>Europe !

"J'ai été, je suis et je reste un partisan convaincu de ce qu'on appelle "l'Europe supranationale", c'est-à-dire une Europe organisée de telle façon qu'en fin de compte, lorsque les discussions aussi complètes que possible ont eu lieu et que l'on doit prendre une décision, cette décision soit prise à la majorité, afin d'éviter les impasses." Paul-Henri Spaak.

                                        20 novembre 1961. Paul-Henri Spaak, alors Secrétaire général de l'OTAN,

                           rend visite au président américain, John-Fitzgerald Kennedy. Maison-Blanche/Washington. 

           Ci-dessus, une assemblée plénière extraordinaire au parlement européen à Bruxelles.

                                                       Ci-dessous, une assemblée plénière ordinaire au parlement européen à Strasbourg.

 

>Les Résultats des élections européennes ! 

 

              Extrême gauche (42); Socialistes (147); Ecologistes (70); Centristes et libéraux (101); Conservateurs (177);

                           Europe des nations (60); Nationalistes (56); Extrême droite (57); Indépendants (33 + 8).

 

Saluons tout d'abord le taux de participation de plus de 50% à ces élections européennes. Comme attendu, les partis nationalistes, populistes et d'extrême droite font plutôt un bon résultat dans un certain nombre de pays. Ensemble, sur un total de 751, ils totalisent pour les trois groupes (ECR, EFDD, ENL) 173 sièges; ils apparaissent cependant divisés sur un certain nombre de sujets, comme la répartitions des migrants ou la relation avec la Russie de Vladimir Poutine. En France, en Italie, au Royaume-Uni, qui s'en ira en octobre prochain, en Pologne, en Hongrie, ils peuvent être satisfaits, malgré une victoire relative dans l'Hexagone, car le parti du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, extrême droite, qui dépasse de peu en pourcentages et en sièges La République en marche (LREM) du président Emmanuel Macron, perd deux sièges, passant de 24 à 22, quand le parti présidentiel décroche 21 sièges. Au passage, remarquons que le score de la LREM n'est pas si mauvais que certains le disent. Après deux années difficiles, avec la grève à rallonge de la SNCF, l'affaire Benalla et le mouvement des Gilets jaunes, faire 23%, à 2 points du premier tour de l'élection présidentielle de 2017, est, nous semble-t-il, un résultat plus qu'honorable  Autre fait majeur au niveau européen, les deux groupes majoritaires, qui ont fait ensemble la pluie et le beau temps du parlement de Strasbourg/Bruxelles, les conservateurs (PPE) et les sociaux-démocrates (S&D), n'ont plus la majorité à eux seuls. Ce qui signifie qu'un troisième groupe sera nécessaire pour former une majorité stable et se mettre d'accord sur la composition de la nouvelle Commission, la présidence du Conseil et celle du Parlement ainsi que le poste de gouverneur de la Banque centrale de Francfort. Pour la Commission, organe exécutif de l'Union, la succession de Jean-Paul Juncker annonce un bras de fer entre la chancelière allemande et le président français, pas vraiment sur la même longueur d'onde ces derniers mois. Les conflits ouverts et larvés ont été nombreux. Angela Merkel, en fin de parcours, exige à nouveau le poste pour le PPE, son candidat étant le démocrate-chrétien bavarois de la CDU, Manfred Weber. Tandis qu'Emmanuel Macron pense que ce dernier, qui ne parle pas le français, manquera de densité lorsqu'il se retrouvera en négociation face aux présidents américain, chinois et russe.  Le président oeuvre en coulisse pour la désignation du commissaire, membre du PPE, Michel Barnier, fin négociateur pour l'Union du Brexit - il a le désavantage pour les Allemands d'être français - A défaut, pour la remarquable et redoutée commissaire libérale danoise à la concurrence, Margrethe Vestager. Les centristes et libéraux de Guy Verhofstadt (ADLE&R), soutenu par l'Elysée, y seraient très favorables. Une autre hypothèse circule à Bruxelles, celle de voir le groupe des écologistes (Verts-ALE), rasséréné quant à sa nouvelle représentation, jouer le faiseur de roi et  faire pencher la balance dans un sens ou un autre. Quoi qu'il en soit, ce qui ne peut plus faire débat, quel que soit le bord politique, c'est l'urgence, à l'échelle du Vieux Continent, du combat pour le  climat, la biodiversité et une Union européenne vraiment citoyenne, solidaire et sécurisée à ses frontières. Le 27 mai 2019.

