Chinese matter !

 

       

         La grande marche de la dictature chinoise !

 

                  Le Président chinois, Xi Jinping, s'inscrit dans une longue lignée impériale et nationaliste.

 

 

 

                              >Quand la Chine se révoltera !  

                                 A Shanghai, comme ailleurs, la foule brandit la page blanche, symbole de la privation de liberté.  

 

Tout le monde se souvient de l’essai d’Alain Peyrefitte, « Quand la Chine s’éveillera … le monde tremblera », publié en 1973, qui annonçait, quarante ans en avance, le réveil politique et économique de Pékin. Pendant des siècles, voire davantage, « l’empire du milieu » a été gouverné et administré dans un relatif isolement, comme indifférent plus qu’ignorant aux évolutions du monde. Ce qui ne l’empêcha pas d’oeuvrer au profitable commerce de la soie. 

 

Avec Mao Zedong (1949/1976) et son communisme révolutionnaire, il s’est agi d’unifier les territoires éparses revendiqués comme historiquement chinois, dont le malheureux Tibet, et d’imposer au peuple, très majoritairement paysan, par l’endoctrinement et la répression, un mode de pensée unique (la révolution culturelle des années ’60 a fait au bas mot plus d’une centaine de millions de victimes). L’objectif était aussi d’imposer l'Etat chinois sur la scène internationale comme interlocuteur incontournable, particulièrement vis-à-vis des Etats-Unis, déjà perçus dans les années ’70 comme une menace idéologique et ontologique. Ce fut la stratégie des rencontres sino-américaines de ping-pong et la première visite d’un président américain à Pékin, Richard Nixon, le 21 février 1972, reçu par le président Mao avec les égards protocolaires.   

 

Des années plus tard, avec l’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping, (1978/1989), son mot d’ordre était la prospérité mais sans … la liberté. L’idée était de transformer radicalement la structure socio-économique de la Chine, en faisant passer les secteurs économiques et de services en priorité. Ainsi, à l’orée des années 2000, on vit apparaître et se développer considérablement une classe moyenne avide de consommation et de confort, classe sociale estimée aujourd’hui à plus ou moins 500 millions de personnes sur un total d’1, 412 milliard (chiffres 2021).

 

Entre 2010 et 2020, la Chine est devenue la principale entreprise de production du monde et a vu ses villages et ses cités traditionnelles remplacés par des conurbations gigantesques. Les buildings chinois ont alors poussé comme des champignons, créant au passage une bulle spéculative aux conséquences dramatiques pour des millions d'acheteurs, privés de leurs appartements.

 

Dans un premier temps, période qui n’est pas close, les industriels et les commerçants ont ouvertement joué la compétitivité par les prix. Ensuite, une fois en capacité de dominer les marchés et de maîtriser les process technologiques, ils ont misé sur la montée en gamme des produits et marchandises de pointe, le plus souvent acquis grâce à l'espionnage industriel et l'achat des savoirs-faire occidentaux.  

 

Il faut bien le reconnaître, les Etats-Unis et l’Union européenne n’y ont vu que du feu et ne se sont pas méfiés. Ils s’en mordent les doigts et  réagissent moins naïvement en tentant de rééquilibrer les rapports de force. Ces succès socio-économiques sont le fruit incontestable de l’ensemencement du pondéré et "sage" Deng.

 

En 2012, la roue tourne, avec l’accession au poste de président et patron du parti de Xi Jinping. Son ambition est à la mesure de sa détermination, lui qui vient d’être réélu, en octobre dernier, par le XXème congrès du parti communiste pour une période de 5 ans. Sans doute plus si tout va bien ...

 

Pourquoi ? Parce que cet homme est avant tout un apparatchik impitoyable et visionnaire, doublé d’un nationaliste obsessionnel. A ses yeux, l’économie et le bien-être des populations passent après le pouvoir absolu, après le maintien d’un régime tout entier voué à la puissance d’une Chine sans complexe et conquérante. Pour ce faire, M. Xi s’appuie sur une architecture organisationnelle verticalisée à outrance, sur un parti caporalisé et à son service exclusif, comme à la "belle époque" de Mao, à l’intérieur, sur une police politique intraitable avec la moindre déviance (sorte de gardes rouges reconstitués), sur un système technologique de surveillance et de fichage orwelien, et, à l’extérieur, sur des forces armées renforcées et menaçantes. En mer de Chine, et même au-delà, sur l'ensemble extrême-oriental, les intentions sont clairement affichées. L’armée chinoise est la deuxième du monde, derrière celle des Etats-Unis, dotée de capacités projectives impressionnantes. 

