Tohu & Bohu: Une damnation de Faust poussive

Tohu & Bohu





Hier soir, 31 janvier 2017, nous sommes allés voir et écouter "La Damnation de Faust", d'Hector Berlioz, à l'Opéra de Liège/Wallonie. Je ne peux pas dire que j'ai été séduit par la mise en scène de cet immense chanteur qu'est Ruggero Raimondi. C'est en partie grâce à lui et à José Van Dam que j'ai véritablement découvert l'opéra. En 1979, j'ai en effet assisté à la projection du film, Don Giovanni, de Joseph Losey. Raimondi était Don Juan et Van Dam Leporello. J'en suis sorti émerveillé et définitivement conquis par l'art total qu'est l'opéra. Bien sûr, je ne suis qu'un très modeste amateur. Mais hier, comment dire, je suis resté toute la soirée comme étranger à une oeuvre, qui, pourtant, par son propos poétique et philosophique, a tout pour plaire et même passionner. Le côté figé, répétitif des scènes, on change la tonalité mais guère la couleur, l'imposante structure métallique du décor, dont l'intérêt de sa manipulation poussive m'a échappé; tout cela m'a ennuyé. Pourtant, il y avait là l'excellent chef français, Patrick Davin, à la direction musicale, et un orchestre qui, une fois chauffé, a exécuté une partition belle, sobre et forte. Et, en dépit des bonnes prestations du ténor américain, Paul Groves, dans le rôle de Faust, de la soprano géorgienne, Nino Surguladze - sa prononciation en français laisse à désirer - dans le rôle de Marguerite, et de l'excellent travail vocal du baryton-basse italien, Illdebrando D'Arcangelo, une voix de bronze, dans le rôle de Méphistophélès, rien n'y fit, je n'ai pu me captiver pour une intrigue, il est vrai, dont chacun connait l'issue (chez Gounot, la chute est différente). Saluons tout de même l'ensemble des choeurs, qui, ici, participent quasi constamment à l'action. Je suis en effet resté sur ma faim avec cette mise en scène peu inventive et trop classique, peut-être trop italienne, à mon goût. En revanche, le sublime final de la montée au ciel de l'âme de Marguerite m'a emporté, mais c'est à la musique du grand Hector que j'ai dû ce réveil émotionnel tardif.

 



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