 

>La Belgique menacée d'ingouvernance !

 

Vivant en Belgique, où les élections européennes étaient couplées avec les législatives fédérales et les régionales, nous retiendrons particulièrement la vague brune de l'extrême droite nationaliste flamande où le Vlaams Belang (Intérêts flamands) identitaire et raciste réalise un score historique de 18% des voix, tandis que son demi-frère nationaliste de la N-VA, qui a dominé la coalition ultra-libérale gouvernementale sortante au niveau fédéral, régresse quelque peu, avec 28% des voix, mais demeure tout de même le premier parti en Flandre. A eux deux, ils réunissent la moitié des électeurs du Nord du pays ... Sur le plan strictement belge, avec une Wallonie et une région bruxelloise qui ont voté, pour la première, largement à gauche, pour la seconde plutôt centre-gauche, avec de très beaux résultats de l'extrême gauche et des Ecolos, alors que le puissant parti socialiste francophone reste le premier parti au Sud du pays mais perd des plumes, avec 23%, on peut dire que les choses se compliquent. Relevons le taux important d'abstentionnistes de 17%, soit 1,4 million d'électeurs qui n'ont pas choisi de parti. A l'évidence, on le pense ici depuis longtemps, la Belgique devient un Etat national quasi ingouvernable. Elle risque ni plus ni moins, dans les semaines et mois à venir, la crise de régime. La Belgique étant un Etat désormais fédéral, il ne fait aucun doute que la  dynamique centrifuge des pouvoirs régionaux va se renforcer considérablement dans le futur et donc affaiblir davantage ce qui reste d'unitaire au pays du surréalisme. La Belgique est donc menacée d'ingouvernance, osons le néologisme, menacée tout court peut-être ...  Le 27 mai 2019.

                       Nouvelle répartition des sièges de députés fédéraux à la Chambre belge des Représentants. 

                                          La Une de ce grand quotidien francophone belge de ce 27 mai 2019.

>L'Europe, Mare Nostrum et notre Maison commune !

L'Europe, c'est notre "Mare nostrum", notre Maison commune, car elle nous nourrit et nous abrite. Nous n'avons que celle-là.

 