 

Avec la crise du covid, en 2020, qui a éclaté, rappelons-le, dans la ville de Wuhan, capitale de la province du Hubei, sans que l’on sache toujours aujourd’hui l’origine précise de la diffusion du virus, un (gros) grain de sable s’est immiscé dans les rouages de la machine répressive chinoise. L’autocrate Xi a décidé, d’une part, d’imposer à la nation tout entière l’objectif sanitaire du zéro covid, d’autre part, de tourner le dos à une vaccination généralisée de la population, exposant particulièrement les personnes âgées et celles atteintes de comorbidité. Il y a bien eu un vaccin chinois, le Sinovac, mais son administration est demeurée marginale et son efficacité problématique. Ajouter à cela, le refus du gouvernement d’importer le vaccin américain Pfizer, pourtant performant, et vous aurez là le tableau de l’état sanitaire catastrophique du peuple chinois face à la pandémie. 

 

Car une fois la politique du zéro covid imposée dans tout le pays, dans les villes aux des dizaines de millions d’habitants vivent, avec une immunité collective quasi inexistante, le pouvoir chinois s’est enfermé lui-même dans une gouvernance de la crise plus que jamais totalitaire. Elle prive en effet les citoyens et les résidents étrangers de toute liberté de circulation et d'expression, dans beaucoup de cas, les prive aussi de travailler. Dès lors qu’une seule détection de covid ou de cas contact est signalée, c’est le bouclage des immeubles d’habitation et des usines. Ainsi, des centaines de millions d’habitants sont depuis près de trois ans soumis à un contrôle et un enfermement policiers devenus insupportables aux yeux des masses urbaines chinoises.

 

Dix personnes sont mortes et neuf autres ont été blessées dans un incendie à Urumqui, capitale régionale du Xinjiang, prisonnières dans leur immeuble d'habitation qui avait été bouclé par les forces de l'ordre au nom du dogme du zéro covid. Les pompiers n'ont pu intervenir que tardivement ... Ce drame a été l'un des catalyseurs des émeutes dans tout le pays.  

 

Plus largement, de très nombreuses manifestations, inédites depuis la place Tien am Men, se sont emparées des grandes villes chinoises ces derniers mois et semaines. Les manifestants n’hésitent plus à mettre directement en cause Xi Jinping lui-même, chose impensable jusqu'à récemment. Selon de nombreux témoignages, beaucoup disent préférer la prison d'Etat ou la mort à la privation de libertés. 

 

De la Chine à la Russie, dans une moindre mesure pour celle-ci, en passant par l’Iran, on voit les peuples se réveiller et qui refuser la dictature. Les tyrans et leurs porte-paroles auront beau dire que l’Occident est à la manoeuvre; rien n’entamera l’espoir et la volonté des gens de vouloir respirer librement et de se saisir des moyens pour y parvenir. La liberté n'est pas une valeur exclusivement occidentale, la liberté n'est pas réservée à des privilégiés du droit, la liberté est universelle. 

 

Le temps long a toujours été une donnée de base pour comprendre notamment la grande nation chinoise. Mais quand la Chine se révoltera, certes, le monde tremblera, tant les risques de dérapages et de déstabilisation seront présents. Nous sommes convaincus que le temps de la bascule viendra. Nous y verrons davantage le travail de l'Histoire, tel un déterminisme humaniste en marche. Car, contrairement à ce qu’une certaine pensée conservatrice a laissé croire, autant par peur que par intérêt, nul peuple ne peut être assigné à vie à la privation des libertés. Le 28 novembre 2022.  

 

 

  >La Chine montre ses muscles, le temps est son atout maître ! 

 

Leader maximo de l'extrême gauche française, Jean-Luc Mélenchon, vient d'exprimer en conférence de presse sa compréhension et son soutien à l'opération militaire chinoise autour et au-delà de la ligne de démarcation de Taïwan. Eh bien, qu'il s'exile à Moscou, Pékin ou Caracas, où il vient de passer une partie de ses vacances ... Il y sera reçu en ami. Cet homme a toujours été fasciné par la force, frère en despotisme avec les autocrates communistes ou qu'ils l'ont été, pétris de haine des valeurs des démocraties libérales qu'ils exècrent solidairement. Mélenchon est toxique et dangereux pour l'Etat de droit ! Comment les socialistes et les écologistes ont-ils pu s'embarquer dans sa galère où il n'y a de place que pour sa vision totalitaire ? (*)

 

Ainsi donc la Chine communiste est passée à l'offensive, frustrée et offensée par la visite de 24 heures à Taïwan de la Présidente de la Chambre des représentants américains, Nancy Pelosi. 

