'aggravation de la désindustrialisation de la France; l'affaire Cahuzac, terrible sur le plan symbolique; celle de Trierweiler, abominable de médiocrité, toutes deux lamentables; la sortie rocambolesque et casquée au scooter, ridicule; la déchéance de la nationalité, faute majeure; et, plus récemment, les trop nombreux livres de "confidence" et de commentaire en tous genres, dont le dernier, "Un président ne devrait pas dire ça", intéressant sur le plan de la science politique, mais catastrophique, voire dramatique, pour l'image à la fois de l'institution présidentielle et de la personne du président lui-même. On le voit, ce bilan n'est ni blanc ni noir. Je crois que la personne de François Hollande lui-même ne l'a pas aidé à asseoir sa stature présidentielle. Il en a tiré les conclusions et compris la gravité, en renonçant, oui, courageusement, à se représenter. Pour conclure cette réflexion, je crois également qu'il a pris toute la mesure de l'impossibilité de rassembler les socialistes, profondément divisés entre la vieille gauche, incarnée aujourd'hui par Benoît Hamon, Martine Aubry derrière, sans parler du populiste stalinien, Jean-Luc Mélenchon, et les réformistes sociaux démocrates que symbolise Manuel Valls. Il y a là, comme l'a déclaré l'ancien premier ministre lui-même, deux gauches "irréconciliables". C'est pourquoi je pense que le PS français a de grande chance de ne pas survivre à la présente campagne présidentielle. Mon candidat, pour toutes les raisons que je viens d'évoquer, reste et demeure Emmanuel Macron, seul à même, selon moi, de moderniser le pays, d'opérer une véritable révolution culturelle démocratique, sans aggravation de la fracture sociale et sans révolte dans la rue, seul capable de transcender les clivages obsolètes gauche/droite et la guerre de tranchées qui nuit tant à l'économie, à l'emploi et au rayonnement de ce merveilleux pays qu'est la France. Emmanuel Macron, c'est aussi l'homme qui, sans complexe, aspire à plus d'Europe, à mieux d'Europe. Pour moi, à l'heure des replis identitaires, des velléités de casses sociales et des envolées démagogiques, chacun reconnaîtra les siens, cela signifie quelque chose.

                                                                                                                                 Souvent douché, toujours touché !