Ce n'est un secret pour personne, l'Europe va mal. Elle est malade de ses faiblesses; dysfonctionnements, manquements, lacunes et lâchetés. Beaucoup de médecins sont à son chevet. Certains souhaitent lui injecter le poison qui l'achèvera. D'autres tentent de trouver le remède pour la sauver. L'Union européenne, sa construction, son projet, ses institutions souffrent de son trop peu d'Europe et non pas de son trop d'Europe, comme le répètent à satiété ses ennemis intérieurs et extérieurs, aujourd'hui alliés. Regardez-les accourir pour achever la bête. A l'Ouest, Steve Bannon, l'américain haineux, ancien conseiller du président Trump, qui parle de l'Europe comme "d'un vampire qu'il faut occire à l'aide d'un pieux". Bannon, l'ami de Marine Le Pen et de Matteo Salvini, ces parangons d'un nationalisme populiste, aux extrêmes taillés pour la guerre, qui puisent leur inspiration dans le passé des années '30 ... Avec leur copain hongrois, Viktor Orban, ils sont de dignes héritiers d'une idéologie qui a failli anéantir le peuple juif et l'Europe tout entière. A l'Est, Vladimir Poutine, cet amalgame douteux entre ce que la Russie impériale tsariste et l'Union soviétique communiste ont fait de pire, lui aussi en cheville avec la cheffe du Rassemblement national français et le Duce de la Ligue du Nord italien. Ils n'ont peur de rien et surtout pas de l'argent russe. Leur alter égo autrichien, leader nationaliste du FPO, Heinz-Christian Strache, a dû démissionner la semaine dernière, suite à sa tentative de favoriser les intérêts économiques de Moscou dans son pays, moyennant un financement occulte de son parti par le Kremlin. Le scandale est tel que le gouvernement de Vienne du premier ministre conservateur chrétien, Sebastian Kurz, est tombé dans la foulée. Il apparaît que le ministre de l'Intérieur autrichien, Herbert Kickl (FPO), a livré aux services russes du FSB des secrets défense relevant de la sécurité de l'Europe ... On peut dire que nous sommes servis et que ces partis populistes d'extrême droite oeuvrent pour le bien de l'Europe. Nous le voyons, ces gens sont en réalité nos ennemis intérieurs. Si nous les laissons faire et défaire le magnifique projet que constitue l'Union des Européens, alors, chers amis, je ne donne pas cher de notre survie en tant que civilisation et peuples libres. N'oublions jamais ce qui fait ou devrait faire notre singularité dans ce monde de brutes: le souci constant de maintenir la paix entre nous; la défense des valeurs démocratiques et humanistes communes; le rayonnement de nos cultures diverses qui s'enrichissent les unes et les autres; la préservation de modèles sociaux uniques dans le monde - voyagez et vous saurez que vous êtes européens - la volonté de partager la solidarité, la souveraineté et la sécurité extérieure; l'urgence de réunir nos forces dans la bataille climatique et environnementale; la nécessité de faire face ensemble à la montée des périls, que ce soit l'immigration non-contrôlée, sans renoncer pour autant à accueillir dignement les réfugiés, le terrorisme islamiste ou les menaces directes et indirectes en provenance de Moscou (n'oublions jamais le précédent de l'annexion de la Crimée); l'évidence de répondre de manière forte aux défis politiques, économiques et technologiques des grandes puissances que sont la Chine, les Etats-Unis et bientôt l'Inde. Bien sûr, l'Europe n'a pas tout réussi. C'est pourquoi, elle doit être profondément réformée. Il nous faut davantage d'Europe politique, sociale, citoyenne et verte. Pour autant, jeter à la mer les acquis que sont les Fonds de cohésion structurels, qui ont permis à de nombreuses régions et pays européens de se développer, la Politique agricole commune (PAC), qui a permis à notre continent d'être auto-suffisant sur le plan alimentaire, le programme Erasmus, qui permet chaque année à des dizaines de milliers d'étudiants de poursuivre leur cursus dans un autre pays de l'Union et donc de s'enrichir de cette belle expérience (ce programme va être étendu aux jeunes des écoles professionnelles), jeter à la mer ces belles réussites, sans parler de l'éloignement d'une perspective de guerre intra-européenne, quoi qu'on en dise, serait jeter le bébé avec l'eau du bain. Un continent averti en vaut deux. Ci-après, vous lirez des citations d' Européens convaincus. Ils pointent les lacunes et faiblesses de l'Union. Ils tracent aussi de possibles solutions. Regardons notre Europe avec lucidité mais aussi bienveillance; car elle est Mare Nostrum et notre Maison commune. Elle nous nourrit et nous y vivons comme nul part ailleurs. Le 26 mai 2019. 

 

 

On peut aussi être offensif et pas seulement défensif. Si l’Europe avait davantage de moyens budgétaires, elle pourrait lancer un grand programme de recherche sur les technologies. 

Guy Verhofstadt, Debout l’Europe, Actes Sud, 2012.

 

« Le drame de l’Europe, c’est qu’elle n’ose pas faire jouer sa puissance. Il est aberrant que chacun lutte dans son coin contre les paradis fiscaux au lieu d’en confier la tâche à l’Union.

Daniel Cohn-Bendit, Debout l’Europe, Actes Sud, 2012.