 

Avant la prise du pouvoir par la force de Mao Zedong, en 1949, la République chinoise était un régime nationaliste aux mains de Tchang Kaï-chek, aussitôt réfugié à Taïpei, où il est décédé en avril 1975. Aucun Etat démocratique n'a reconnu alors la République populaire de Chine. Ce n'est qu'en janvier 1964 que la France, sous présidence de Charles de Gaulle, trop content de faire un pied de nez à l'allié transatlantique, reconnait le régime stalinien, à la fureur du Président Lyndon B. Johnson. Le Président Richard Nixon, après un travail diplomatique intense d'Henri Kissinger, son Secrétaire d'Etat, reconnait à son tour Pékin en décembre 1978.

 

Après le bloc soviétique, les Occidentaux, par réalisme, se rangent à la raison des rapports de force. Taïwan est alors privée de son statut officiel chinois, perd son siège à l'ONU, mais n'en continue pas moins à échanger économiquement avec la planète entière et à recevoir l'aide financière et militaire de Washington.

 

Depuis 1949, pour les dirigeants communistes chinois, de Mao Zedong, responsable d'une révolution culturelle qui fit au bas mot une centaine de millions de morts, à Xi Jinping, digne héritier du "Grand Timonier", en passant par le réformateur modéré, Deng Xiaopping, il n'y a qu'une Chine; Hongkong et Taïwan, entre autres, doivent se soumettre. Les partisans hongkongais de la démocratie, la plupart du temps issus de la jeunesse estudiantine, se sont révoltés il y a quelques années contre la main-mise et la chape de plomb chinoises sur leur enclave, jusqu'alors libre. La loi chinoise dite "sur la sécurité nationale", criminalise les atteintes au pouvoir de Pékin et viole la constitution de Hongkong en vigueur depuis la rétrocession de la Grande-Bretagne en 1984.

 

Aujourd'hui, Hongkong est "normalisée" et subit la dictature sans grand soubresaut. Les citoyens taïwanais ont été particulièrement touchés par le sort réservé à leurs amis hongkongais. Depuis, l'île ne cesse de renforcer  sensiblement son arsenal militaire avec l'appui des Etats-Unis et d'un certain nombre d'Etats discrets. La menace d'invasion chinoise, appelée "réunification" par Pékin, est prise très au sérieux par les Américains, un peu moins par les Européens, qui voient les tensions actuelles d'un peu loin. Attention tout de même pour eux de laisser croire à la direction chinoise qu'elle a quitus pour imposer à ses voisins sa vision unilatérale et totalitaire. 

 

Avec la montée de la rivalité Chine/Etats-Unis, tous secteurs confondus, le soutien américain à Taïwan est de plus en plus mis à l'épreuve. Le passage éclair de Nancy Pelosi à Taïpei doit donc être compris comme la volonté de Washington de ne pas faillir dans son face à face avec Pékin et de ne pas déstabiliser les alliés du Sud-Est asiatique. Non seulement prouver au peuple taïwanais que la parole des Etats-Unis, mise à mal en juillet 2021, avec leur débâcle en Afghanistan, et un accord bilatéral valent acte et démontrer à tous les Etats de la région leur crédibilité. Ce qui n'empêche pas ces mêmes alliés d'exprimer leur ambarras devant la réaction chinoise suite au passage de Nancy Pelosi à Taïwan. Sur le fond, ils demandent à la Chine de stopper illico son opération.

 

Mais céder au chantage de la Chine eut été aussi interprété à Tokyo, Séoul ou Bangkok, davantage comme une main tremblante, reléguant l'engagement politique fort américain à une posture diplomatique branlante. 

 

Depuis trois jours, Pékin montre donc ses muscles par des exercices aériens et navals à balles réelles autour de Taïwan et même au-delà de la ligne de démarcation entre le continent et l'île. Le Président XI Jinping veut rappeler à ses ennemis et au monde qu'il ne transigera pas avec le principe "une seule Chine". Dans le même temps, il montre la faiblesse de sa fermeté, puisqu'il ne va pas jusqu'à commander à sa puissante armée d'envahir le petit Poucet. Rappelons que celui-ci est le premier exportateur mondial de semi-conducteurs utilisés dans énormément de secteurs électroniques et industriels, dont l'automobile ... 

 

Une telle invasion, à l'aune des grandes difficultés rencontrées par l'allié russe en Ukraine, ne ressemblerait en rien à une sinécure. Tout au contraire. Certes, on peut penser que l'issue d'une guerre "sino-chinoise" serait acquise à Pékin, mais le prix à payer serait très lourd en pertes humaines, destructions mutuelles et dommages politiques et économiques collatéraux. Pour l'heure, la Chine veut imposer à Taïwan un mini blocus, précurseur à ses yeux d'un embargo total sur les exportations et importations de l'île en cas de nouvelle "provocation". 