 

Les eurosceptiques veulent nous faire retomber dans le système des Etats-nations dont la faillite en Europe est patente. Nous voulons combattre cette idée fausse que seul l’Etat-nation peut nous protéger dans le monde globalisé, alors que cela n’est pas le cas, que ce soit dans le domaine social, environnemental, commercial. Le monde s’organise désormais autour de pôles que l’on peut qualifier "d’empires": les Etats-Unis , la Chine ou l’Inde. 

Guy Verhofstadt, Debout l’Europe. 

 

C’est le poids du Conseil dans les décisions européennes qu’il faut remettre en question. Qu’il y ait un Sénat européen où les gouvernements défendent l’intérêt de leur espace national, comme c’est le cas au Sénat américain ou au Bundesrat, c’est normal. Le problème est de trouver l’équilibre entre cette institution législative et celles qui défendent l’intérêt général européen, c’est-à-dire le Parlement européen et la Commission.

Daniel Cohn-Bendit, Debout l’Europe.

 

Le Conseil des ministres européens implique en réalité tous les appareils gouvernementaux. En effet, il n’y a pas un Conseil, mais toute une série de formations spécialisées : affaires générales, relations extérieures, affaires économiques et financières, agriculture et pêche, compétitivité, transports, affaires intérieures et justice etc. Soit dix officellement, dix-neuf en comptant les sous-divisions. En tout, ce sont 532 ministres et secrétaires d’Etat qui se retrouvent, parfois plusieurs fois par mois, à Bruxelles, et qui décident presque de tout. Le rôle du Conseil des ministres, cette hydre à multiples têtes, va bien plus loin que celui d’une simple « chambre des Etats », puisqu’il joue aussi un rôle exécutif (il donne des instructions à la Commission dans certains domaines, par exemple, le commerce). Pour faire son travail, il s’appuie sur une administration européenne de 3000 personnes qui lui est dédiée, souvent plus compétente que celle de la Commission. Même s’il discute désormais en public des lois qu’il adopte avec le Parlement européen, l’essentiel du travail se passe ailleurs, derrières des portes closes. Ce sont en réalité les « représentants permanents » des Etats, c’est-à-dire les ambassadeurs et leurs adjoints, qui sont à la manœuvre : ils se réunissent une fois par semaine, en deux formations distinctes, le COREPER I (Comité des représentants permanents adjoints, qui s’occupe des matières techniques) et le COREPER II (les ambassadeurs en titre pour les questions politiques sensibles), deux comités dont l’existence est même inscrite dans les traités européens. C’est là, dans le plus grand secret, que sont conclu environ 95% des compromis.

Jean Quatremer, Les salauds de l’Europe, Calman Lévy, 2017.

 

Il n’est plus guère nécessaire d’expliquer aux citoyens les dangers qu’un abandon de la monnaie unique ferait courir à l’économie et tout simplement à leur argent. La crise de la zone euro et la sortie du Royaume-Uni de l’Union, qui n’est pourtant pas même pas membre de l’euro-groupe, ont vacciné les peuples contre toute tentative d’avneturisme. (…) Certes l’euro n’a pas résolu, comme par miracle, les problèmes économiques, mais ce n’était pas son but. Il s’agissait de créer un cadre propice à une croissance saine et de ce point de vue, c’est une incontestable réussite : l’inflation est maîtrisée, la stabilité monétaire est totale à l’intérieur de la zone euro, les crises monétaires étant devenues impossibles par définition, la protection contre les sautes d’humeur des marchés internationauxest forte et enfin, il permet des tauxdintérêt qui n’ont jamais été aussi bas sur une aussi longue période. (…) Mais il ne peut à lui seul créer de la croissance : la politique monétaire n’est qu’un levier parmi d’autres de l’action économique et qu’il ne dispense pas les gouvernements et les entreprises de mener les réformes nécessaires pour s’adapter. (…) Reste que l’euro n’a pas été conçu comme un projet seulement financier et économique, mais essentiellement politique : il visait à accroître l’intégration politique de l’Union, voire à la transformer en fédération. Or, sous cet angle, c’est un évhec incontestable. Les Etats ont refusé de partager davantage de souveraineté au lendemain de l’entrée en vigeur de l’euro. (…) L’absence d’une structure politique et budgétaire européenne a ralenti la réaction rapide et massive qui s’imposait lorsqu’a éclaté la crise de 2007-2008.  

Jean Quatremer, Il faut achever l’euro, Calman Lévy, 2019.

 

 

>L'enjeu capital d'une Renaissance de l'Europe !

                Nathalie Loiseau, en rouge et sans lunettes, aux côtés de ses colistiers, dont Pascal Canfin, à sa droite.

 

Mercredi 27 mars, la ministre des affaires européennes française, Nathalie Loiseau, a quitté le gouvernement d'Edouard Philippe à l’issue du Conseil des ministres, après avoir été investie mardi à la tête de la liste La République en marche (LRM) aux élections européennes, liste désormais appelée « Renaissance ».

 

« Un certain nombre de forces populistes montent en Europe et nous allons les combattre. Nous voulons être une offre progressiste, déterminée et centrale », a assuré Mme Loiseau, aux côtés de plusieurs autres candidats. 

 

« Ce qui nous rassemble, c’est que nous sommes tous des Européens convaincus, des Européens exigeants, sûrement des Européens impatients et sûrement pas des eurobéats. Nous avons tous une histoire avec l’Europe. »

 

Elle a dit aussi vouloir « revoir le droit de la concurrence pour pouvoir créer des champions européens », mais 

« aussi les réguler, afin d’éviter une politique numérique « coincée entre la loi de la jungle, comme on peut le voir parfois aux Etats-Unis, et la loi de la censure, comme on peut le voir parfois sur le continent asiatique ».

 

L'Europe, par les multiples crises qu'elle traverse, migratoire, sociale, financière, économique et institutionnelle, est à la croisée des chemins. Soit elle choisit de se rétrécir, de laisser la place au populisme et au nationalisme, avec toutes les dérives illibérales que cela entraînera, soit elle marche vers sa refondation, pour plus de sécurité à ses frontières extérieures, plus de démocratie participative, plus d'intégration et plus de puissance à l'échelle mondiale. Le moment est capital, c'est véritablement d'une Renaissance dont nous, les Européens, avons besoin.

 

Voici la liste complète, riche de profils variés, des candidats La Renaissance

 

1- Nathalie Loiseau, tête de liste Renaissance pour les élections européennes (Île-de-France).

2- Pascal Canfin, ancien président de WWF (Île-de-France).

3- Marie-Pierre Vedrenne, juriste et directrice de la Maison de l’Europe à Rennes (Bretagne).

4- Jérémy Decerle, exploitant agricole et président des Jeunes Agriculteurs (Bourgogne-Franche-Comté).

5- Catherine Chabaud, navigatrice et journaliste (Pays de la Loire). 

6- Stéphane Séjourné, directeur de campagne (Nouvelle-Aquitaine).

7- Fabienne Keller, sénatrice (Grand-Est). 

8- Bernard Guetta, spécialiste de géopolitique internationale (Île-de-France).

9- Irène Tolleret, vigneronne et conseillère départementale (Occitanie).

10- Stéphane Bijoux, directeur des rédactions des télés Outre-mer chez France Télévision (Réunion). 

11- Sylvie Brunet, juriste et présidente de la section Travail et Emploi du Conseil économique social et environnemental (Provence-Alpes-Côte d’Azur).

12- Gilles Boyer, ancien conseiller du Premier ministre (Île-de-France). 

13- Stéphanie Yon-Courtin, maire de la commune Saint-Contest dans le Calvados (Normandie).

14- Pierre Karleskind, vice-président du Conseil régional de Bretagne, en charge de la mer et des infrastructures portuaires (Bretagne). 

15- Laurence Farreng, directrice de communication à Pau (Nouvelle-Aquitaine).

16- Dominique Riquet, député européen (Hauts-De-France).