 

Les actuels dirigeants chinois ne sont pas fous. Ils ripostent comme ils peuvent à l'initiative légitime, faut-il le dire, de la Présidente de la Chambre des représentants américains. Beaucoup de propagande, d'intoxication, de fureur impuissante en mer de Chine, rétorsions et sanctions commerciales. Voilà le présent arsenal à la disposition de la deuxième puissance mondiale.

 

Monsieur Xi ne peut pas aller trop loin. Les Occidentaux, Europe et Etats-Unis en tête, sont les premiers clients de l'hyper-puissance chinoise, dont l'un des piliers stratégiques, ses routes de la soie, son économie, peut s'avérer fragile. Ce qui limite sa force de frappe.

 

La Chine joue la montre, comme toujours, le temps ne lui est pas compté, contrairement à un Occident pressé. Cependant, une année sera à surveiller de près, 2049, centième anniversaire de la fondation de la République populaire. Avec évidemment en point d'orgue, l'ordre dans les rangs et une réunification pleine et entière ...  

 

(*) Au sein de nos démocraties libérales, certains n'ont peur de rien et expriment leur compréhension des manoeuvres militaires musclées chinoises. Il n'y a pas si longtemps, les mêmes, extrêmes droite et gauche réunies, déclaraient leur sympathie au régime despotique russe. Jean-Luc Mélenchon est de ceux-là, vociférant sa fidélité à la violence. L'ambassade de Chine à Paris ne s'y est pas trompée. Elle vient de le remercier publiquement pour sa déclaration et son soutien ... 

                                                                               Le 05 août 20022. 

 

   

                                >L'univers concentrationnaire chinois !

                                              Visages des détenus ouïgours dans le camp d'internement

                                                  de  Konasheher, dans la province du Xinjiang. 

 

Des milliers de documents de la police chinoise, livrés à un chercheur et publiés par des médias internationaux, témoignent de la folie sécuritaire dans les camps d’internement de la minorité musulmane. Comme si l'islam était une  atteinte à la consanguinité des Hans.

 

"Si les élèves n’écoutent pas les consignes, les policiers armés peuvent effectuer des tirs de semonce. Si les élèves ne cèdent pas à la dissuasion, s’ils continuent de faire monter la tension, tentent de s’échapper ou de s’emparer des armes des agents, ceux-ci les tueront."

 

Ainsi va la discipline dans un "centre de formation professionnelle" réservé aux minorités musulmanes, à Shufu, dans la "région autonome ouïgoure" du Xinjiang, en Chine.

 

Datée de 2018, cette "instruction pour éliminer toute perturbation et tentative d’évasion pendant les cours" est extraite d’un lot piraté de quelque 100.000 documents de police, dont une grande part est consacrée à la "transformation éducative" (jiaoyu zhuanhua) des Ouïgours – soit leur enfermement de masse à visée de "rééducation", au sens du Parti communiste chinois (PCC).

 

Les documents – plusieurs milliers de fichiers informatiques de 2000 à 2018, 452 registres contenant plus de 20.000 noms de Ouïgours arrêtés, d’innombrables instructions, briefings et rapports de travail des policiers – sont extraits des ordinateurs du bureau de la sécurité publique (BSP) de deux districts, Konasheher – Shufu en mandarin –, dans la préfecture de Kachgar, et Tekes, dans celle d’Ili.

 

Souvent rédigés dans un langage bureaucratique et abstrait, les documents décrivent, de l’intérieur, l’organisation armée et coercitive des nouveaux camps dits de "formation professionnelle", ainsi que le déploiement des forces de police sur le terrain. Soit la mise en œuvre concrète de l’appareil sécuritaire destiné à "stabiliser" le Xinjiang, que le PCC dit menacé par les "séparatistes" musulmans.

 

"Les fichiers internes de Konasheher contiennent les informations personnelles de 286 000 habitants du district, indiquant qu’entre 12,1 % et 12,5 % des adultes des minorités ethniques subissent en 2018 une forme d’internement, en rééducation, en détention ou en prison", établit ainsi M. Zenz, qui publie ses recherches dans le "Journal of the European Association for Chinese Studies".

 

Le nouveau "centre de formation professionnelle" (CFP) de Konasheher détient, alors, 8.000 personnes – dont un registre fournit également toutes les données personnelles. Ce taux de détention considérable dépasse ceux du stalinisme ... Et "il est 64 fois plus élevé que le taux d’emprisonnement national de la Chine", tel que figurant en 2021 dans les données pénitentiaires pour l’Asie de Leander Von Kameke, écrit Adrian Zenz.