17- Véronique Trillet-Lenoir, chef de service d’oncologie médicale du Centre Hospitalier Lyon Sud (Rhône-Alpes).

18- Pascal Durand, député européen (Île-de-France).

19- Valérie Hayer, vice-présidente du Conseil départemental de la Mayenne (Pays de la Loire).

20- Christophe Grudler, conseiller départemental du Territoire de Belfort (Bourgogne-Franche-Comté).

21- Chrysoula Zacharopoulou, gynécologue-chirurgienne et co-fondatrice de l’association Info-endométriose (Grèce). 

22- Sandro Gozi, ancien secrétaire d’État italien aux affaires européennes (Italie).

23- Ilana Cicurel, avocate (Île-de-France). 

24- Max Orville, instituteur (Martinique).

25- Catherine Amalric, médecin et adjointe au maire à Aurillac (Auvergne-Rhône-Alpes). 

26- Guy Lavocat, référent du département Puy-de-Dôme et spécialiste des questions de Défense (Auvergne-Rhône-Alpes).

27- Charline Mathiaut, gestionnaire immobilier (Auvergne-Rhône-Alpes).

28- Xavier Fournier, conseiller municipal de Nantes (Pays de la Loire). 

29- Nawel Rafik-Elmrini, avocate et adjointe aux affaires européennes à Strasbourg (Grand Est).

30- Mao Péninou, ancien adjoint à la Mairie de Paris (Île-de-France).

 

Pendant 5 ans, cette équipe portera la voix de la France en Europe et, avec ses alliés au sein du Parlement européen, de l'Europe dans le monde. Elle participera à des décisions qui changeront la vie des citoyens européens. Elle marquera sa différence dans le combat pour le climat.

 

Dans deux mois, les Français mais aussi les citoyens européens résidant en France éliront l’équipe qui les représentera au Parlement européen. Pendant 5 ans, cette équipe portera la voix de la France en Europe et participera à des décisions qui peuvent changer la vie des citoyens européens. Elle se devra d’être à l’écoute des citoyens dans tous les territoires pour défendre leurs idées et leurs valeurs.

Nous voulons qu’en choisissant notre liste, les Français aient la garantie de voter pour des hommes et des femmes 100% dédiés à l’Europe. Nos candidats, qui mêlent expérience et renouvellement, auront pour mission de lancer la Renaissance européenne.

« Face au réchauffement climatique, au défi migratoire, à la mondialisation ou encore à la révolution numérique, nous ne pouvons laisser les élections européennes être prises en otage par des calculs politiciens et des ambitions personnelles. Nous proposons au vote des Français des représentants capables de faire bouger les lignes et de changer l’Europe pour défendre les intérêts de notre pays » annonce Nathalie Loiseau, tête de la liste Renaissance.

 

Le 26 mai, il n'y aura qu'un seul tour. Le 26 mai, chaque voix comptera. Liste Renaissance !

 

LA REPUBLIQUE EN MARCHE (LRM).

 

>Pour une Renaissance européenne !

Le président français, Emmanuel Macron, a publié le 5 mars 2019, à quelques semaines des élections européennes du 26 mai, une lettre aux citoyens d'Europe dans 30 quotidiens des 28 Etats membres de l'Union européenne, y compris au Royaume-Uni. Ainsi, il entend lancer une campagne électorale qui s'annonce décisive pour l'avenir de notre continent. Les défis et périls sont nombreux, tant les facteurs d'affaiblissement, extérieurs comme intérieurs, menacent la survie d'une Europe malade, en proie aux démons du populisme, du nationalisme et d'une absence de souffle pour un renouveau. L'enjeu n'est autre en effet qu'une refondation démocratique, qu'une Renaissance culturelle et économique,  L'Europe puissance, à laquelle nous aspirons, capable de protéger ses citoyens sur les plans social et sécuritaire, notamment à ses frontières extérieures, capable de développer et défendre une économie forte d'industries et de services à la pointe de la recherche et de l'innovation, nous manque cruellement. Une Europe fidèle à ses racines culturelles plurielles et tournée résolument vers l'horizon, une Europe capable de rivaliser avec les ogres chinois et américain, demain, d'autres encore, n'est-ce pas de ces nobles et nécessaires ambitions dont nous avons besoin ? Poser la question, c'est y répondre. C'est à cette Europe d'une nouvelle Renaissance, fruit d'un long travail, qu'Emmanuel Macron nous appelle urgemment. 