 

"J’étais morte de l’intérieur" : une Ouïgoure rescapée des camps de rééducation en Chine témoigne ...

 

En outre, pour la première fois sont publiées quelque 5.000 photos de Ouïgours fichés, âgés de 3 à 94 ans, pour beaucoup des paysans, prises au poste de police ou au centre de rééducation entre janvier et juillet 2018, à Konasheher. Parmi elles, 2.884 internés ont pu être authentifiés avec certitude. Le plus jeune a 15 ans, le plus vieux 73 ans.

 

La Chine qui pousse le monde à l'hyper-consommation de ses produits, biens et services, tout en assumant un protectionnisme rigide à l'égard de ses importations, au-delà de son communisme capitalistique, se ferme comme une huitre. C'est la grande marche de la dictature.  

 

Les faits parlent, les Ouïgours sont persécutés comme le sont et le furent les Tibétains depuis 1950.

 

Xi Jinping profite de la crise sanitaire du covid, dont la Chine est probablement à l'origine, pour rappeler à sa population que si le parti leur a permis d'élever son niveau de vie, cela ne l'autorise pas à jouir des droits fondamentaux pratiqués ailleurs. Faire du business, d'accord, mais sans faiblesse. 

 

Shanghaï, Pékin, d'autres grandes villes, sont soumises depuis de longues semaines à un lockdown total ou partiel. Pour dire les choses, les habitants de ces immenses cités sont assignés à résidence, parfois sans pouvoir se ravitailler, ce qui entraîne, ici et là, des révoltes citoyennes vite réprimées.  Le régime se rappelle à leur bon souvenir en leur imposant une privation des droits élémentaires. Sous nos yeux, l'Empire du Milieu redevient une prison à ciel ouvert. C'est dans sa nature et son histoire. 

 

Il y a 2240 ans, la dynastie Qin entamait  la construction de la Muraille de Chine, afin de protéger sa frontière Nord des invasions  mongoles. Les dynasties Han, Yuan, Ming et Qing ont achevé l'ouvrage sur une longueur de plus de 6000 km. En 2022, le régime communiste de Xi Jinping, fidèle au message stalinien et nationaliste de Mao Zedong, renoue avec le fantasme des menaces étrangères, intérieures et extérieures. Patiemment, les dirigeants chinois ont construit un mur qui sépare chaque jour davantage le monde corseté de leur idéologie totalitaire de l'espace libre d'un Occident honni.  

 

Le maître actuel chinois déploie tous azimuts sa volonté de puissance au travers les routes de la soie, dont l'Europe et l'Afrique font les frais, un communisme de combat, domestique et international, et une présence militaire navale, sous-marine et terrestre intense en Asie-Pacifique. La Chine n'est pas en reste dans les domaines spatial et cyber. Les Etats-Unis, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie et le Royaume-Uni se préparent au pire. L'Union européenne, plus circonspecte, tente de trouver un biais avec un partenaire commercial majeur, sans oublier, espérons-le, l'ogre qui se cache derrière.    

 

Alliée de la Corée du Nord et de la Russie - ça en dit long sur ses valeurs - la Chine, nouvelle hyper-puissance à projection mondiale, entend donc régner sans partage sur la région du Sud-Est asiatique. Elle menace directement ses voisins à régime libéral, ne cache rien à la communauté internationale de son objectif d'envahir Taïwan, cette île indépendante depuis la révolution de 1949, qu'elle considère comme partie intégrante de la "grande nation", et entend rivaliser, en les affaiblissant durablement, les Etats-Unis d'Amérique. Quant à l'Europe, puissance économique mais acteur politique et militaire de second plan, il s'agit d'en faire l'idiote utile en la vassalisant. Ce dessein se réalisera-t-il ?   

 

L'impérialisme communiste chinois, orfèvre en propagande et mensonges, ne s'interdit plus rien pour occuper le pouvoir, pour vendre et vomir ses productions manufacturières et ses services; pour imposer un contre-modèle efficace aux démocraties fragiles.

 

Il est urgent que l'Occident en prenne toute la mesure, particulièrement les Européens, bien naïfs jusqu'ici, et s'émancipe d'une dépendance commerciale déséquilibrée et technologique dangereuse à une Chine sans complexe, agressive et conquérante. De quoi faire réfléchir tout un chacun quant aux buts stratégiques, systémiques et géo-politiques d'un Etat communiste qui voue à l'Occident un mépris aussi visible que nuisible. Le 24 mai 2022.