 

 

Citoyens d’Europe,

 

Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence. Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent.

Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger.

 

Le Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne ; ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire. Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ? Le repli nationaliste ne propose rien ; c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire.

 

Face à ces manipulations, nous devons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d’abord ce qu’est l’Europe. C’est un succès historique : la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous protéger aujourd’hui : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances ? Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ? Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union ?

 

L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin. Ce combat est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises. Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu’on nous disait inaccessible, la création d’une défense européenne ou la protection des droits sociaux, était possible.

 

Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l’autre piège, celui du statu quo et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent : « Où est l’Europe ? Que fait l’Europe ? ». Elle est devenue à leurs yeux un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent. Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe ; car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties. Nous sommes à un moment décisif pour notre continent ; un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.  

 

Défendre notre liberté

 

Le modèle européen repose sur la liberté de l’homme, la diversité des opinions, de la création. Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes. Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque Etat membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet esprit d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères. Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.  

 

Protéger notre continent

 

Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des limites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus). Une police des frontières commune et un office européen de l’asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’un Conseil européen de sécurité intérieure : je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières.

 

Les mêmes exigences doivent s’appliquer à la défense. D’importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair : un traité de défense et de sécurité devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume‑Uni pour préparer nos décisions collectives.

 

Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence. Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles ? Nous ne pouvons pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles, comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôt ; et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.  

 

Retrouver l’esprit de progrès

 

L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant‑garde : elle a toujours su définir les normes du progrès. Pour cela, elle doit porter un projet de convergence plus que de concurrence : l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement.

 

Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. Regarderons-nous nos enfants en face, si nous ne résorbons pas aussi notre dette climatique ? L’Union européenne doit fixer son ambition – 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 – et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé... Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat.

 

Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. C’est pour cela qu’elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes…), mais aussi financer l’innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des Etats-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle.

 

Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive : investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles…

 

Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action. Et partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des Etats, mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités. Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’Union européenne traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes, en restant ouverte à tous ?

Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume-Uni, j’en suis sûr, trouvera toute sa place.

 

Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous. Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. A vous de décider si l’Europe, les valeurs de progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire. C’est le choix que je vous propose, pour tracer ensemble le chemin d’une Renaissance européenne.

 

Emmanuel Macron

 

>"Il y a le feu à la Maison Europe !"

                                             Peinture murale de Banksy à Douvres, Photo Glyn Kirk. AFP

                                                           

 

Trente écrivains internationaux, dont plusieurs Prix Nobel, ont répondu à l'appel de Bernard-Henri Lévy pour tirer la sonnette d'alarme sur la montée des dangers qui menacent l'Europe.

  

                                                      «Il y a le feu à la Maison Europe»,

                                   le plaidoyer européen de trente écrivains internationaux.

 

"De partout montent les critiques, les outrages, les désertions. En finir avec la construction européenne, retrouver l’«âme des nations», renouer avec une «identité perdue» qui n’existe, bien souvent, que dans l’imagination des démagogues, tel est le programme commun aux forces populistes qui déferlent sur le continent. Attaquée de l’intérieur par des mauvais prophètes ivres de ressentiment et qui croient leur heure revenue, lâchée, à l’extérieur, outre-Manche et outre-Atlantique, par les deux grands alliés qui l’ont, au XXe siècle, deux fois sauvée du suicide, en proie aux manœuvres de moins en moins dissimulées du maître du Kremlin, l’Europe comme idée, volonté et représentation est en train de se défaire sous nos yeux. Et c’est dans ce climat délétère que se dérouleront, en mai, des élections européennes qui, si rien ne change, si rien ne vient endiguer la vague qui enfle et qui pousse et qui monte et si ne se manifeste pas, très vite, sur tout le continent, un nouvel esprit de résistance, risquent d’être les plus calamiteuses que nous ayons connues : victoire des naufrageurs ; disgrâce de ceux qui croient encore à l’héritage d’Erasme, de Dante, de Goethe et de Comenius ; mépris de l’intelligence et de la culture ; explosions de xénophobie et d’antisémitisme ; un désastre. Les soussignés sont de ceux qui ne se résolvent pas à cette catastrophe annoncée. Ils sont de ces patriotes européens, plus nombreux qu’on ne le croit, mais trop souvent résignés et silencieux, qui savent que se joue là, trois quarts de siècle après la défaite des fascismes et trente ans après la chute du mur de Berlin, une nouvelle bataille pour la civilisation. Et leur mémoire d’Européens, la foi en cette grande Idée dont ils ont hérité et dont ils ont la garde, la conviction qu’elle seule, cette Idée, a eu la force, hier, de hisser nos peuples au-dessus d’eux-mêmes et de leur passé guerrier et qu’elle seule aura la vertu, demain, de conjurer la venue de totalitarismes nouveaux et le retour, dans la foulée, de la misère propre aux âges sombres – tout cela leur interdit de baisser les bras. De là, cette invitation au sursaut. De là cet appel à mobilisation à la veille d’une élection qu’ils se refusent à abandonner aux fossoyeurs. Et de là cette exhortation à reprendre le flambeau d’une Europe qui, malgré ses manquements, ses errements et, parfois, ses lâchetés reste une deuxième patrie pour tous les hommes libres du monde. Notre génération a commis une erreur. Semblables à ces Garibaldiens du XIX° siècle répétant, tel un mantra, leur «Italia se fara da se», nous avons cru que l’unité du continent se ferait d’elle-même, sans volonté ni effort. Nous avons vécu dans l’illusion d’une Europe nécessaire, inscrite dans la nature des choses, et qui se ferait sans nous, même si nous ne faisions rien, car elle était dans le «sens de l’Histoire». C’est avec ce providentialisme qu’il faut rompre. C’est à cette Europe paresseuse, privée de ressort et de pensée, qu’il faut donner congé. Nous n’avons plus le choix. Il faut, quand grondent les populismes, vouloir l’Europe ou sombrer. Il faut, tandis que menace, partout, le repli souverainiste, renouer avec le volontarisme politique ou consentir à ce que s’imposent, partout, le ressentiment, la haine et leur cortège de passions tristes. Et il faut, dès aujourd’hui, dans l’urgence, sonner l’alarme contre les incendiaires des âmes qui, de Paris à Rome en passant par Dresde, Barcelone, Budapest, Vienne ou Varsovie jouent avec le feu de nos libertés. Car tel est bien l’enjeu : derrière cette étrange défaite de l’Europe qui se profile, derrière cette nouvelle crise de la conscience européenne acharnée à déconstruire tout ce qui fit la grandeur, l’honneur et la prospérité de nos sociétés, la remise en cause – sans précédent depuis les années 30 – de la démocratie libérale et de ses valeurs. "Libération", 25 janvier 2019.

 

Signataires : Vassilis Alexakis ; Svetlana Alexievitch ; Anne Applebaum ; Jens Christian Grøndahl ; David Grossman ; Ágnes Heller ; Elfriede Jelinek ; Ismaïl Kadaré ; György Konrád ; Milan Kundera ; Bernard-Henri Lévy ; António Lobo Antunes ; Claudio Magris ; Adam Michnik ; Ian McEwan ; Herta Müller ; Ludmila Oulitskaïa ; Orhan Pamuk ; Rob Riemen ; Salman Rushdie ; Fernando Savater ; Roberto Saviano ; Eugenio Scalfari ; Simon Schama ; Peter Schneider ; Abdulah Sidran ; Leïla Slimani ; Colm Tóibín ; Mario Vargas Llosa ; Adam Zagajewski.